Critiques

THE VIRTUES (Critique Mini-Série) Quelque chose de singulier…

SYNOPSIS: Entre l’Angleterre et l’Irlande, le long chemin d’un homme en quête de vérité sur son enfance. S’inspirant de sa propre histoire, Shane Meadows (This is England) explore avec gravité les thèmes de la vengeance et du pardon. Portée par Stephen Graham, une odyssée intime doublement primée à Séries Mania.

Récompensée à Séries Mania 2019, The Virtues est la nouvelle création de Shane Meadows et Jack Thorne que nous connaissons notamment pour l’incontournable This is England. Le show est d’ailleurs porté par Stephen Graham, l’inoubliable Combo du film This is England et de ses suites télévisées.

Habillée par les excellentes compositions de PJ Harvey, The Virtues nous introduit dans la vie de Joseph, ancien alcoolique qui va replonger dans les griffes de ses vieux démons après le départ de son ex-femme et de son fils pour l’Australie. Une déchirure qui sera néanmoins l’opportunité pour Joseph de renouer avec sa sœur qu’il a perdu de vue depuis leur enfance. Le premier épisode est peut-être notre favori tant il expose la situation et le personnage de Joseph avec brio, notamment en ce qui concerne la dépendance à l’alcool de ce dernier : la soirée d’ivresse passée dans, et en dehors du pub, se révèle tant par son écriture, que par le talent et le dynamisme de Stephen Graham très immersive, le spectateur assistant impuissant à la déchéance et à la destruction de Joseph, le tout réalisé avec un parti pris efficace où l’image va s’adapter au naufrage et se dégrader en même temps que le corps et l’esprit de Joseph. Au casting nous retrouvons également l’excellente Niamh Algar, déjà présente en ce moment en Sue dans Raised By Wolves, ou encore le touchant Mark O’Halloran.

Si la série démarre sur les chapeaux de roues et dégage via sa singularité, son ambiance, sa mise en scène et ses musiques une synergie réussie, mêlant assez adroitement quotidien et violence physique et psychologique, elle déçoit un peu lors de son épisode final qui tourne partiellement à la surenchère : ici les sentiments et réactions des personnages virent un peu trop au « spectacle » stylisé.

Au sein de The Virtues, la plupart des personnages sont des écorchés vifs et tout ramène à l’enfance ou l’adolescence ; les protagonistes brisés ou esquintés transportant de lourds traumatismes depuis des dizaines d’années. Le format 4 épisodes est à ce titre suffisant, la série ayant des thématiques cohérentes mais un brin répétitives. Si The Virtues n’est pas toujours très subtile, elle tente néanmoins d’instaurer quelques nuances dans les blessures de ses personnages. Ici un bourreau a ainsi peut-être été préalablement une victime. Via des souvenirs le show remonte dans le passé de Joseph lorsqu’il était encore enfant dans un foyer, nous dévoilant évolutivement en même temps que le personnage se remémore, ce qui le ronge, et comment il a été séparé de sa sœur.

The Virtues démarre fort sans réussir à réellement dépasser un certain cap que nous espérions pourtant la voir franchir aisément eu égard à son potentiel de départ. Elle dégage néanmoins quelque chose de singulier, avec un immense Stephen Graham. Si le final nous laisse un peu sur notre faim, la page se tourne en nous laissant globalement satisfaits du voyage.

Crédits: Arte TV

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