Critiques Cinéma

RESISTANCE (Critique)

SYNOPSIS: Durant la Seconde Guerre mondiale, en 1942, Marcel Mangel s’engage, sous le nom de Marcel Marceau, dans la Résistance française, sous l’influence de son frère Simon et de son cousin, Georges Loinger. En partie par le mime, il aidera de nombreux enfants orphelins, dont les parents ont été tués par les nazis. 

Tandis que la possibilité de se mettre de nouveaux films sous la dent s’est largement amenuisée ces derniers temps, ne rechignons pas à la tâche de découvrir ceux qui finissent par passer entre les mailles du filet afin de remplir les catalogues des chaînes et plateformes ici et là. Resistance débarque donc ce jour sur Canal+ en prenant comme angle d’attaque les années méconnues, en tant que jeune résistant, du mime français Marcel Marceau durant la Seconde Guerre mondiale. Le long métrage n’est donc pas un véritable biopic, déjà parce qu’il n’adapte qu’une petite partie de la vie de Marcel Marceau, mais surtout parce que le fait qu’il s’agisse de Marcel Marceau, Pierre, Paul ou Jeannine n’a pas tellement d’importance tant la machine s’avère mal huilée. Si le devoir de mémoire est une chose, il y a toujours de quoi être assez appréhensif lorsqu’un nouveau film se déroulant en pleine Seconde Guerre mondiale débarque sur nos écrans tant le sujet a été exploité en long, en large et en travers. Le fait de prendre le mime Marceau, sauveur de nombreux enfants juifs comme protagoniste, laissait malgré tout le bénéfice du doute.


Malheureusement nos craintes se sont rapidement confirmées : le film est tout à fait dispensable. Pourtant côté casting il n’y a pas à rougir : Jesse Eisenberg joue Marcel Marceau, entouré de nos frenchies Clémence Poesy et Félix Moati. Nous retrouvons également l’excellent Matthias Schweighöfer en Klaus Barbie et la jeune Bella Ramsey, surtout mondialement connue pour son impressionnante interprétation de Lyanna Mormont dans Game of Thrones. Tout ce beau monde n’a malheureusement rien de très folichon à jouer (hormis peut-être Matthias Schweighöfer) et nous ne pouvons pas dire que Jesse Eisenberg soit mieux loti que ses camarades malgré son rôle iconique. Car si Resistance agace sur de nombreux points c’est principalement parce qu’il n’a aucune vision : précisant dans son texte explicatif et pédagogique de fin la situation des enfants juifs exterminés, il en profite pour glisser que Marcel Marceau est le plus grand mime de tous les temps. Quid alors du mime au sein du film ? Il est bien présent, d’une façon désespérément insipide, pour ne pas dire gênante. Si fort heureusement ces scènes ne sont pas nombreuses, l’embarras pointe le bout de son nez presque systématiquement lorsqu’elles débutent car, soyons honnêtes, elles ne fonctionnent pas. Dès lors nous appréhendons rapidement leur déroulement quand bien même les personnages présents à l’écran (enfants ou soldats) y réagiraient parfois positivement ; le fait est que ces passages ne décollent presque jamais et sont mis en scène sans réelles idées. Leur présence est si paresseuse que si leur but logique était de montrer, à la manière d’un La Vie est Belle, qu’il est aussi possible de rire avec les enfants pendant la guerre pour mieux faire passer la pilule de la situation… alors c’est aux fraises. Malheureusement le reste de Resistance ne vaut guère mieux.


En effet le film déçoit également sur presque tout le reste : les personnages sont grossièrement caractérisés et arpentent l’histoire comme des coquilles vides dénuées de personnalités. La romance entre les personnages de Jesse Eisenberg et Clémence Poesy est purement fonctionnelle, comme tous les comportements et dialogues présents au sein du film. Même le drame vécu par le personnage de Clémence Poesy n’apporte absolument rien d’intéressant. Si Resistance ne propose donc rien, à aucun niveau, il n’exécute même pas correctement les éléments qu’il ressasse. Certains dialogues sont d’ailleurs à lever les yeux au ciel, comme ce moment où Clémence Poesy donne la réplique à Bella Ramsey dans un train, en évoquant la vie et le deuil suite à leurs drames respectifs : l’écriture semble dénuée de tout soupçon d’inspiration, même pas une pincée de sel. Marcel Marceau et ses amis, qui parlent tous exclusivement en anglais, vont donc sauver des enfants juifs avec l’objectif de leur faire traverser les Alpes pour les mettre en sécurité en Suisse. Au cours de leurs vagues péripéties exemptes de presque tout panache, certains moments empêcheront le téléspectateur d’actionner définitivement la bouillotte en le tirant de sa torpeur et pour cela nous pouvons « remercier » le glaçant Klaus Barbie qui traque et extermine sans relâche juifs et résistants.


Resistance est donc un « film cahier des charges » extrêmement plat, voire naïf, malgré quelques soubresauts réguliers qui sont néanmoins globalement artificiels. Si les quelques scènes de tension qui parsèment l’ensemble sont parfois suffisamment efficaces pour nous empêcher de décrocher, le film demeure fade et sans grand-intérêt, et ce sur absolument tous les aspects qu’il raconte : la déportation d’enfants, la résistance, et le pan de vie de Marcel Marceau qui y est associé. A choisir, regardez plutôt un reportage sur les Alpes.

Titre Original: RESISTANCE

Réalisé par: Jonathan Jakubowicz

Casting : Jesse Eisenberg, Ed Harris, Clémence Poésy…

Genre: Drame, Biopic, Historique

Diffusé le: 25 novembre 2020 sur Canal Play

Distribué par: –

PAS GÉNIAL

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