Critiques Cinéma

DONNYBROOK (Critique)

SYNOPSIS: Ex-marine, Jarhead est un père désespéré. Non seulement il est prêt à tout pour nourrir ses enfants, mais c’est aussi un combattant redoutable. Le Donnybrook, un tournoi de combat à poings nus qui se déroule dans les forêts de l’Indiana, consitue pour lui une chance unique d’accéder à une vie meilleure. Le prix accordé en espèces au gagnant résoudra tous ses problèmes, il en est convaincu. Chainsaw Angus, de son côté, a raccroché les gants depuis longtemps. Cette légende des combats clandestins, jusqu’alors invaincue, s’est reconvertie avec sa soeur, Liz, dans la fabrication de méthamphétamine. Le Donnybrook sera le lieu de leur perdition… ou de leur rédemption. 

Donnybrook de Tim Sutton débarque en VOD ce mercredi. Sorti depuis déjà un bout de temps aux États-Unis le film est un drame extrêmement noir et malsain qui voit un ex-marine aux conditions de vie précaire s’embarquer dans un périple afin de participer à un combat clandestin avec une grosse somme d’argent à la clé…l’occasion de changer de vie ? Pour autant si certains éléments de la promotion du film pourraient faire penser que l’avalanche de gnons et châtaignes est au programme il n’en est rien, Donnybrook étant avant tout centré sur la condition sociale de ses personnages.

Si Donnybrook passera peut-être inaperçu, force est de constater qu’il dispose d’un casting extrêmement intéressant et talentueux. Jamie Bell, que nous ne présentons plus, joue ce personnage principal qui souhaite embrasser une nouvelle vie avec sa famille, quitte à risquer sa vie pour y accéder. Et il est entouré de beau monde. Tout d’abord Frank Grillo (surtout connu du grand public pour Captain America, le soldat de l’hiver et Civil War, ou même American Nightmare 2 et 3) qui joue ici un véritable sociopathe, impitoyable et sans aucune limite. Le personnage de ce dernier est la menace du film avec un grand M tant il va semer gratuitement et cruellement la mort sur son passage. Chaque apparition de Frank Grillo à l’écran va rapidement rendre le spectateur anxieux du fait de l’imprévisibilité de son personnage : le film ayant un climat « social » très affirmé il traite des exactions de ce dernier sans fioriture, donnant à la matérialisation de sa folie un aspect assez réaliste qui accentue les horreurs commises.

L’époustouflante Margaret Qualley (Jill dans le chef-d’œuvre The Leftovers, également connue pour avoir joué dans le Death Note de Netflix et plus récemment dans Once Upon a Time in Hollywood), décidément abonnée aux rôles borderlines en toutes circonstances, incarne Delia la sœur du personnage de Frank Grillo. La relation entre ce frère et cette sœur est d’ailleurs un élément central du film tant elle est malsaine : Delia est totalement soumise à la folie de son frère et subit de plein fouet sa violence incontrôlée. La scène la plus forte et la plus dérangeante du film la met d’ailleurs à contribution lorsque, avant de commettre une exécution, elle offre un dernier « cadeau » à sa future victime (nous tairons la teneur de ce passage pour ne pas le spoiler mais c’est sûrement la scène la plus glauque du film). A côté de ce trio de tête comment ne pas évoquer James Badge Dale ? Second couteau du cinéma américain nous profiterons de ces lignes pour déclarer tout notre amour à son talent, lui qui est beaucoup trop sous-estimé (y compris dans Donnybrook) alors qu’il dispose de capacités folles. Nous avons connu James Badge Dale en inoubliable Chase Edmunds dans la saison 3 de 24 heures chrono (et dans le jeu vidéo dérivé de cette dernière) puis avons eu la chance de l’avoir en tête d’affiche de la fascinante Rubicon de AMC (si vous ne connaissez pas cette série, foncez !) qui n’a malheureusement duré qu’une seule petite saison. Depuis James Badge Dale n’a pas disparu des radars bien au contraire puisqu’il a participé à de très grosses productions : Lone Ranger ou même Iron Man 3 ! S’il se fait de plus en plus rare, nous espérons néanmoins qu’il retrouvera un rôle à la hauteur de son talent…ce qui n’est clairement pas le cas dans Donnybrook où, avec le recul, l’arc de son personnage s’avère totalement anecdotique et dispensable (pour ne pas dire inutile).

Comme nous le disions au début de ces lignes, ne vous attendez surtout pas à trouver dans Donnybrook des combats violents et spectaculaires : les affrontements (ou plutôt les altercations car le tournoi n’arrive que dans les dernières minutes du film) sont violents certes, mais ils sont rares et ne durent à chaque fois que très peu de temps. Non avec Donnybrook attendez-vous surtout à côtoyer les bas-fonds malsains d’un milieu où les personnages sont pris dans la tourmente de la pauvreté et de la drogue tout en étant paumés dans les tréfonds de la campagne. Le film se rapproche ainsi davantage d’un Joe ou d’un Killer Joe (tiens, est-ce que tous les films de ce genre ont Joe dans le titre ?) et non d’un film de combats. Encore une fois si vous souhaitez lancer Donnybrook, ce ne sera pas pour y voir du fight. Le film a d’ailleurs un rythme assez lent, se concentre sur des personnages paumés et laminés par leurs vies respectives, prisonniers de leur détresse et de leur violence où chacun se rend au tournoi Donnybrook pour des raisons différentes…mais le long métrage se focalise sur leur périple jusqu’au tournoi, ce dernier étant expédié en une poignée de minutes. Si le film est imparfait en raison de quelques longueurs et d’une ou deux horreurs gratuites qui ne sont pas toujours justifiées par l’avancée du scénario, les meurtres commandités ou exécutés par le personnage de Frank Grillo viendront néanmoins régulièrement vous sortir de votre torpeur. Donnybrook est donc avant tout à visionner pour son ambiance malsaine et sans concession ainsi que pour son casting.


Ce qui frappe d’ailleurs dans Donnybrook c’est que malgré le sort réservé à chacun de ses personnages principaux, aucune réelle émotion ne s’est dégagée de nous en voyant ce qui leur arrivait à eux ou à leurs proches : peut-être était-ce voulu, peut-être est-ce une faiblesse du scénario ou peut-être tout simplement le spectateur y était-il préparé depuis le début eu égard à la vie désastreuse desdits personnages. A contrario nous avons compati aisément face au sort de tous les péquins victimes de la folie du personnage de Frank Grillo…notamment cette fameuse scène évoquée plus haut qui nous a pris aux tripes. Le film n’est donc pas fait pour émouvoir, mais il ne vous laissera assurément pas indifférent pour autant. Une curiosité imparfaite mais pas dénuée d’intérêt à découvrir ce mercredi.

Titre Original: DONNYBROOK

Réalisé par: Tim Sutton

Casting : Jamie Bell, Frank Grillo, Margaret Qualley

Genre: Thriller/Drame

Sortie le: 25 mars 2020 en VOD

Distribué par: Les Bookmakers / The Jokers

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