Critiques Cinéma

THE BOY : LA MALÉDICTION DE BRAHMS (Critique)

SYNOPSIS: Recherchant un environnement calme pour leur fils et ignorant tout de son funeste passé, un couple s’installe dans le Manoir Heelshire. Bientôt le jeune garçon se lie d’une troublante amitié avec une poupée étrangement réaliste qu’il appelle Brahms…

Quatre années se sont écoulées depuis The Boy avant qu’une suite, que personne n’attendait, ne débarque sur nos écrans par la toute petite porte. Toujours réalisé par William Brent Bell, orfèvre réputé pour ses navets aux petits oignons, ce long métrage remporte haut la main la palme de la suite la plus débile et la plus abjecte de ce début d’année. Si le premier volet était loin d’être une réussite (il demeure néanmoins probablement le film le moins mauvais de la filmographie de William Brent Bell), il avait au moins eu pour mérite de nous offrir une fin suffisamment habile et originale pour ne pas être totalement dénué d’intérêt…mais qui fermait en même temps toute perspective utile de suite. Ce qui était très bien. Ni une, ni deux, les producteurs auront quand même trouvé l’idée de pondre un deuxième volet en bricolant ce qui se positionne à la fois comme la totale continuité du premier, tout en reniant intégralement ce qui faisait son sel. Cette suite accouche donc d’un scénario risible et méprisant par rapport à son précédent volet. Réussir à nous énerver en faisant une suite irrespectueuse à un film dont de base nous nous contrefichons était un challenge difficile à relever, mais William Brent Bell et son équipe l’ont réussi haut la main.


Afin de vous conserver l’intégralité de la « surprise » des deux volets (si vous n’avez vu ni l’un ni l’autre), nous ne rentrerons pas dans les détails de cette médiocre licence. A la base cette dernière a attiré notre attention parce qu’elle mettait en scène une poupée réputée « maléfique ». Fans de Chucky devant l’Eternel, y compris devant l’excellente et étonnante surprise que fut son reboot l’année dernière (même si nous restons fidèles à Don Mancini et attendons de pied ferme sa série Chucky sur Syfy), nous guettons régulièrement les dernières nouveautés à base de pantins, et plus particulièrement lorsqu’en plus ce sont des tueurs. Bien évidemment nous sommes toujours déçus, surtout lorsque les campagnes marketing se jouent de nous quant à l’exploitation desdites poupées. The Boy avait la particularité d’être assez stupide et ennuyeux mais avait tout de même réussi à justifier l’existence de sa poupée d’une façon suffisamment ingénieuse, raison pour laquelle nous ne jetons pas ce premier film complètement à la poubelle. Tout le contraire de cette suite qui a tout bonnement décidé de jouer sur plusieurs tableaux à la fois : renier la justification de l’existence de la poupée Brahms pour lui créer de nouvelles origines douteuses (et donc contradictoires avec le parti pris du premier film) et surfer sur la vague de certains autres films de poupées maléfiques mais sans avoir a priori le budget pour le faire (ou alors c’est de la paresse générale). The Boy : La Malédiction de Brahms accouche donc d’une sorte de film aux idées hybrides qui part dans le sens opposé de The Boy dans la théorie, sans avoir les moyens de mettre son nouvel angle d’attaque en pratique. Hallucinant et atterrant. Que dire de bien sur ce film ? Absolument rien. Si vous cherchez quelque chose de divertissant, vous vous ennuierez. Si vous avez apprécié le premier volet, vous ne comprendrez probablement pas pourquoi cette suite existe (tout court ou dans sa forme actuelle) tant elle est irrespectueuse de son aînée et de ceux qui l’ont aimé. Pire, quand bien même The Boy ne brillait par spécialement par ses idées, son intelligence ou son originalité, The Boy : La Malédiction de Brahms propose absolument tout ce qu’il y a de plus éculé et de plus stupide en son sein. Le parfait manuel de tout ce qu’il ne faut pas faire, en tant que film d’horreur et en tant que suite.

Composé de situations toutes plus clichées les unes que les autres, vues et revues jusqu’à l’overdose, avec des jump scare aussi miteux qu’affligeants, le film a l’arrogance de croire qu’il pourra lancer une franchise autour de son premier volet qui était une impasse scénaristique, mais une impasse « intelligente ». Espérons que le public lui donne tort, car cette vaste fumisterie laisse la porte ouverte à une suite supplémentaire et c’est une circonstance aggravante du crime. Au-delà de ces multiples raisons de renier ce The Boy deuxième du nom, nous pouvons rajouter qu’il regorge d’autres éléments qui font lever les yeux au ciel environ toutes les deux minutes. Le pitch de départ met en scène un couple (Katie Holmes et Owain Yeoman) et leur fils (Christopher Convery) qui partent s’installer à la campagne après avoir été victimes d’un cambriolage qui a dégénéré. De cet événement dramatique, Liza (Katie Holmes qui s’est perdue en chemin) est restée traumatisée et Jude (Christopher Convery) est devenu muet. A grand renfort de psychologie de comptoir, créant chez les personnages de Katie Holmes et de Jude des névroses à la mors-moi-le-noeuds (un bon prétexte pour créer des images de cauchemars et y mettre quelques jump-scare sans intérêt) qui ralentiront la famille dans son aventure avec puppet Brahms, le film ne nous épargne rien : toutes les idées sont repompées ailleurs. Nous passerons sous silence le personnage du gentil voisin qui se balade avec son chien et son fusil, et dont la finalité est aussi débile que le reste du film.



The Boy : La Malédiction de Brahms est un film honteux, une suite malade et, nous le redisons, abjecte, qui se laisse clairement le droit de bricoler un troisième volet tout aussi abject. Si jamais il venait à Brahms l’idée de se venger en lisant ces lignes, nous lui recommandons de ne pas venir se frotter à nous, sa nouvelle aventure nous ayant suffisamment ennuyés et énervés pour avoir envie de le transformer en charpie. Une aberration à bannir.

Titre Original: BRAHMS: THE BOY 2

Réalisé par: William Brent Bell

Casting : Katie Holmes, Christopher Convery, Owain Yeoman …

Genre: Epouvante-Horreur, Thriller

Sortie le: 26 février 2020

Distribué par: Metropolitan FilmExport

NUL

 

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