Critiques Cinéma

EN AVANT (Critique)

SYNOPSIS: Dans la banlieue d’un univers imaginaire, deux frères elfes se lancent dans une quête extraordinaire pour découvrir s’il reste encore un peu de magie dans le monde. 

En 2020, comme ce fut le cas en 2015 avec Vice-Versa et Le Voyage d’Arlo, les studios Pixar nous amènent deux nouveaux films : En Avant et Soul, prévu pour cet été. Deux créations originales, après la vague de prequels/sequels qui auront pu décevoir ces dernières années (Cars 3, Monstres Academy, Le Monde de Dory, Les Indestructibles 2…) malgré, souvent, leurs auteurs initiaux derrière la caméra. Pixar a en effet décidé de mettre au placard de potentielles suites à ses hits pour le moment, pour se concentrer sur de nouveaux univers, et de nouveaux personnages. On commence donc avec En Avant de Dan Scanlon, déjà à la barre du sympathique Monstres Academy en 2013. Avec ce nouveau film, il signe une aventure d’heroic fantasy dans un monde où modernité et tradition ont bien du mal à cohabiter… Si l’insistance sur ce fait peut être étonnante, 2020 fait définitivement écho à l’année 2015 pour Pixar. D’un côté, une aventure aux accents métaphysique questionnant notre humanité et notre fonctionnement, prenant les émotions comme point de départ dans Vice-Versa, et l’âme humaine (pourquoi faire simple) dans Soul. On pourrait donc penser que En Avant, et son drame familial, créent des ponts thématiques avec Le Voyage d’Arlo, où un orphelin part dans une quête initiatique après le décès de ses parents. Soyez rassurés, si les thématiques d’Arlo sont bien présentes dans En Avant, ce dernier a quand même de meilleures choses à défendre. S’inspirant de la vie de Dan Scanlon dont le père est décédé lorsqu’il était jeune, En Avant est un buddy-movie fraternel où deux frères partent en road-trip à la recherche d’un sort pour faire revivre leur défunt paternel le temps d’une journée. Si l’on se doute que les péripéties vont rendre la situation plus compliquée que prévue, c’est le voyage qui compte, et, en dépit de chemins balisés, il enchante agréablement.

Dès ses premières minutes et l’introduction de ce monde de fantasy où les technologies ont remplacé la magie (de la même manière que le dessin traditionnel a été viré au profit de l’animation 3D chez Disney?), En Avant surprend par ce monde tiraillé entre deux identités, et où les légendaires licornes d’hier sont les ratons-laveurs d’aujourd’hui. Nous présentant rapidement la famille au cœur de l’histoire, le film ne perd pas de temps à mettre en place son intrigue, avec une forte émotion déjà présente : la mort, à la manière d’un Coco ou d’un Là-Haut, est définitivement une composante essentielle du film. S’ensuit un voyage à bord d’un van, Guinevre, forcément marqué par des péripéties en tout genre et assez inégales. Si un passage avec des fées bikers fait rire, on sera plus perplexes en voyant une policière, officiellement premier personnage lesbien de l’histoire de chez Disney, en proie à un dialogue quiproquo avec les deux frères. L’ensemble se révèle inégal, tant en matière d’écriture ou même de visuels, où rien n’arrive à la cheville de précédents films ; le photo-réalisme de Toy Story 4, notamment, n’est à trouver nulle part ici.

Mais le charme du film réside justement dans son humilité et son procédé. Scanlon a conscience que l’histoire qu’il raconte, toute intime qu’elle est, trouvera forcément un écho auprès du public. N’avons-nous pas tous perdu un proche, après tout ? Alors il en profite, rendant universelle l’appréhension de la mort, et la peur qui y est liée. Un dialogue poignant entre les deux frères, est notamment ce que Pixar a écrit de plus sombre, funèbre, et pourtant le film se révèle lumineux, optimiste, et somme toute apaisé. Surtout, il encourage l’acceptation de figures paternelles autres que le père lui-même. Car nous avons tous et toutes besoin de figures pour nous apprendre à nager, à découvrir la culture, et tout simplement à partager ; mais au fond, ce n’est pas tant le père qui importe, que la personne qui vous aide à vous accomplir. Cela peut être une maman, une sœur, ou un frère comme ici : mais encore une fois, le message de Pixar fait mouche, et cumule dans un dernier quart d’heure émouvant, qui fera sûrement couler une larme à certains parmi vous. Il est presque dommage que la forme soit si fonctionnelle, les textures étant approximatives d’une scène à l’autre, car En Avant se révèle touchant, divertissant, et drôle quand il le faut. A signaler également, que si le doublage anglais a été fait par le duo Chris Pratt/Tom Holland, il faut reconnaître que le duo français en charge, mené par Pio Mamaï et Thomas Soliverès, se charge de la traduction d’une belle manière. Un plaisir à voir autant en VO qu’en VF, donc.

Titre Original: ONWARD

Réalisé par: Dan Scanlon

Casting : Thomas Solivérès, Pio Marmai, Tom Holland …

Genre: Animation, Fantastique

Sortie le: 04 mars 2020

Distribué par: The Walt Disney Company France

3,5 STARS TRES BIENTRÈS BIEN

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s