Critiques Cinéma

LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES (Critique)

SYNOPSIS: Katie Michell, jeune fille passionnée à la créativité débordante, est acceptée dans l’université de ses rêves. Alors qu’elle avait prévu de prendre l’avion pour s’installer à l’université, son père Rick, grand amoureux de la nature, décide que toute la famille devrait l’accompagner en voiture pour faire un road- trip mémorable et profiter d’un moment tous ensemble. Linda, mère excessivement positive, Aaron, petit frère excentrique, et Monchi, carlin délicieusement joufflu, se joignent à Katie et Rick pour un ultime voyage en famille. Mais le programme des Mitchell est soudainement interrompu par une rébellion technologique : partout dans le monde, les appareils électroniques tant appréciés de tous – des téléphones aux appareils électroménagers, en passant par des robots personnels innovants – décident qu’il est temps de prendre le contrôle. Avec l’aide de deux robots dysfonctionnels, les Mitchell vont devoir surmonter leurs problèmes et travailler ensemble pour s’en sortir et sauver le monde ! 

Si le cinéma d’animation est aujourd’hui sous l’hégémonie des studios Disney et Pixar qui cumulent à la fois des entrées ahurissantes à chaque nouvelle sortie, des qualités graphiques de plus en plus novatrices et un sens de l’émotion à toute épreuve qui leur vaut pratiquement chaque année l’Oscar du Meilleur Film d’Animation, il est difficile de passer à côté du studio Sony Pictures Animation qui nous a par le passé livré la trilogie Hôtel Transylvanie, le très salué Spiderman into the Spiderverse, ainsi que Tempête de Boulettes Géantes en 2009, production décalée et bourrée d’imagination conçue par le duo Christopher Miller et Phil Lord, duo que l’on a pu retrouver à la tête des deux adaptations de 21 Jump Street avec Channing Tatum et Jonah Hill ainsi qu’à la réalisation du fantastique premier volet de La Grande Aventure Lego. Lord et Miller semblent retenter leur coup en produisant le nouveau film d’animation de Sony avec Les Mitchell contre les Machines, originalement titré Déconnectés.


Réalisé par Mike Rianda dont c’est la première mise en scène, le film suit la famille Mitchell, au centre de laquelle se trouve la jeune, brillante et très débordante d’imagination Katie. Alors qu’elle se prépare au grand départ à l’Université qu’elle attend avec impatience pour enfin pouvoir fuir sa famille et s’épanouir par elle-même, son père lui annonce avoir prévu un road-trip familial en voiture pour l’emmener. Décontenancée, Katie embarque dans cette aventure qui, sans le savoir, prendra la forme d’une lutte pour le salut de l’humanité quand une série de robots nouvelle génération prendra la décision de se rebeller. Conférant à son récit une mise en scène croisant le film d’apocalypse classique façon La Guerre des Mondes ou Independance Day, les aventures à la Steven Spielberg et les meilleurs lolcats tout droit sortis d’Internet, Les Mitchell contre les Machines est une réussite d’une grande force, grâce à son inventivité à toute épreuve qui permet une caractérisation efficace et flagrante de ses personnages centraux tout en leur proposant une quête héroïque. Car avant toutes ces histoires de robots, ce sont bien les Mitchell qui sont le centre du récit, détaillant sous plein d’aspects thématiques la place des rapports familiaux dans le passage à l’âge adulte et à l’émancipation d’une jeune femme en pleine découverte de la vie. Avec une justesse vertigineuse, le long-métrage aborde des questions simples par leurs portées dans la vie quotidienne, mais assurément complexes dans leurs façons de se manifester dans notre existence. Ainsi, chaque personnage apporte en plus de sa couleur et de son excentricité un degré particulier d’humanité, plaçant la famille au cœur de cette intrigue touchante et poignante qui se transforme brusquement et sans crier gare en un road-movie apocalyptique tutoyant les plus poussiéreuses aventures de Mad Max.


Son esthétique est également une des raisons principales de cette réussite complète qu’est Les Mitchell contre les Machines, parvenant à déployer une imagerie léchée et extrêmement éclectique sur une qualité d’animation permettant des plans d’une grande majestuosité. Quand des surimpressions en 2D, des glitchs façon Spiderman Into the Spideverse et des parodies de vidéos virales viennent habiller ce melting-pot bouillonnant de création qui prend pour modèle l’imagination d’une jeune femme en quête d’indépendance et d’action, le film se permet d’aller au-delà de son propos en évoquant les rapports humains à la technologie. Si ceux-ci font bien attention à ne pas développer une morale bancale, ils restent pourtant en retrait, ne permettant que de poser un véritable conflit dans cette famille à travers ce choc générationnel. Katie réalise des films débordant de bidouilles et de montages saccadés pour les publier sur Youtube, son père est un amoureux de la nature qui ne comprend rien aux nouvelles technologies. Il y a là deux mondes qui cohabitent sans se comprendre, permettant au film de développer sa ligne directrice dans cette voie précise. Les Mitchell contre les Machines possède également un excellent casting vocal, alignant Abbi Jacobson, Danny McBride, Maya Rudolph et le réalisateur en personne Mike Rianda pour donner voix à la famille éponyme. Gravitent autour entre autres Eric André et Olivia Coleman, profitant de rôles délicieux et riches en propositions.



Sans révolutionner le(s) genre(s) qu’il aborde et se dotant probablement d’un petit quart d’heure de trop, Les Mitchell contre les Machines est une réussite incontestable qui offre un divertissement familial (dans tous les sens de l’expression) d’une grande créativité, parvenant à faire vivre l’imaginaire d’Internet dans un canevas classique. Naviguant joyeusement entre Silicon Valley, memes, Youtube Poop et autres références au cinéma d’action dans lequel on marche au ralenti devant une explosion de manière stylée, Mike Rianda signe un produit esthétiquement brillant d’imagination, qui se permet de nous offrir ses meilleurs instants lorsqu’il se consacre à cette famille quelque peu brisée qui a du mal à se reconnecter. Comme si on était depuis toujours des machines ayant cruellement besoin d’une mise à jour pour pouvoir réapprendre à vivre ensemble.

Titre Original: THE MITCHELLS VS. THE MACHINES

Réalisé par: Michael Rianda, Jeff Rowe

Casting: Abbi Jacobson, Danny McBride, Maya Rudolph ….

Genre: Animation, Comédie, Famille

Sortie le:  30 avril 2021

Distribué par: Netflix France

EXCELLENT

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