Summer Fever 2020

SUMMER FEVER 2020 : Une sélection cinéma préparée par la rédaction – Épisode 19

UN CŒUR EN HIVER (1992)


SYNOPSIS: L’expansif Maxime, dirige d’une main de fer sa lutherie avec son ami de toujours, Stéphane, un maître artisan assez solitaire. Un jour, le riche propriétaire tombe follement amoureux d’une violoniste, Camille. Mais alors qu’ils sont sur le point d’emménager ensemble, contre toute attente, Stéphane sort de sa tanière et décide de séduire la jeune femme, au grand dam de son meilleur ami. 

C’est tout le paradoxe de l’été. On l’attend toute l’année mais lorsqu’il est là, étouffant, écrasant, on se surprend à imaginer l’hiver. L’antidote ? L’avant-dernier film de Claude Sautet. Son effet glaçon et mélancolique donnerait presque envie d’être en novembre.  Le “Coeur en hiver” du titre, c’est celui de Daniel Auteuil. Dans le rôle de Stéphane, un luthier passionné par son métier mais handicapé des sentiments, l’acteur livre sa meilleure prestation au cinéma. Il est l’antithèse du solaire Maxime, interprété par l’élégant André Dussollier. Solitaire, énigmatique, sans affect, volontiers cynique, cet homme posé et distant fascine. Que cache son regard noir et brillant, scrutateur et indéchiffrable ? Emmanuelle Béart, magnifique et touchante en femme humiliée, tombe folle amoureuse de cet homme inaccessible. Dans un geste incompréhensible, Stéphane rejette les avances de l’actrice, pourtant au sommet de sa beauté, dans une scène cruelle : “Je ne vous aime pas”, lâche calmement cet homme dont on ne saura jamais pourquoi il agit comme il agit. Et c’est toute la beauté glacée de cette tragédie sur fond de musique classique.

FAUX SEMBLANTS (1988)


SYNOPSIS: Deux vrais jumeaux, Beverly et Elliot Mantle, gynecologues de renom, partagent le meme appartement, la meme clinique, les memes idees et les memes femmes. Un jour, une actrice celebre vient les consulter pour sterilite. Les deux freres en tombent amoureux mais si pour Elliot elle reste une femme parmi tant d’autres, pour Beverly elle devient la femme. Pour la premiere fois les freres Mantle vont penser, sentir et agir différemment.

La légende prétend qu’une trentaine d’acteurs, dont Robert De niro et Al Pacino, ont refusé le rôle des frères Mantle en raison de leur profession : gynécologue. Le sexe féminin, tabou suprême dans l’Amérique viriliste des années 1980. Il fallait le goût du risque et de l’indicible de Jeremy Irons pour accepter le défi. L’acteur anglais, si à l’aise dans les univers torturés à la limite du malsain, est exceptionnel dans le rôle des deux jumeaux. Il apporte de subtiles variations de posture, de mimiques, et d’expressions pour différencier les deux personnages. Les amateurs de “body horror”, marque de fabrique de David Cronenberg, resteront peut-être sur leur faim. Même si une scène furtive impliquant le cordon symbolique unissant les deux frères devenu soudain chair coupe l’appétit. L’histoire de ces jumeaux partageant la même femme, une actrice dont l’anatomie intime les intrigue, interprétée par Geneviève Bujold, et qui entraînera la déchéance de l’un des deux, est suffisamment tordue pour retenir l’attention. Mais c’est l’image des instruments chirurgicaux au look extra-terrestre imaginés par l’esprit malade d’un des deux frères qui terrifie. On aimerait pouvoir les utiliser pour trifouiller le cerveau de David Cronenberg et comprendre d’où viennent ses idées si monstrueuses….


TAXI, ROULOTTE ET CORRIDA (1958)

SYNOPSIS: 1958. Maurice Berger est chauffeur de taxi parisien. Lorsque les vacances arrivent, il part en Espagne accompagné de sa petite famille. Mais le vol d’un diamant va bouleverser son voyage à l’étranger, qui ne va pas être de tout repos. 

Star des audiences durant le confinement et de la Cinémathèque française qui lui consacre une exposition, Louis de Funès n’en finit plus d’être à la mode. L’occasion de redécouvrir l’acteur comique dans ses œuvres les moins connues. C’est le cas de Taxi, roulotte et corrida, réalisé par André Hunebelle, futur papa de la saga Fantômas. Louis de Funès, qui n’est pas encore la star qu’il deviendra à partir du milieu des années 1960, campe cette fois un français moyen, un chauffeur de taxi surexcité qui roule à toute allure. Le personnage defunèsien est déjà là : l’énergie électrique, l’impatience, les mimiques (il détestait le terme de grimace) et un sens du burlesque hérité du muet. Voir la scène où de Funès se démène comme un beau diable pour rattraper sa roulotte qui n’en finit pas de se barrer…Le scénario est un peu léger (des gangsters tentent de mettre la main sur le diamant volé que de Funès possède à son insu) mais il est prétexte à une série de gags tordants. Son côté road-trip et son ambiance de vacances en font une comédie idéale pour l’été.



STAR TREK VI : TERRE INCONNUE (1991)

SYNOPSIS : Alors que Mr. Spock, le capitaine Kirk et l’équipage de l’Enterprise escorte le chancelier Gordon jusqu’au centre de conférence ou il doit signer un accord de paix avec l’empire des Klingons, leur vaiseau est attaque et le chancelier abattu. Chang, general des Klingons, accuse Kirk qu’il envoie en compagnie du docteur McCoy sur l’astre de glace Rura Penthe. Mr. Spock ne dispose que de quelques jours pour sauver son ami et rétablir la paix menacée. 

Dans la longue liste des films adaptés de la série de SF créée par Gene Roddenberry, le sixième volet est certainement le plus abouti. En plus d’être le chant du cygne de l’équipage d’origine (William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelly etc. ), la réalisation soignée est signée Nicholas Meyer déjà aux manettes de Star Trek II : la colère de Khan, considéré par les puristes comme le plus culte de la saga. Pour info, Meyer a aussi réalisé le génial C’était demain où la traque de Jack L’éventreur par H.G Wells (Malcolm McDowell), l’inventeur de la machine à explorer le temps, dans le San Francisco des années 1970. Outre son scénario captivant en forme de “whodunnit”, Star trek VI, sorti en pleine chute du bloc communiste, a des résonances politiques pertinentes. Autre point fort : la présence au casting de Christopher Plummer dans le rôle d’un général Klingon amateur de Shakespeare. La bande-originale sombre et mystérieuse ainsi que les jolis effets spéciaux signés ILM achèvent de faire de sixième opus une totale réussite.

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