Critiques Cinéma

COMMENT JE SUIS DEVENU SUPER-HEROS (Critique)

SYNOPSIS: Paris 2020. Dans une société où les surhommes sont banalisés et parfaitement intégrés, une mystérieuse substance procurant des super-pouvoirs à ceux qui n’en ont pas se répand. Face aux incidents qui se multiplient, les lieutenants Moreau et Schaltzmann sont chargés de l’enquête. Avec l’aide de Monté Carlo et Callista, deux anciens justiciers, ils feront tout pour démanteler le trafic. Mais le passé de Moreau ressurgit, et l’enquête se complique… 

Évoqué pour la première fois lors du Comic Con Paris de 2015, Comment je suis devenu Super-Héros est un projet de longue date qui a eu le temps de mûrir au fil des ans ; nous avions eu la chance d’assister à une conférence en présence du réalisateur Douglas Attal et d’une partie du casting (Pio Marmai, Vimala Pons et Swann Arlaud) durant l’édition 2019 afin de découvrir ses premières images. Enchantés par la présentation du long métrage qui s’annonçait comme une proposition atypique et audacieuse dans le paysage du cinéma français, nous apprenions il y a quelques mois que le film allait sauter la case cinéma pour finalement atterrir sur Netflix. 2021 est à ce titre une année pleine de tentatives qui sortent des sentiers battus puisqu’au-delà de Comment je suis devenu Super-Héros les spectateurs peuvent en ce moment découvrir le film Teddy des frères Boukherma, et auront bientôt accès au très très (très) attendu Kaamelott d‘Alexandre Astier. Si beaucoup déploreront sans doute l’atterrissage imprévu du film sur une plateforme, gageons que la création et la réalisation d’un tel projet en France relève presque de l’héroïsme et que l’important c’est peut-être juste au final qu’il existe. La série Hero Corp de Simon Astier avait d’ailleurs déjà tenté (et souvent réussi) par le passé de proposer un univers aux ramifications super-héroïques. Mais Comment je suis devenu Super-Héros a-t-il réussi la prouesse de s’insérer avec son propre ADN dans un monde justement saturé de films de super-héros, plébiscités par des fans biberonnés aux comics et/ou aux propositions des gros studios et souvent réalisés avec plusieurs millions de dollars ?

© Brice Connan



Comment je suis devenu Super-Héros a plus d’une corde à son arc, et la première c’est indéniablement son casting. Douglas Attal a réussi la prouesse de réunir une équipe de choc : Pio Marmai, Leïla Bekhti, Vimala Pons, Benoît Poelvoorde et Clovis Cornillac (décidément présent dans tous les projets puisque nous le retrouverons également dans le premier volet de Kaamelott). Rien de moins que ça. Vimala Pons nous avait d’ailleurs beaucoup fait rire au Comic Con 2019 lorsqu’elle nous avait raconté sa première immersion dans l’univers des super-héros au cinéma avec le film Vincent n’a pas d’écailles qui mettait en scène un homme dont la force et les réflexes se retrouvaient décuplés au contact de l’eau. Au-delà du talent de cette distribution qui n’a plus rien à prouver, c’est une magnifique vitrine d’exposition pour un film qui va devoir fédérer une partie du public, peut-être déjà imprégné d’a priori et de préjugés sur ce genre de tentatives en France. Qu’à cela ne tienne, le plus important est que oui, Comment je suis devenu Super-Héros est une réussite malgré quelques imperfections et un budget nécessairement plus limité que nos confrères américains.




Le film est ambitieux et propose un univers déjà parfaitement stabilisé : ici nous ne découvrons pas l’émergence des supers pouvoirs, le monde vit déjà avec des héros aux capacités extraordinaires. Lesdites facultés sont banalisées et utilisées à la télévision dans des spots publicitaires pour vendre un peu de tout et n’importe quoi. C’est par le prisme des lieutenants Moreau (Pio Marmai) et Schaltzmann (Vimala Pons) que nous découvrons les nouveaux enjeux de cette société plus ou moins en paix : des gens « normaux » réussissent apparemment à acquérir des supers capacités en ingérant une substance vendue dans la rue. C’est le début d’un tas de débordements lorsque ces pouvoirs servent pour beaucoup d’individus à régler leurs comptes avec leurs oppresseurs du quotidien. Bien que l’angle d’attaque soit celui de policiers qui enquêtent (oui, nous vous voyons venir sur le fait que la France est spécialiste en la matière), le film est et veut rester dans son ambition première : proposer un film de super-héros. Bien sûr les effets spéciaux (globalement de qualité) ne déferlent pas à l’écran à chaque instant et bien sûr le film n’a de toute manière pas disposé d’un budget lui permettant toutes les fantaisies souhaitées. Accusant parfois de petits problèmes de rythme, Comment je suis devenu Super-Héros va utiliser et compenser ses failles et son manque de possibilités techniques par une ingénieuse exploitation des pouvoirs et de leurs conséquences sur les êtres humains. Le film de Douglas Attal est d’ailleurs plus subtil qu’il en avait l’air de prime abord dans son traitement, puisqu’un personnage comme Naja (Swann Arlaud), grand « méchant » du film n’est pas aussi caricatural qu’aurait pu le laisser croire son introduction dans certaines images promotionnelles. Le projet a été longuement porté par son réalisateur et sa concrétisation n’a pas à rougir car elle s’assume et s’accorde (presque) parfaitement avec ses ambitions initiales.




Comment je suis devenu Super-Héros est un film nécessaire et ambitieux. Son existence en tant que telle suffirait à l’encourager pour soutenir la proposition qu’il y a derrière, mais ce soutien devient indispensable dès lors que le résultat est en plus réussi. Si chacun aura son avis sur le chemin que va suivre le film maintenant qu’il doit sortir sur Netflix et non plus en salles, espérons que ce changement de distribution soit un mal pour un bien et permette à des gens qui ne se seraient pas forcément déplacés en salles de lui donner sa chance. Car oui, Comment je suis devenu Super-Héros laisse très ouvertement la place à une suite, et en ce qui nous concerne nous sommes déjà tout à fait partants. Rendez-vous donc ce 9 juillet pour découvrir Callista (Leïla Bekhti), Henri Monté Carlo (Benoît Poelvoorde) et les autres super-héros dans cette fresque inattendue et pleine d’espoirs.

Titre Original: COMMENT JE SUIS DEVENU SUPER-HÉROS

Réalisé par: Douglas Attal

Casting:  Pio Marmai, Leïla Bekhti, Vimala Pons…

Genre: Fantastique, Action, Aventure, Drame, Science

Sortie le:  09 juillet 2021

Distribué par: Netflix France

TRÈS BIEN

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