Critiques

THE BEAST MUST DIE (Critique Saison 1) Un très beau casting au service d’une histoire décevante…

SYNOPSIS: Une mère endeuillée s’immisce dans la vie de l’homme qui, selon elle, a tué son fils…

Ce lundi Canal+ et myCANAL dévoilent les six épisodes de la première saison de la série The Beast Must Die. Adaptation contemporaine du roman éponyme de Cecil Day-Lewis (le père de Daniel Day-Lewis, une belle anecdote de vente et d’exposition) qu’il a publié en 1938 sous le pseudonyme de Nicholas Blake, l’histoire est une quête vengeresse qui fut déjà adaptée au cinéma en 1969 par Claude Chabrol. Le show met en scène Frances Cairnes (Cush Jumbo) bien décidée à assassiner le meurtrier de son fils, un chauffard qui l’a allègrement percuté avec son bolide sur l’île de Wight sans demander son reste. A l’instar de la série Revenge (l’aspect soap en moins), Frances va s’infiltrer dans la vie de George (l’excellentissime Jared Harris, déjà vu notamment dans Mad Men, Chernobyl ou Carnival Row) sous un prétexte fallacieux afin de devenir une pièce rapportée de son clan familial malsain et désaxé et trouver le meilleur moyen de le frapper en plein cœur. En parallèle l’histoire met également l’accent sur le détective Nigel Strangeways (Billy Howle) qui souffre de violents troubles de stress post-traumatique (TSPT) mais qui demeure motivé à retrouver le chauffard disparu. Au cours de ses différents épisodes d’environ 45 minutes chacun, la série nous immerge dans ces deux facettes : la quête de justice, et celle de vengeance. Pas vraiment de quoi fouetter un chat nous direz-vous ? Et vous auriez plutôt raison…
 
 
Premier drama produit pour le service de streaming BritBox qui a d’habitude plutôt vocation à héberger un énorme contenu de productions britanniques, le premier constat à faire est que son casting s’avère solide. Cush Jumbo dispose d’une sacrée palette d’émotions et arrive à jongler entre chacune d’entre elles avec une aisance incroyable. Billy Howle, dont le personnage alterne entre enquête et séances chez un spécialiste pour régler ses problèmes, est extrêmement crédible lors des crises liées à ses TSPT. Quant à Jared Harris, qui est la véritable cerise sur le gâteau, il se révèle tout bonnement sinistre, menaçant, imprévisible et totalement calculateur…un régal. Tout ce beau monde est entouré d’un certain nombre de personnages plus ou moins secondaires qui composent la famille de George (le fameux Jared Harris, nous le rappelons), un clan à l’allure de petite mafia qui semble se soutenir autant qu’il s’auto-détruit. La palette est à ce titre assez classique : les plus jeunes protagonistes font les frais de George et de la terrible Joy (Geraldine James) et vont trouver un certain réconfort dans la présence de Frances qui risque de bien les décevoir eu égard aux véritables raisons de sa présence dans l’imposante maison familiale. Un très beau casting au service d’une histoire résolument décevante et cousue de fil blanc.
 
Malgré, nous ne pouvons le nier, la présence de beaux décors naturels et des jolis plans qui vont avec, la mise en scène et la narration proposent tout ce qu’il y a de plus éculé sur le sujet exploré : Frances qui voit ou pense voir des projections de son enfant décédé à plusieurs reprises, des flashbacks rushés et faussement stylisés destinés à entretenir le mystère sur la disparition du jeune enfant, bon nombre d’interactions sans grande saveur où Frances met peu à peu son plan à exécution sans réellement le faire…tout ça pour aboutir à un bouquet final sans surprise et sans saveur. Un postulat étonnant, autant sur le chemin parcouru que sur son aboutissement car The Beast Must Die semblait posséder sur le papier une certaine ambition et lancer des pistes destinées à complexifier l’intrigue…pour factuellement pas grand-chose. Le plus regrettable est que les personnages, principalement Frances et Nigel mais également le jeune Phil (le fils de George interprété par Barney Sayburn) démontrent un certain nombre d’émotions tout au long de la saison sans jamais réussir à les transmettre au téléspectateur qui reste tristement hermétique à ces vaines tentatives. Le personnage de Phil avait d’ailleurs à nos yeux un potentiel plus important que ce que l’intrigue en recrache par la suite. Jeune garçon malmené et humilié qui ressemble à une erreur de casting au sein du clan familial, il reste désespérément en retrait oscillant entre nous faire ressentir à son égard de la pitié et de l’agacement, sans nous emmener vers des horizons qui capitaliseraient sur tout cela.
 
 

Déjà renouvelée pour une deuxième saison qui se focalisera sur une nouvelle enquête, la série marquera néanmoins vraisemblablement le retour de Billy Howle dans son rôle de Nigel Strangeways. The Beast Must Die prend donc le chemin de l’anthologie, ce qui est plutôt une bonne nouvelle puisque cela permettra peut-être au show de gommer ses défauts sans s’enfermer dans un carcan d’intrigue à rallonge qui la freinerait dans cette ambition. A voir toutefois si le show s’entête à proposer une histoire de vengeance à chaque saison et de quelle façon elle le fera, son concept pouvant être un obstacle certain tant le sujet a été exploré…et The Beast Must Die n’a pas le ton jubilatoire d’un John Wick pour se démarquer, ni une qualité d’écriture qui rassurerait quant à la suite de l’aventure.

Crédits: Canal +

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