Critiques Cinéma

EFFRACTION (Critique)

SYNOPSIS: L’existence de la famille Miller peut sans problème passer pour idéale. Kyle, négociant en diamants, et Sarah, architecte, vivent confortablement avec leur fille Avery, une adolescente un peu rebelle, dans une luxueuse demeure ultra sécurisée que Sarah a d’ailleurs dessinée. Un soir, après une dispute avec sa mère, Avery monte s’enfermer dans sa chambre. Lorsque deux policiers se présentent à la propriété en demandant à voir tout le monde, les Miller s’aperçoivent qu’Avery est partie… Kyle ouvre pour accueillir les policiers, et le cauchemar commence… 

Tout récemment, l’auteur de ces lignes s’est interrogé : « Oui, c’est super cool que Parasite soit devenu un tel phénomène critique et public, surtout que dans le genre stalker-movie où une famille pauvre s’introduit chez une famille riche, c’est quand même bien mieux que bon nombre de stalker-movie sans âme à l’image de… « . Presque au même moment, il était en train de revoir quelques très bons films comme Phone Game ou Tigerland, et avait fini par se dire : « Tiens, c’est vrai que ça fait un bail qu’on n’a pas vu Joel Schumacher aux commandes d’un long-métrage, vu que son dernier film en date était… « . Et peu de temps avant, il n’hésitait pas à assumer son admiration pour la carrière totalement punk et pétée du grand Nicolas Cage, alternant projets géniaux et navets pas possibles, au point de se dire : « Ouais, ce cher Nico continue de donner la pleine mesure de son génie dans des films fous comme Mandy ou Color Out of Space, et ça fait plaisir de le voir faire autre chose que rembourser ses dettes au fisc en acceptant des projets alimentaires du niveau de… « . Ces trois phrases se terminent en réalité par le même mot : Effraction. Soit un prototype de thriller bancal et basé sur une stratégie de producteur sans scrupules, prétextant d’un concept à la Panic Room écrit en trois jours par un gros neuneu, histoire que deux acteurs oscarisés et un reliquat de seconds couteaux recrutés à l’instinct se retrouvent coincés dans un projet emballé fissa à moindre frais. Si l’on vous précise en plus que le film a traîné pendant longtemps dans les tiroirs de son studio avant de finir expédié en France via une sortie technique en plein milieu de l’été 2012, vous ne serez donc pas étonnés. Le plus drôle, c’est que le film ne fait même pas l’effort de paraître un minimum crédible dans ce qu’il propose.

Grosso modo, l’acteur autrefois oscarisé de Leaving Las Vegas incarne ici un riche vendeur de diamants qui vit dans une baraque à douze mille patates avec une femme adultère (Nicole Kidman) et une adolescente déjà bien tête-à-claques (Liana Liberato). Un cadre d’opulence capitaliste où tout le monde semble s’emmerder comme dans un film d’auteur pour bobos, et qui bascule dans l’horreur le soir où une bande de malotrus assoiffés de diamants investit la maison et prend la famille en otage. Le pitch d’Effraction aurait presque de quoi rappeler l’horrible Kidnappés de Miguel Angel Vivas, mais avec toutefois une sève narrative plus intéressante : en effet, au fur et à mesure des révélations qui sous-tendent l’intrigue, on pense avoir capté ici et là un regard assez sarcastique et lucide sur la façon dont deux familles (l’une riche, l’autre pauvre) basent leur quête du rêve américain sur des chimères, des mensonges et des actions irraisonnées. Le souci, c’est que Joel Schumacher – pas ici au mieux de sa forme – ne fait même pas l’effort de corriger les invraisemblances et de remplir les trous d’écriture d’un script visiblement torché à la hussarde. Dès le début de la prise d’otage, on comprend tout de suite que la famille de riches va vivre une soirée en compagnie des braqueurs les moins doués du monde : alors que ces trois ou quatre cagoulés pourraient en principe prendre trois minutes chrono à régler leur vol de diamants, les voilà qui se mettent soudain à montrer leur visage au premier coup de chaud, à s’appeler par leurs prénoms à voix haute devant leurs propres otages ou les quelques flics qui sonnent parfois à la porte (!), et à raconter leur vie ou à s’embrouiller entre eux pendant des plombes. Bon, on veut bien croire qu’ils soient des amateurs, mais quand même…

De ce fait, Effraction se transforme vite en grosse comédie involontaire, à peine tenue debout par une photo soignée et des cadres relativement corrects, et durant laquelle notre attention finit par se focaliser en majorité sur des détails plutôt absurdes. Par exemple, dans la mesure où Nicolas Cage continue d’accepter tout et n’importe quoi pour des raisons purement financières et où la filmo post-90’s de Nicole Kidman frise désormais tellement le champ de betteraves qu’on serait prêts à la juger comme une actrice surestimée, il est intéressant de juger à quel point le degré zéro de leurs prestations découlent en partie du fait que leurs visages respectifs n’ont désormais plus rien à voir avec celui qui marqua leur âge d’or hollywoodien. Les injections de botox faisant aujourd’hui des ravages (ceux qui ont vu récemment la miss Kidman dans Scandale comprendront…), Effraction nous permet ainsi d’étudier de près deux écoles de la chirurgie esthétique pour stars ridés du cinoche US. En gros, côté Nicolas, nous avons la méthode qui consiste à s’injecter du gras dans une tronche trop élastique afin de rendre celle-ci aussi potelée qu’un postérieur de divinité grecque, et côté Nicole, on fait plus radical en passant à la ponceuse un faciès poudré et régulièrement lézardé jusqu’à obtention de la gueule de Voldemort. Tout cela paraît bien triste à voir, mais si l’effraction du titre devait être principalement celle du botox, il aurait mieux valu choisir le scénario comme cible principale, histoire d’obtenir un film solide et dépourvu de trous d’air narratifs. En l’état, on est juste pris en otage dans un gros n’importe quoi qui fait davantage rire que frémir. A prendre au dixième degré, donc.

Titre Original:  TRESPASS

Réalisé par: Joel Schumacher

Casting : Nicolas Cage, Nicole Kidman, Ben Mendelsohn …

Genre: Drame, Thriller

Sortie le: 18 juillet 2012

Distribué par: Metropolitan FilmExport

PAS GÉNIAL

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