Critiques

GOOD OMENS (Critique Mini-Série) Joyeuse apocalypse à tous …

SYNOPSIS : Un ange tatillon (Michael Sheen) et un démon déjanté (David Tennant), tous deux amoureux de la vie sur Terre, s’allient pour empêcher l’Apocalypse. Mais ils ont perdu la trace de l’Antéchrist, un garçon de onze ans qui ignore tout de son funeste destin : provoquer la fin des temps ! Ils se lancent à sa recherche pour sauver la Terre avant qu’il ne soit trop tard…

Mini-série événement diffusée en 2019 sur la BBC et la plateforme Amazon Prime, laquelle étoffe un peu plus son catalogue déjà bien fourni de créations originales, l’adaptation du best-seller de fantasy parodique, co-écrit par Neil Gaiman et Terry Pratchett De bons présages, a été scénarisée par Gaiman lui-même (pour rappel, Terry Pratchett est décédé en 2015), et réalisée par Douglas Mackinnon. D’emblée, sans avoir lu le livre (car non, nous ne l’avons pas encore lu), on est en droit de penser que cette adaptation, supervisée par son co-créateur, est aussi fidèle que possible à l’œuvre fondatrice. Pour autant, Good Omens apparaît si foisonnante, si pleine d’une multitude de références et d’inspirations diverses, qu’il semble impensable de considérer le matériau comme exhaustif, en l’état. Pourtant, on en a l’intuition, nul doute que cette transposition à l’écran a su donner le meilleur de ce qu’elle pouvait offrir dans un format aussi court. Alors, toutes autres considérations mises à part, Good Omens la série, qu’est-ce que c’est ?

Avant la satire théologique irrévérencieuse, pamphlet savoureux contre les Evangiles, opposant avec brio sacro-sainte bonne conscience du Ciel et noirs desseins ourdis depuis les enfers, Good Omens narre l’irrésistible tout autant qu’improbable bromance entre un démon fan du Velvet Underground et de Queen – dont bon nombres de titres agrémentent joyeusement cette apocalypse mouvementée – et un ange maniéré féru de littérature… et de crêpes Suzette. A cet égard, le choix très réfléchi du duo Michael Sheen/David Tennant réunissant deux des comédiens britanniques les plus réjouissants de leur génération, tient du génie. Tout le sel de cette parodie de fin du monde, traitée avec tout le sérieux que caractérise l’humour subversif anglais, repose nécessairement sur l’ambivalence des intérêts divins dans le « Grand Plan », mais d’avantage encore sur l’amitié antithétique entre Aziraphale – le maton latitudinaire du jardin d’Eden – et Crowley – le serpent de la discorde – qui conjugue deux profils aux antipodes l’un de l’autre, mus par un amour commun : celui de la Terre. Les deux créatures ailées, les deux faces d’une même pièce finalement, se trouvent de fait engagées à leur corps défendant dans un bras de fer millénaire duquel ils se désintéressent de plus en plus, et pour cause ! Loin de l’écrasante bureaucratie de leurs camps respectifs, la vie sur Terre a bien des avantages. Et la fantastique première moitié de l’épisode 3, à mi-chemin de la fin du monde, retrace trois mille ans d’une amitié aussi singulière qu’intrigante, façonnée par le doute et l’appel du libre arbitre, aux conséquences pour le moins imprévisibles…

Sur ce principe du pavé dans la mare, à partir duquel on va observer un certain nombre de vagues, les rouages complexes et supposément bien huilés présidant à l’Apocalypse vont évidemment gripper, pour notre plus grand plaisir. Entre un chasseur de sorcières, le descendant d’un grand inquisiteur, l’héritière d’une prophétesse de génie, l’antéchrist en culottes courtes et les quatre cavaliers de l’Apocalypse, les étincelles vont être légion. C’est caustique, percutant, subtil, terriblement enthousiasmant et diablement savoureux ! D’autant que l’imagination débordante des auteurs a permis à Gaiman de faire figurer à l’écran de multiples scènes aussi cocasses qu’inventives, avec des envolées visuelles (la chevauchée sauvage, la voiture en feu…) ou scénaristiques (l’affrontement de paint-ball, le Jugement dernier…) absolument grisantes. Petit bémol pour la brève apparition de Satan dans le dernier acte (l’occasion d’un caméo à la Smaug pour Benedict Cumberbatch), dont la représentation un peu trop cartoonesque déçoit. Le générique, lui, est un pur bijou fantasque, une étrange parade onirique et fun, en forme de pied de nez à l’Arche de Noé, superbement mis en musique par David Arnold. Autour de Michael Sheen et David Tennant, que leur numéro millimétré de duettistes place au-dessus de tout (et de tous) tant leur alchimie est flagrante, Jon Hamm (Gabriel), Frances McDormand (Dieu), Mireille Enos (Guerre), Miranda Richardson (médium) et Michael McKean (chasseur de sorcières), entre autres, composent une cohorte aussi turbulente que récréative. On se prend rapidement au jeu de cette fin du monde moins dramatique que prévu avec, en-dehors d’un léger décrochage lorsque l’antéchrist (Sam Taylor Buck) tyrannise son petit royaume et ses (trois) sujets, un appétit croissant au fil des épisodes.

Sans doute, l’adaptation de cette farce théologique, qui trouve aujourd’hui un écho particulier avec notre monde balloté de tous côtés par des menaces de plus en plus pressantes, est-elle tombée à point nommé. En tout cas, la mini-série a, semble-t-il, été un franc succès, et à juste titre, puisqu’elle remplit à la perfection son cahier des charges de l’absurde et du fantastique. Il se murmure qu’Amazon aurait approché Neil Gaiman pour donner une suite aux aventures d’Aziraphale et Crowley (Rampa en VF), initialement prévue par Pratchett et lui d’ailleurs, avant sa disparition. On ignore par quel bout prendre cette rumeur, mais elle nous plaît bien… On aimerait bien savoir ce qu’il en est du « Plan Ineffable »… mais ne dit-on pas que « les voies du Seigneur sont impénétrables » ? En attendant, joyeuse apocalypse à tous !

DÉTAIL DES SUPPLÉMENTS :

• Du livre à l’écran • L’univers d’Aziraphale • L’univers de Rampa • Visite de la librairie • Conception des effets spéciaux • Scènes coupées* • Storyboard • Concept Art • Les costumes • La compilation de Queen* • Les personnages de Good Omens • L’univers de Good Omens • Commentaires audio* (*bonus en VO uniquement)

Crédits: KOBA Films  

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