Critiques Cinéma

LA LOI DE LA JUNGLE (Critique)

SYNOPSIS: Une terrible défaite sur le ring endette Lion (Jack O’Connell) et son manager et frère Stan (Charlie Hunnam) auprès du criminel local Pepper (Jonathan Majors). Ce dernier accepte d’annuler leur dette s’ils traversent le pays afin que Lion participe à un combat de boxe. Le seul hic, ils doivent également transporter Sky (Jessica Barden), une adolescente en fuite qui doit être déposée à la porte du redouté Yates (John Cullum). Tandis que Stan entraine Lion pour le combat de sa vie, une série d’évènements menace de déchirer les deux frères, mais leur amour fraternel et leur croyance en une vie meilleure les entrainent dans ce drame captivant.

Nouvel exemple de la difficulté des films à trouver le chemin vers les salles en cette période compliquée, Jungleland (La Loi de la Jungle) est enfin parvenu à se glisser jusqu’à nos plateformes françaises. Réalisé par Max Winkler, le long-métrage raconte l’histoire de deux frères qui espèrent trouver le succès et une façon de gagner leur vie grâce au talent de l’un d’eux, Walter, boxeur amateur après qu’on lui ait retiré sa licence. Alors que Stanley, le deuxième frère, contracte une dette envers un criminel local, ils sont mis sur la route de San Francisco pour pouvoir participer à un championnat de boxe dont la récompense leur permettrait d’éponger l’argent qu’ils doivent. Mais ils se retrouvent accompagnés par Sky, une jeune femme fugueuse risquant de mettre en péril l’équilibre qui s’était plus ou moins formé entre les deux frères. Pour ce long-métrage qui plonge dans une Amérique habitée par la misère sociale, la violence et les crimes, Max Winkler propose une mise en scène d’une sobriété étonnante de pudeur, qui évite le sensationnalisme évident souvent inhérent à ce genre d’intrigue pour se concentrer sur la relation entre ses protagonistes et leurs états d’âme. Même si la boxe est le déclencheur du récit, le point de départ des évènements et leur objectif à leur arrivée à San Francisco (le combat qui se profile), ce n’est pas elle qui mène le fil du film, préférant frapper plus par ses joutes verbales que par ses poings. De cette façon, Winkler scanne cette Amérique profonde meurtrie par les inégalités et prend le pouls de cette génération condamnée à devoir se débrouiller par elle-même. Cette relation entre Stan et Walter devient dès les premières scènes le centre névralgique du point de vue du film, laissant progressivement entrer le personnage de Sky dans leur équilibre précaire qui causera les péripéties les plus importantes du récit.


La Loi de la Jungle est nourri d’un scénario relativement simple, voire même déjà maintes fois explorés par d’autres long-métrages dans le passé, mais dénote par son ton, qui ose osciller entre humour noir, moments de complicité et tension pure ; une série de moments de vie sous forme de road movie improvisé à travers ces villes désolées grises de misère. Dans les Etats-Unis filmés comme une jungle austère et vile qui persistent à ne pas laisser de seconde chance à ses rebuts, Stan voit Walter comme un Roi, le « Lion » qui lui sert de surnom épinglé sur son peignoir comme rappel de leurs objectifs de grandeur. A travers cette relation fraternelle qui semble plus s’attarder sur la colère et les différences qui les séparent que sur leur amour et leur fusion, sorte de nouvel objectif contredisant souvent leurs codes moraux respectifs, le metteur en scène transcende d’autant plus leur complémentarité, l’un étant littéralement l’opposé de l’autre, dans tous les sens du terme. Et Sky, par son besoin constant de liberté et de fuite, viendra attiser celui d’émancipation de Walter, au grand dam de son frère. Ce naturel d’un réalisme abrupt et rude est soutenu par un formidable trio de tête qui sait parfaitement se saisir des changements radicaux de genre au fur et à mesure de l’intrigue. On trouve notamment Charlie Hunnam et Jack O’Connell incarnant les deux frères Kaminski, séparés par leurs visions du monde, mais liés par le sang avant tout (pour tout ce que cette expression veut dire). Jessica Barden vient mettre un coup de pied subtil et d’une puissance discrète étonnante en faisant de Sky une fugitive dégageant toute l’humanité dont les protagonistes semble parfois dépourvus.


Par des procédés stylistiques qui ne s’embarrassent pas d’excès superflus en se concentrant sur ses personnages avant tout, La Loi de la Jungle est donc une traversée exténuante et pleine de rebondissements à travers toute la pauvreté urbaine des Etats-Unis, montrant ses protagonistes marcher sur les cendres de l’American Dream en quête d’une meilleure vie. Avec son brillant casting et sa bande originale qui pulse l’ensemble, Max Winkler signe un très joli film même s’il ne révolutionne jamais le genre, aussi tendu et violent que mélancolique et surprenamment doux. Un film de boxe qui n’en est pas un, si ce n’est un combat quotidien entre frères avant que le coup de trop ne mette quelqu’un KO.

Titre Original: JUNGLELAND

Réalisé par: Max Winkler

Casting : Jack O’Connell, Charlie Hunnam, Jonathan Majors …

Genre: Drame, Thriller

Sortie le: 11 mars 2021 en VOD

Distribué par: –

TRÈS BIEN

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