Critiques Cinéma

ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND (Critique)

SYNOPSIS : Joel et Clementine ne voient plus que les mauvais côtés de leur tumultueuse histoire d’amour, au point que celle-ci fait effacer de sa mémoire toute trace de cette relation. Effondré, Joel contacte l’inventeur du procédé Lacuna, le Dr. Mierzwiak, pour qu’il extirpe également de sa mémoire tout ce qui le rattachait à Clementine. Deux techniciens, Stan et Patrick, s’installent à son domicile et se mettent à l’oeuvre, en présence de la secrétaire, Mary. Les souvenirs commencent à défiler dans la tête de Joel, des plus récents aux plus anciens, et s’envolent un à un, à jamais. Mais en remontant le fil du temps, Joel redécouvre ce qu’il aimait depuis toujours en Clementine – l’inaltérable magie d’un amour dont rien au monde ne devrait le priver. Luttant de toutes ses forces pour préserver ce trésor, il engage alors une bataille de la dernière chance contre Lacuna… 

Honnêtement, vous n’avez jamais rêvé d’effacer de votre mémoire les souvenirs d’une histoire d’amour douloureuse ? Ou bien – ça devrait parler à nombre d’entre vous – vous n’avez jamais voulu faire table rase du passé (au sens propre) pour arrêter d’appeler votre ex à 3 h du mat’ après le verre de trop ? Ce scénario a priori idéal, Michel Gondry et Charlie Kaufman l’ont imaginé dans Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Clementine (Kate Winslet) efface Joel (Jim Carrey) de sa mémoire grâce à une machine inventée par la société Lacuna, alors que leur romance passionnelle vire à la rancœur et à l’amertume. Évidemment, en l’apprenant, Joel décide d’en faire de même. Débute alors une plongée onirique dans les souvenirs d’une vie à deux où l’éclipse de la souffrance aura… ou n’aura pas raison du vertige de l’amour. Eternal Sunshine of The Spotless Mind interroge sur le poids des souvenirs. Ceux que l’on veut oublier. Ceux qui nous font pleurer. Ceux qui nous font sourire. Ceux qui nous font vibrer. Ceux qui nous font perdre pied. Ceux qui nous rendent fous de joie. Ceux qu’on serait prêt à revivre cent ou mille fois. Bref, ceux qui nous façonnent, quels qu’ils soient. Alors, lorsque Michel Gondry nous embarque dans les méandres du cerveau de Joel pour revivre à rebours les fragments de son histoire d’amour avec Clementine, des moments les plus douloureux jusqu’à la douceur d’une rencontre sur la plage de Montauk, il éveille en nous un tourbillon d’émotions mélancoliques et nous laisse parfois une curieuse sensation de déjà-vu.


Certes, l’aspect bricolé du film made in Michel Gondry (aka l’as du DIY des effets visuels), le scénario labyrinthique de Charlie Kaufman (Dans la peau de John Malkovich), la chronologie bousculée et le rythme tantôt lent, tantôt accéléré, avec des bonds d’un moment de vie à un autre, peuvent dérouter. Pourtant, chaque pièce du puzzle finit par trouver sa place. Les saynètes folles de poésie (quand Clementine emmène Joel regarder les étoiles sur un lac gelé, pour n’en citer qu’une), celles folles d’intimité (par exemple lorsque Clementine pioche dans l’assiette de Joel alors qu’elle vient de le rencontrer), et celles folles de fantaisie (notamment lors de la fuite du couple dans les souvenirs d’enfance de Joel pour arrêter le processus d’oubli) semblent toutes bercées par une profonde sincérité. Les scènes du quotidien, en apparence banales, brillent en réalité d’un éclat éternel.



Et l’ensemble serait bien entendu incomplet sans son casting 5 étoiles. Kirsten Dunst, Mark Ruffalo, Elijah Wood et Tom Wilkinson entourent ce couple bizarre, antagoniste, un brin paumé, mais surtout profondément touchant. Comme on aime à le dire, Kate Winslet et Jim Carrey excellent dans des rôles à contre-emploi. La Rose coincée de Titanic laisse la place à Clementine, grande impulsive, qui change de couleur de cheveux tous les quatre matins. Jim Carrey, quant à lui, troque son masque de clown contre celui du grand timide, mal dans sa peau. Et même si le potentiel dramatique de ce dernier avait été décelé dès 1998 avec le magnifique The Truman Show, il prend ici son envol et nous touche en plein cœur.  Enfin, il suffit d’ajouter à tout cela la reprise de “Everybody’s Gotta Learn Sometime” des Korgis par Beck pour succomber définitivement. Eternal Sunshine of The Spotless Mind donne envie de (re)vivre intensément l’amour et de ne surtout pas l’oublier. Une merveille devant laquelle il est si bon de pleurer. De joie. Alors, comme le dit si bien Joel, s’il vous plaît, laissez-nous ce souvenir, juste celui-là.

Titre Original: ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND

Réalisé par: Michel Gondry

Casting: Jim Carrey, Kate Winslet, Kirsten Dunst …

Genre: Science fiction, Drame, Comédie

Sortie le:  06 octobre 2004

Distribué par: United International Pictures (UIP)

CHEF-D’ŒUVRE

 

 

 

 

 

 

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