Critiques

LUPIN DANS L’OMBRE D’ARSÈNE (Critique Saison 1 Partie 2) Rythmé et divertissant…

SYNOPSIS: Fini de jouer. En voulant se venger de Pellegrini, Assane a détruit sa propre famille. Acculé, il est contraint d’élaborer un nouveau plan pour éliminer Pellegrini. Quitte à se mettre en danger.

Fort de son succès massif à l’occasion de la sortie de sa première partie sur Netflix en janvier, Lupin est en ce mois de juin encore d’actualité dans le cadre de la diffusion de sa désormais très attendue deuxième partie, constituée d’également 5 épisodes de 40/50 minutes. Raz-de-marée public qui a secoué le monde à sa première diffusion dans son élan d’adaptation des écrits classiques de Maurice Leblanc, Lupin s’était taillé la part du lion dans la liste des plus gros succès populaire de la pourtant très pérenne plateforme rouge, jusqu’à devenir avec seulement 5 épisodes la fiction netflixienne non-anglophone la plus vue à travers le monde en dépassant pour l’anecdote les colossaux braquages de nos anti-héros espagnols préférés de La Casa de Papel. Une magnifique réussite internationale pour la France, qui est parvenue à hisser son Assane Diop à la tête de tous les tops streaming à travers la planète, propulsant le personnage – en même temps que son interprète – au rang de digne successeur des aventures d’Arsène Lupin en personne. Donc à l’occasion de cette partie 2, toujours chapeautée par George Kay et François Uzan, qui prend la forme d’un véritable season finale, jetons un œil à la suite des pérégrinations de notre Gentleman Cambrioleur national. Dans cette nouvelle salve d’épisodes, Assane se lance à la recherche de son fils, alors qu’il tente encore et toujours de prouver l’innocence de son père dans une histoire de vol de collier datant de 25 ans. Usant toujours plus de son ingéniosité et de ses connaissances encyclopédiques des aventures de Lupin, il s’entourera d’alliers inattendus pour essayer d’arrêter le riche patriarche de la famille Pellegrini, origine de tous ses malheurs.



Par sa forme, cette partie 2 se présente comme un prolongement de la première par son intrigue, montrant assez évidemment que les dix épisodes étaient censés cohabiter pour former un arc complet. De cette façon, la mise en scène de Ludovic Bernard dans les deux premiers épisodes se concentre pour remettre le spectateur sur les rails du fil des évènements, brusquement coupés par le cliffhanger qui nous a frappé en janvier. Mais il faudra attendre l’épisode 3 et le changement de metteur en scène pour apercevoir un véritable vent de fraîcheur bienvenu dans cette mécanique qui manquait légèrement d’audace visuelle et scénaristique. L’arrivée d’Hugo Gélin à la réalisation des épisodes 3, 4 et 5 est remarquable par de véritables trouvailles artistiques et une gestion du rythme qui s’ancre aisément dans le concept de la série et du personnage. Cependant, la série s’encombre du même défaut qu’en première partie, en préférant toujours plus se focaliser sur le feu de l’action que sur la profondeur de son scénario, occasionnant souvent des facilités narratives frustrantes tant elles auraient pu être évitées. Malgré tout, cette partie se retrouve encore plus dotée d’une générosité de la part de sa réalisation et de ses comédiens, conférant à l’ensemble un aura agréable de divertissement ludique. Le spectateur, s’il est parfois sous-estimé intellectuellement à grand coup d’explication laborieuse d’un élément que nous avions déjà compris, se plaît alors rapidement à retrouver ces personnages attachants qui – même s’ils manquent clairement de développement et de sous-intrigues – poursuivent leurs aventures parisiennes. On pourrait aussi parler de la linéarité du propos et potentiellement même de sa prévisibilité, mais ça serait oublier que Lupin se présente surtout comme un spectacle détonnant, cocktail d’astuces, de rythme mené tambour battant et de plot twists, qui réussit particulièrement ses effets dans ses résolutions d’arcs. Ainsi, sa dernière paire d’épisodes se présente rapidement comme une conclusion prenante et enthousiasmante aux évènements dépeints dans les précédents. Car la série, à l’instar d’Assane « Lupin » Diop, a plus d’un tour dans son sac et parvient à quelques instants à surprendre en allant plus loin dans ses idées que ce que l’on aurait pu imaginer.

Ce retour sur nos écrans est également l’occasion d’admirer la nouvelle apparition de son casting qui avait su capter avec richesse l’attention en janvier dernier. A sa tête, Omar Sy renfile à nouveau ses costumes d’un Assane Diop multi casquette, et s’offre à quelques instants des scènes percutantes qui viennent étoffer sa palette d’émotions avec force. A ses côtés, on retrouve Ludivine Sagnier, Antoine Gouy, Etan Simon, Clotilde Hesme, Hervé Pierre et Nicole Garcia qui reprennent leurs rôles respectifs. De même, Mamadou Haïdara, Ludmilla Makowski, Léa Bonneau et Adrian Valli de Villebonne campent à nouveau les avatars adolescents de nos protagonistes il y a 25 ans de cela dans des flashbacks toujours assez bien amenés malgré une sous-utilisation narrative qui est relativement dommageable dans la cohésion de l’ensemble. On notera également la bonne place scénaristique accordée à la police dans cette seconde partie, à travers les retours de Soufiane Guerrab, Shirine Boutella et Vincent Londez qui viennent donner à Lupin et ses acolytes un antagonisme supplémentaire par le biais de la police, fournissant des conflits assez intéressants dans ce jeu du chat et de la souris grandeur nature à base de coups bas, de messages codés et de sourires espiègles.



Dans l’ensemble, cette partie 2 poursuit les efforts de la première tout en retombant par instants dans ce qui faisait d’elle une adaptation trop sage des écrits de Leblanc. Se munissant d’une nouvelle paire de réalisateurs qui s’approprient ces scénarios parfois en manque d’imagination, Lupin abat dans un dernier souffle des cartes qu’elle gardait bien cachées dans ses manches pour nous proposer un final agréablement rythmé et explosivement divertissant. Si l’on pourra toujours pointer du doigt ses incohérences narratives et ses facilités scénaristiques, on continuera cependant de souligner qu’avec Lupin, Netflix offre une série de pérégrinations happantes et attachantes via sa très colorée palette de personnages. Sa partie 3 d’ores et déjà annoncée (obligatoire compte tenu du succès colossal de la série), nous n’avons plus qu’à espérer que ses tours de passe-passe se montreront plus surprenants, moins lisibles et plus impactants, bien que ces deux premières plongées dans la relecture moderne des aventures du gentleman cambrioleur le plus connu de France et de Navarre constituent à leur façon une pièce de théâtre sérielle tout en générosité. Avec le temps, Diop prend de plus en plus des traits de Lupin, et l’on ne peut que s’en réjouir.

Crédits: Netflix

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