Critiques

PERRY MASON (Critique Mini-Série Episodes 1×01- 1×04) Le strict minimum malgré une excellente reconstitution et un casting solide…

SYNOPSIS: Los Angeles, 1931. Alors que le reste du pays traverse la Grande Dépression, cette ville est en plein essor ! Pétrole ! Jeux Olympiques ! Films parlants ! Ferveur évangélique ! Et un enlèvement d’enfant qui a très, très mal tourné. 

Après quelques années de développement compliqué, voici enfin arriver la version 2020 de Perry Mason, pour égayer votre été sur HBO. Produite par Robert Downey Jr., dans sa casquette de producteur aux projets très diversifiés, la série fait revivre le temps de quelques épisodes un personnage emblématique aux adaptations nombreuses et très variées. Que ce soit dans les années 50, 70 ou même 90, l’héritage du personnage est important, et l’on se demandait légitimement ce que pouvait apporter la chaîne à la tradition. Ces questions-là, l’introduction du pilote y répond tout de suite : la patte HBO, mâtinée de sexe, de violence et de sang. Exit Mason en avocat, dans le Los Angeles des années 30, c’est un détective privé sombre, à l’apparence crasseuse et à la vie en lambeaux après sa participation traumatisante à la Première Guerre Mondiale. Reprenant donc un peu des livres originaux, où Mason n’était pas encore avocat, et avec une tonalité plus sombre que les séries, la version 2020 de Perry Mason n’hésite pas à flirter avec les pires travers HBO, risquant de désarçonner les amateurs qui n’ont connu que les séries.

Emmené par l’excellent Matthew Rhys dans son premier grand rôle post-The Americans, la série n’est clairement pas faite pour le binge-watching tant elle se révèle sombre, pessimiste, et très perturbante. Commençant avec l’assassinat atroce d’un bébé, l’intrigue étend ensuite sa toile à une galerie de personnages ayant tous un passé trouble. La palme revenant à la magnétique Sister Alice, évangéliste charismatique et hypnotisante incarnée par une Tatiana Maslany dans un nouveau rôle camélon à la Orphan Black, et qui met KO le reste des acteurs dès lors qu’elle apparaît à l’écran. Le reste du casting se compose d’habitués du petit écran comme John Lithgow, Robert Patrick, Gayle Rankin ou même Shea Wingham qui revient dans les années 30 après sa performance dans Boardwalk Empire : compliment ou non, à vous de voir, mais cette mouture de Perry Mason donnerait presque envie de revoir la série de Terence Winter et Martin Scorsese

Car malgré les qualités techniques évidentes de la série, une question se pose : fallait-il offrir une origin story à Perry Mason ? Etait-ce vraiment pertinent de placer l’action de la série un an avant les romans de Erle Stanley Gardner, lui-même ancien avocat ?  Si les épisodes se laissent regarder sans déplaisir, il faut reconnaître qu’il manque quelque chose à la série pour réellement justifier son existence. On sait les complications au moment de trouver les scénaristes de la writer’s room (Nic Pizzolatto était notamment sur le coup avant de jeter l’éponge). On sait aussi que ce projet tenait à cœur à « RDJ« , désormais plus actif sur des productions télévisées. Alors, on pardonne… Un peu.

Et on regarde donc passivement ce Perry Mason, à la fois pris dans l’histoire mais hermétique aux mêmes partis-pris sombres habituels et souvent inutiles qui n’apportent pas franchement d’épaisseur à un héros qui n’en avait pas besoin. La case estivale est complètement justifiée pour ce period drama qui jouit pourtant d’une excellente reconstitution et d’un casting solide, mais qui offre le strict minimum de ce qu’on pouvait en attendre sur le papier.

Crédits: HBO / OCS

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