Critiques

LA PETITE MORT (Critique web-série Saisons 1 à 3) Un potentiel qui monte crescendo…


SYNOPSIS: Le destin d’un jeune faucheur, incarnation de la Mort pour les vivants qui aimerait davantage devenir fleuriste que d’embrasser la funeste profession de son père. La petite mort, le personnage central, est en plein apprentissage de la vie …et surtout de la Mort avec toutes les interrogations paradoxales et existentielles que cela peut soulever. 

La Petite Mort est une web-série française créée par Davy Mourier (pour les habitués des univers de François Descraques, nul besoin de le présenter) un talentueux touche-à tout scénariste, auteur, acteur et animateur. La Petite Mort est justement adaptée de sa série éponyme de bande dessinée. Les présentes lignes couvriront les trois saisons qui composent à ce jour la série et seront volontairement évasives afin de conserver intactes toute les surprises concoctées par Davy Mourier : car oui, malgré les apparences, La Petite Mort qui ne paye pas de mine vous réserve bien des péripéties et une véritable évolution de son background et de ses personnages au fil de l’eau. Vous pouvez accéder à tous les épisodes gratuitement sur France.tv Slash. Derrière ses airs enfantins la série va en effet aborder des sujets banals ou graves du quotidien via les yeux de Petite Mort, jouée par l’infatigable Brigitte Lecordier bien connue des fans de Dragon Ball et de Dragon Ball Z, ainsi que des fans de Oui-Oui (si si ça doit exister), et entendue plus récemment dans l’étonnante Peepoodo & the Super Fuck Friends (une curiosité qui n’est pas pour le coup à mettre sous tous les yeux).


Le casting vocal est d’ailleurs savoureux puisque vous pourrez y retrouver notamment Simon Astier, Constance, Kaycie Chase ou Gérard Surugue. Vous voici donc intégrés dans la famille de faucheurs de Petite Mort, avec Papa Mort et Maman Mort. Le souci c’est que Petite Mort veut devenir fleuriste et n’a aucune appétence pour la destinée qui lui est réservée, ce qui ne manque guère de créer des tensions avec son paternel. Le paradoxe c’est aussi que malgré son futur métier de faucheur d’âmes, Petite Mort va à l’école avec les humains, comme un camarade lambda (même si son apparence ne manque pas de faire jaser son école) quand bien même il aura pour mission de les emmener dans l’au-delà lorsque leur moment sera venu. Le potentiel de la série commence à apparaître dès la première saison (qui demeure néanmoins une vitrine visant avant tout à exposer l’univers et une partie de sa mythologie) lorsque Petite Mort se voit confronter à des dilemmes moraux : faucher des êtres vivants qui sont proches de lui. Et dans l’univers de la Petite Mort le libre arbitre n’existe pas ; les faucheurs tiennent leurs ordres d’une entité mystérieuse appelée le Grand Tout, et lui désobéir aura toujours des conséquences très graves sans retour en arrière possible (mais ça vous le verrez en saison 2).




Dès la saison 2, la série déploie ses ailes et décuple réellement sa richesse et son potentiel. La saison est dense puisqu’elle marque pour Petite Mort la fin de l’école primaire, les grandes vacances et l’entrée au collège. Le moment de nous faire comprendre que dans La Petite Mort le temps passe, au moins pour les humains (dans un premier temps) : les métamorphoses physiques des camarades de classe de Petite Mort en seront les premiers témoignages et il en sera ainsi jusqu’à la fin de la série. Car contrairement à beaucoup de dessins animés inscrits dans une courte période ou faisant fi du temps qui passe, la série va s’étendre sur plusieurs dizaines d’années. L’occasion de passer par plusieurs étapes de la vie mais nous y reviendrons plus bas lorsque nous évoquerons la troisième saison. Cette saison 2 est donc l’occasion pour Petite Mort de connaître ses premières déceptions de la vie, après avoir été jusqu’à présent surtout remonté contre la mort. Il encaisse ainsi ses premières rivalités et trahisons ; lui qui voulait vivre comme un être humain normal va aussi faire les frais de leurs pires travers et notamment de leur égoïsme. Cette saison est aussi l’occasion de développer la mythologie de la série avec l’introduction notable et décisive de Pépé Mort dont l’arrivée va transformer le show à jamais. Le final de cette saison est à ce titre particulièrement exceptionnel et surprenant dans son genre : non seulement la série aura évolué de façon significative au cours de cette saison, mais sa conclusion rabat toutes les cartes sans concession. L’annonce d’un renouveau particulièrement excitant nous donne rendez-vous dans une saison 3.



Une saison 3 qui n’aura d’ailleurs jamais autant fait sentir cette notion de temps qui passe. De nombreuses années se sont écoulées depuis la saison 1 et c’est avec une certaine mélancolie que nous devons dire adieu à des personnages emblématiques de la série. Ce nouveau chapitre marque d’ailleurs la fin d’une époque, et sonne comme une fin de série tant tout semble bouclé. Mais Davy Mourier a montré qu’il avait plus d’un tour dans son sac et après quelques recherches sur sa série de bandes dessinées, il semblerait que les aventures de la Petite Mort aient encore de beaux jours devant elles car tout n’est pas encore adapté à l’écran ! Le seul reproche que nous pourrions faire à cette saison 3 est qu’elle donne l’impression d’être un peu expéditive en sonnant trop « liquidation des stocks » avec la disparition de la plupart des derniers personnages importants de la série. Il faut toutefois reconnaître un véritable cheminement et une évolution fulgurante en seulement trois saisons. Là où plusieurs séries se seraient permis de broder avec des épisodes indépendants et répétitifs, La Petite Mort nous raconte généreusement son histoire en se réinventant sans cesse quitte à peut-être aller parfois un peu vite en besogne (un ou deux épisodes supplémentaires auraient possiblement été légitimes en saison 3). C’est toutefois ce qui fait son charme : nous savons que nous serons à chaque fois surpris par les arcs narratifs. Chaque saison est composée d’une dizaine d’épisodes (onze pour la saison 2) d’un peu plus de quatre minutes. Un format idéal et facile d’accès si vous ne souhaitez pas investir tout de suite dans les bandes dessinées. Nous en tout cas nous trépignons d’impatience de découvrir la suite donc les ouvrages de Davy Mourier seront prochainement nôtres.

Crédits: FranceTV Slash

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