Critiques

DISPARU A JAMAIS (Critique Mini-Série) Un petit bijou d’une noirceur étonnante…

SYNOPSIS: Guillaume Lucchesi, la trentaine, pensait avoir tiré un trait sur le drame terrible au cours duquel les deux êtres qu’il aimait le plus ont trouvé la mort: Sonia, son premier amour, et Fred, son frère. Dix ans plus tard, Judith, dont l’amour lui a permis de reprendre goût à la vie, disparaît pendant les funérailles de sa mère. Pour la retrouver, Guillaume va devoir affronter toutes les vérités que les siens lui ont cachées, mais aussi celles qu’il a depuis longtemps décidé d’ignorer. Pour le meilleur, et surtout pour le pire…

Nous n’avons pas lu le roman éponyme de Harlan Coben. Nous ne pouvons donc pas vous dire si son adaptation lui est fidèle ou non. On a tendance à le penser, étant donné que l’auteur est aussi producteur de cette mini-série, la quatrième à voir le jour sur Netflix à partir de ses écrits. Et, pour l’occasion, le casting est 100% frenchy. Le prologue est abrupt. Déboussolés, et ravis de l’être, on assiste à l’énoncé du problème avec concentration, mais en pure perte : comme toujours avec Harlan Coben, il ne faut pas s’attendre à ce que les choses soient simples. Et, on vous l’affirme, elles ne le sont pas dans Disparu à jamais ! Le score de Johan Söderqvist, pour ne citer que lui, est efficace, nerveux et immersif. Dès les premiers plans, sublimes, on se rend compte que la photographie est assez dingue, d’une esthétique folle à certains moments. Les travellings fluides, les plans larges, tout vise à casser les limites parfois trop étriquées du « petit » écran. On n’a de toute façon plus la sensation de regarder la télé. On est devant un écran géant, et ce qui s’y passe aurait tout aussi bien pu squatter une salle obscure quelques mois avant sa diffusion dans notre salon. Le fond captive autant que la forme, très recherchée pour ce type de format : le genre de mini-série qui nous redonne foi en Netflix. A la réalisation, Juan Carlos Medina fait des merveilles.

Comme toujours avec Harlan Coben, on part d’un coin tranquille, de gens en apparence sans histoires, de petites vies bien rangées dans lesquelles le chaos s’installe d’un coup, fulgurant, et y imprime sa marque pour toujours. A partir de là, les fils épars de l’intrigue se nouent doucement, brin par brin, rattachés les uns aux autres par un fil rouge vicieux, qui traverse l’enfer personnel des protagonistes épisode par épisode. Passées au crible, leur vie explose sous nos yeux, leur passé mis à nu, leurs cadavres déterrés, et c’est une pure folie de les voir se débattre dans une telle mêlasse. Le récit aborde des sujets durs, terribles d’âpreté, et devant l’amère réalité, on demeure bouche bée de découragement. La quête désespérée de Guillaume (Finnegan Oldfield) prend alors des airs de nage en eau trouble au milieu des requins. A la fin de l’épisode 2, l’histoire prend un tournant inattendu, que vient confirmer l’épisode suivant, lourd de révélations chocs. Impossible de deviner, pour qui l’ignore, le dénouement dantesque qui se dévoile avec une lenteur étudiée dans l’ultime épisode, lequel nous a laissé sur le flanc.

Et si on y croit, c’est surtout grâce à une brochette de comédiens sans fard, authentiques, habités, qui portent cette histoire de fou à son apogée. En tête de file, Finnegan Odlfield n’étonne plus, brillant comme à l’ordinaire, tiraillé entre Garance Marillier et Naila Harzoune, solaires, quand Guillaume Gouix et Nicolas Duvauchelle composent l’un et l’autre des rôles pleins de fureur. Tomas Lemarquis complète le tableau avec une interprétation fascinante, à la limite de la folie. Et on a adoré retrouver la frimousse de la jeune Ambre Hasaj, notre chouchoute.

La seule interrogation qui demeure c’est : est-ce qu’un spectateur ayant lu le livre pourra l’apprécier avec autant d’appétit que nous ? L’effet de surprise en moins, rien n’est moins sûr. Pour autant, ce serait nier le travail admirable effectué tant sur le scénario, efficace avec ses flashbacks en forme de boîtes à énigmes, que sur la forme somptueuse de ce petit bijou d’une noirceur étonnante. Comme toujours, Harlan Coben a balancé son pavé dans la mare, et tous les personnages s’en trouvent éclaboussés d’une sale manière, et nous avec. On en redemande.


Crédits: Netflix France

1 réponse »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s