Critique DVD

AMERICAN PIE PRESENTS : GIRLS’RULES (Critique)

SYNOPSIS: Quatre lycéennes décident de conclure un pacte pour régler leurs problèmes de cœur avant la soirée du lycée. Jusqu’au jour où, un nouveau et beau garçon fait son entrée au lycée, toutes tombent immédiatement sous son charme… 

Tandis que cela faisait fort longtemps que nous n’avions plus vraiment entendu parler de la franchise American Pie, et que nous attendions plutôt le septième volet de Tremors, voilà que débarque en ce début de mois de novembre 2020 (décidément cette année ne nous épargnera aucune catastrophe) un nouvel opus en direct-to-video, dans une édition DVD au rabais. Le dernier American Pie en date, qui remonte donc à 2012 (Eh oui ! Déjà…), était le quatrième opus de la chronologie principale, tout aficionado de la franchise sachant pertinemment qu’à côté il existe également des épisodes spin-off sortis exclusivement sur le marché de la vidéo. Sobrement intitulé American Pie Presents: Girl’s Rules, ce nouveau spin-off (le cinquième pour être précis) rejoint ainsi le peloton (mais pas de tête), plus de dix ans après le catastrophique American Pie Presents: The Book of Love. Si à la lecture de ces quelques lignes cela ne se déduit peut-être pas, nous avons une affection toute particulière pour cette grande aventure débutée avec notamment Jim (Jason Biggs) et son inoubliable père (Eugene Levy), ainsi que Stifler (Seann William Scott) et son inoubliable mère (Jennifer Coolidge)…y compris la phase des spin-off. Ces derniers sont d’ailleurs un cas à part puisque même s’ils ont toujours été présentés (avant American Pie Reunion du moins) comme faisant partie d’un univers canon les englobant avec les films principaux, ils ont été produits à une échelle moindre, à tous les niveaux. Bien que ces épisodes bonus n’aient jamais été de grandes comédies, reconnaissons que jusqu’au drame du sinistre Book of Love, ils ont toujours plus ou moins fait le job. Voir arriver un nouvel opus était donc à la fois intrigant et étonnant, d’autant que ce cinquième film se la joue « girls power ». Le fait qu’un groupe de femmes (y compris une Stifler) soit à l’honneur était plutôt excitant. En effet contrairement à un reboot artificiel purement féminin à la S.O.S Fantômes, nous pensions naïvement étant donné les sujets de prédilection d’American Pie, que cela serait un atout et soufflerait un vent nouveau. Quelle erreur.
 

A priori écrit par deux hommes, American Pie Presents: Girls’ Rules passe à côté de tout son potentiel. D’une part parce qu’il ne raconte absolument rien d’intéressant, d’autre part parce qu’il n’est ni fun, ni drôle. Si l’occasion de « féminiser » la franchise était surtout l’opportunité de parler du point de vue des jeunes femmes, à un âge où elles découvrent leur sexualité, le film n’a rien trouvé de mieux que de nous balancer un tas de débilités et de niaiseries toutes plus indigestes les unes que les autres. Alors oui, pour montrer qu’il s’agit quand même d’un film sur des femmes, et investi d’une artificielle mission de sensibilisation, les scénaristes introduisent « histoire de » une digue dentaire ou des sextoys pour remplir le cahier des charges. Navrant. Vraisemblablement pas drôles pour un sou, les mêmes scénaristes, embarqués dans un manque d’imagination flagrant ont même poussé le vice en proposant un tas de chutes et de cascades en tous genres (non, en fait ce sont juste les mêmes gamelles en boucle), ainsi que des personnages évoquant des sujets intimes et/ou gênants à voix très hautes dans un lieu cloisonné alors que tout le monde écoute…et ce genre de situations revient inéluctablement, encore et encore, le but étant nous supposons de déclencher un rire de la façon la plus flemmarde et calculée qui soit, résultat : ça ne fonctionne pas du tout, on ne s’improvise pas clown. Le film est d’ailleurs un mélange tout à fait surprenant, dans le mauvais sens du terme bien évidemment, d’éléments qui ne vont pas du tout ensemble : scènes complètement surréalistes, et cela dès le début du film (l’escalade de la maison, no comment), mais rassurez-vous nous n’avons pas encore trouvé de passage suffisamment what the fuck pour rivaliser avec la scène de l’élan du spin off précédent, adultes qui agissent de façon irréelle, abus indécent du split screen (sans que cela ne serve les 3/4 du temps à grand-chose), insistance des gros plans sur une tarte histoire de montrer symboliquement que oui nous sommes bien dans American Pie même si ça n’y ressemble pas, bal de promo, passages niais à foison (le final en regorge à tel point que s’il s’agissait d’un feu d’artifice il illuminerait tout Paris en pleine nuit), le tout monté à la truelle avec des choix de transition extrêmement étranges et douteux entre certaines scènes. Ni fait, ni à faire.
 

Si le film n’a absolument rien à dire, aucune idée pour faire rire (nous notons cependant une tentative louable avec la digue dentaire, malheureusement tombée immédiatement à plat) et est techniquement à la ramasse (ce direct to video semble avoir été réalisé il y a dix ans), il tente à un moment de proposer vaguement quelque chose, avec un petit passage bien cliché à la Emily in Paris où les personnages esquissent quelques mots de français absolument incompréhensibles (il n’y avait pas de coach sur le tournage à notre humble avis) dans un décor animé, pour un résultat aussi terrible à voir qu’à entendre mais qui a le mérite d’exister. Inutile de préciser qu’Eugène Levy, seul véritable fil rouge de toute la saga puisqu’il a fait des apparitions dans tous les films y compris les spin-off, est ici aux abonnés absents. Autant vous dire que lorsque nous perdons la joie et l’excitation de guetter l’arrivée du père de Jim, LE daron dans tous les sens du terme, pour découvrir avec appétit dans quel cameo à la mords-moi-le-nœud il va encore bien pouvoir s’illustrer, cela nous met un petit coup sur la carafe, ne nous en cachons pas. En regardant la jaquette du DVD nous avons néanmoins été teasé de la présence de Danny Trejo, et oui le bonhomme est bien présent, probablement dans le pire rôle de sa carrière…et encore…à ce stade il s’agit davantage de figuration qu’autre chose. Nous espérons que Danny n’a pas trop d’ennui avec les impôts, car après avoir fini le film nous ne comprenons pas ce qu’il est venu faire là-dedans hormis cachetonner en urgence absolue de la pire façon qui soit. Mystère et boule de gomme. Nul besoin de le préciser mais tout ce joyeux ratage se déroule dans un univers de lycée plat et sans panache avec un incontournable cameo de Jesse Heiman et des horribles déambulations publiques en mode « girls power » afin de nous le rappeler.
 

American Pie Presents: Girls’ Rules est une purge tantôt atterrante, tantôt gênante, mais même pas pour les bonnes raisons. Si l’humour gras est globalement absent (nous ne pouvons pas reprocher au film d’être spécialement lourd à ce niveau, il est même drôlement sage, y compris la Stifler de service), les pseudo gags et cascades qui parsèment le film n’ont absolument rien d’amusants, l’histoire est insipide, et bien que ce nouvel opus tente tout le long à coups de forceps de nous faire intérioriser que oui, nous sommes dans un American Pie, nous avons surtout eu l’impression d’être dans une mauvaise comédie à l’eau de rose à destination des adolescentes. Peut-être que nous avons vieilli, sans doute que la génération ciblée n’est plus la même, mais peut-être aussi est-ce tout simplement mauvais. A vous de juger.

Titre Original: AMERICAN PIE PRESENTS : GIRL’S RULES

Réalisé par: Mike Elliott

Casting : Madison Pettis, Lizze Broadway, Natasha Behnam…

Genre: Comédie

Sortie le: 1er novembre 2020 en DVD

Distribué par: –

TRÈS MAUVAIS

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s