Critiques Cinéma

THE TOMORROW WAR (Critique)

SYNOPSIS: Le monde est stupéfait lorsqu’un groupe de voyageurs arrive du futur – précisément de l’année 2051 – pour délivrer un message urgent : dans 30 ans, l’Humanité va perdre une guerre d’envergure mondiale contre une espèce d’aliens meurtrière venue détruire notre civilisation. Le seul moyen de survivre à cette attaque extraterrestre est de faire transporter des soldats et civils du monde d’aujourd’hui trente ans plus tard pour lutter contre cette invasion alien. Parmi les recrues, Dan Forester, père de famille et professeur au lycée, est déterminé à sauver le monde pour l’avenir de sa fille. Dan fait équipe avec une brillante scientifique et son père pour réécrire l’avenir de la planète. 

Depuis La Guerre des Mondes (Byron Haskin, 1953) en passant par Les Soucoupes Volantes Attaquent (Fred F. Sears, 1956) jusqu’à Indépendance Day (Roland Emmerich, 1996), le film d’invasion extraterrestre s’est imposé comme l’un des piliers du cinéma de science fiction qui a produit des films qui ont marque notre imaginaire et nous ont aussi offert des souvenirs en salle inoubliables. Néanmoins, on ne peut que constater et déplorer que depuis de trop nombreuses années, les déceptions sont devenues largement plus nombreuses que les bonnes surprises. Le ratage spectaculaire de Captive State (Rupert Wyatt, 2019)  nous reste encore en mémoire et il semble clair que ces films sont pris dans une contradiction, une impossibilité manifeste à conjuguer fond et spectacle, qui leur est souvent fatale et génèrent chez nous une grande frustration. Ils portent en eux un sujet et des thématiques qui imposent une certaine forme de gravité et dans le même temps une promesse de spectacle et d’action qui font d’eux d’excellents produits d’appels pour les studios. Il en résulte bien trop souvent que l’on se retrouve devant des films décérébrés, mal écrits, écrasants tout véritable enjeu dans un déluge d’action rarement bien filmée dont le seul but semble de produire des scènes spectaculaires qui seront toutes compilées dans la bande annonce. De ces constatations naissent des à priori qui ne sont pas particulièrement favorables au premier jugement que l’on pourrait porter sur un blockbuster estival débarquant sur la plateforme Amazon Prime. La sortie sur petit écran d’un tel film est par ailleurs très périlleuse, le privant d’une grande partie de la dimension spectaculaire que peut lui donner la salle et exposant ainsi d’autant plus ses faiblesses d’écriture et ses grosses ficelles. Ainsi mis à nu, The Tomorrow War est pourtant une belle surprise devant laquelle nous n’avons pu bouder notre plaisir.

On peut lui reprocher d’émuler beaucoup d’éléments des films qui ont clairement influencé Chris McKay (Lego Batman), d’être un mash up en vrac de Terminator, Aliens, Starship Troopers, Prometheus, The Thing, de les citer parfois de façon très littérale, il n’en reste pas moins que The Tomorrow War, grâce au savoir faire de son metteur en scène (qui jonglait déjà avec les références dans Lego Batman) et à un excellent casting, a une âme et sa propre identité qui exhale un parfum des années 80/90 qui n’est pas pour nous déplaire. Avec ses limites et notamment un climax dans lequel il n’est pas loin de se saborder en voulant, au forceps, donner la conclusion attendue au parcours intime de son héros (Chris Pratt), The Tomorrow War déploie une énergie et un enthousiasme qui le sortent du lot des blockbusters sans saveur et en pilote automatique. Alors que l’on se dit parfois devant des blockbusters que l’histoire des personnages vient meubler les temps morts entre deux grosses scènes d’action, ici on ne perd jamais de vue le parcours et les enjeux de cet enrôlement forcé pour Dan, un ancien soldat devenu un family man lambda qui ne parvient pas à réaliser ses ambitions. On peut penser que le film, en se focalisant sur lui, traite par le petit bout de la lorgnette d’un monde dans lequel des femmes et des hommes sont enrôlés de force pour servir de chair à canon dans une guerre perdue d’avance et passe à côté d’une idée de départ passionnante mais The Tomorrow War n’est pas Starship Troopers, n’ambitionne pas d’être un film politique et assume clairement d’être un divertissement destiné au plus grand nombre. Il n’y a à nos yeux aucune obligation pour un film d’avoir un message ou une conscience politique. Ce reproche est devenu trop fréquent chez beaucoup de critiques qui semblent oublier que beaucoup des films qu’ils ont adoré enfant puis adolescent n’ont aucune ambition de ce genre même s’ils s’évertuent à le penser en les sur-interprétant à travers leur grille de lecture biaisée.

Le cadre posé n’est peut être pas extrêmement développé mais il est plus qu’un décor et le monde ainsi dépeint est tangible de même que les liens entre Dan et sa famille (son épouse, sa fille et son père) ne sont pas factices et sont présents tout au long du récit. Chris Pratt est idéalement casté quand il a en lui cette capacité à être aussi crédible en « homme ordinaire » qu’en ancien militaire qui, envoyé au combat face à des créatures dont il ignorait tout, se mue en héros d’action et en leader. Dans sa mise en place et durant toute sa première partie jusqu’à la première rencontre avec l’ennemi, The Tomorrow War file à vive allure et fait monter la tension autour de la découverte de ses fameux « white spikes » que Dan et les autres infortunés enrôlés doivent combattre. Dans un tel film, le « creature design » est évidemment essentiel et de ce point  de vue The Tomorrow War ne déçoit pas et étonne même d’abord avec une première séquence très réussie. Même s’il ne fait pas couler une seule goutte de sang à l’écran, cédant là à la frilosité de l’époque, la sauvagerie des attaques des créatures est assez enthousiasmante et confirme que Chris McKay est dans une démarche positive et rafraichissante: celle d’un fan de ce genre de films qui a digéré ses influences, prend très au sérieux les moments qu’il sait être les plus attendus et s’amuse avec le matériel à sa disposition.

Chris McKay gère particulièrement bien les différentes ruptures de ton de son récit. Il passe de l’émotion de l’histoire familiale de Dan, à la générosité et la « sauvagerie » des scènes d’action, le tout parsemé de moments plus légers notamment grâce à l’excellent Sam Richardson dans le rôle d’un scientifique/ sidekick. Yvonne Strahovski est toute aussi convaincante dans les différents registres de son personnage de colonel , scientifique que Dan va rencontrer dans ce futur dévasté.  The Tomorrow War ne révolutionne peut être pas le genre mais fait partie de ces films  dont on peut dire qu’ils font parfaitement le job. Il est particulièrement appréciable de se retrouver devant un blockbuster qui file droit et dont on ne décroche pas à plusieurs moments quand ils traitent par dessus la jambe une scène dramatique ou déconnecte ses grosses scènes d’action des enjeux intimes de ses personnages.

 

Titre Original:  THE TOMORRW WAR

Réalisé par: Chris McKay

Casting:  Chris Pratt, Yvonne Strahovski, J.K Simmons, Betty Gilpin…

Genre: Science-Fiction, Guerre

Sortie le:  02 juillet 2021

Distribué par: Amazon Prime

TRÈS BIEN

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