Critiques

LE TUEUR DE L’OMBRE (Critique Mini-Série) Sous le signe de l’efficacité…

SYNOPSIS: Des femmes disparaissent et l’ombre d’un tueur en série se profile… Dans la banlieue de Copenhague, un flic et une profileuse enquêtent. 

Ina Bruhn, romancière et scénariste danoise, nous propose avec Le tueur de l’ombre une énième déclinaison d’enquête sur un tueur en série qui laisse dans ses funestes traces des cadavres de femmes atrocement esquintés. Si de prime abord le show ne propose pas un récit particulièrement original, il apparaît rapidement digne d’intérêt puisqu’il se démarque par son angle d’attaque accrocheur, un certain sens du rythme, le tout pour un visionnage addictif sous le signe de l’efficacité, en ayant le bon goût d’éviter la surenchère de retournements de situations dont sont parfois friandes les entreprises du genre.



Bien que Le tueur de l’ombre (avec son titre à coucher dehors) semble avoir la banale vocation de nous narrer les pérégrinations d’un terrible violeur et tueur, la série le fait de façon aussi ingénieuse qu’intelligente. D’une part parce qu’elle se focalise, via l’enquête certes, mais également en parallèle de cette dernière, sur les violences faites aux femmes, sujet qui s’avère être le réel nerf de la guerre du programme. D’autre part parce qu’elle place le récit de différents points de vue : celui du policier forcément, celui de la psychologue en support, celui du tueur, mais aussi celui des victimes. Si le premier épisode en nous dévoilant d’emblée énormément d’éléments clés de l’intrigue (dont ni plus ni moins que l’identité du tueur) pouvait laisser songeurs et craintifs quant au choix du format de huit épisodes plutôt que celui d’un téléfilm, le téléspectateur se demandant légitimement ce qui pourrait bien être raconté alors que tout semble déjà à sa portée, les craintes se dissipent rapidement. Afin de conserver la surprise nous ne dévoilerons aucun détail de l’intrigue, si ce n’est que chacun des huit épisodes se justifie et ajoute une pièce au puzzle. Nulle sensation de longueur ou de remplissage ici, chaque segment étant non seulement utile à la traque mais également primordial afin de dresser et d’approfondir la psychologie des personnages. Et c’est ici qu’apparaît l’aspect puzzle : ce n’est pas uniquement l’enquête qui va être le moteur, mais bien les causes qui ont mené le tueur à enlever et séquestrer des femmes d’un profil identique. Ou comment devient-on un monstre…



Si la psychologie du tueur est celle qui est la plus mise en avant, c’est parce qu’au final le jeu du chat et de la souris avec la police n’apparaîtra pas comme l’élément primordial des couches qui composent la structure de cette saison. Que ce soit via des flashbacks ou dans le présent, le spectateur s’immergera à chaque fois un peu plus profondément dans la compréhension des motivations de la vague d’assassinats. Les victimes et les « forces de l’ordre » (en réalité surtout un policier et une psychologue) auront certes le droit à une caractérisation suffisamment efficace pour susciter l’empathie, mais n’en demeureront pas moins assez superficielles. Cela ne signifie pas que Le tueur de l’ombre effectue une prouesse d’analyse psychologique en dépeignant l’ascension sadique de son tueur, ni qu’elle propose des leviers particulièrement orignaux, mais elle a néanmoins le mérite de placer ses pions avec cohérence en assumant son parti pris jusqu’à l’épisode final, qui clôt le chapitre en restant impeccablement dans les clous de son thème de prédilection.



Le tueur de l’ombre ne propose donc rien de véritablement neuf, ce style d’enquête étant assez éculé, mais elle le fait pourtant sans jamais ennuyer le téléspectateur. L’ambiance de la banlieue de Copenhague se prête par ailleurs particulièrement bien à ce type d’enquête, sans être pour autant austère à outrance et faire l’erreur de rendre le tout dénué de vie ou d’humanité. Nous avons par ailleurs apprécié l’absence de surenchère. Malgré quelques facilités scénaristiques, le plaisir de suivre la traque de ce tueur de l’ombre jusque dans la lumière reste intacte et parions qu’après avoir débuté la série, il vous sera difficile de ne pas aller jusqu’au bout du voyage. Pas incontournable mais bien ficelée. A découvrir ce jeudi sur Arte, et déjà disponible sur Arte.tv

Crédits: ARTE

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