Critiques Cinéma

FEU DE GLACE (Critique)

SYNOPSIS: Alice Loudon mène une vie quelque peu ordinaire mais heureuse avec son compagnon Jake dans leur appartement londonien. Elle occupe un poste enviable dans un laboratoire scientifique.
Cependant, un jour, elle croise, en se rendant à son travail, un jeune homme dans la rue. Elle se sent aussitôt attirée par sa beauté et son aspect mystérieux. Alice se laisse emporter par son instinct et, sans même lui demander son nom, le suit jusqu’à son appartement où ils font l’amour sans retenue. Cet homme étrange se nomme Adam Tallis et a récemment sauvé la vie de plusieurs personnes lors d’une expédition en montagne.
Alice délaisse alors sa relation confortable et stable avec Jake pour se marier deux mois plus tard avec Adam. Cependant, elle ne tarde pas à avoir des doutes sur la véritable personnalité de son nouvel amant en apprenant les décès suspects de trois de ses anciennes petites amies. 

Voilà vraiment le genre d’énormité qui laisse bouche bée et qui fait la joie du cinéphile déviant, trop content d’enchaîner les fous rires nerveux face à un projet qui coche toutes les cases de l’improbable. En la matière, Feu de glace constitue un plaisir coupable de premier choix pour spectateurs mâles – bourgeois de préférence – qui font mine d’avoir l’air propres sur eux pour mieux laisser libre cours à leurs pulsions salaces. Les producteurs de cet ersatz bancal de Basic Instinct – lui-même mixé avec une version érotico-cheap de Soupçons – ont en effet trouvé l’idée-maîtresse pour faire plaisir à tous ceux qui cherchent dans la racole porno-chic une caution culturelle, histoire de ne pas faire flipper leur moitié. Et c’était quoi, l’idée ? Offrir tout simplement le poste de réalisateur de la chose à un cinéaste étranger, chinois en l’occurrence et estampillé « invité récurrent des festivals », dont la démarche créative s’était jusqu’ici limitée à aligner du folklore pseudo-culturel et déconnecté de la réalité, histoire de flatter l’ego de tous ceux qui rêvent de recevoir clés en main une vision occidentale d’une culture qui n’est pas la leur. Autant dire qu’avec Chen Kaige, promoteur roublard d’une culture chinoise caricaturée qui lui aura pourtant valu une Palme d’Or en 1993, on a décroché le pompon. Cela dit, le voir passer subitement d’Adieu ma concubine à « Salut ma pouliche « , qui plus est avec une ambition stylistique qui frise le néant absolu, a le bon côté de le voir se délester de toute prétention d’artiste. Tout comme le fait d’entendre la bombe Heather Graham dire que Feu de glace contient le degré de passion qui a toujours manqué au cinéma d’Alfred Hitchcock nous prouve bien qu’un abus de marijuana peut vous faire dire n’importe quoi.

Disons-le carrément : (re)voir Feu de glace après s’être farci l’infâme saga des Cinquante nuances… se révèle particulièrement agréable : au moins, ici, pas de manuel du « Parfait Petit Puritain » déguisé en publicité pour les joies du SM conjugal, mais un pur revival des fameux dimanches soirs de M6 où l’intérêt réside plus dans le rinçage d’œil que dans une intrigue dont on se fiche comme de notre dernière capote. Adaptation du plus grand succès d’un tandem d’écrivains anglais qui firent pendant longtemps les joies de France Loisirs (ouille !), ce thriller à la libido débridée fait donc se rencontrer la belle Alice, sorte de donzelle en mini-jupe, et le bel Adam, alpiniste hors pair. Le temps de quelques piments érotiques installés par son hidalgo au regard de braise (joué par un Joseph Fiennes à fond dans l’inflexion des sourcils), c’est peu dire que madame se sent plus à l’aise avec ce nouvel amant qu’avec son beauf de petit ami qui cale sous la couette et qui braille devant le match de foot à la télé. Mais le jour où elle s’aperçoit qu’Adam cache un passé particulièrement obscur et que sa dernière conquête est décédée dans un étrange accident d’escalade en plein Himalaya, la fameuse « alerte psychopathe » est soudain envisagée. Dès lors, plus rien ne tient debout, à commencer par une révélation finale grillée dès la première demi-heure et par une interprétation transparente, la fadeur de Joseph Fiennes (bien moins doué que son frère Ralph) égalant sans peine l’écarquillement des yeux et la bouche en cul de poule d’une Heather Graham qui a toujours l’air de se demander ce qu’elle fait là.

C’est surtout que la belle blonde révélée par Boogie Nights n’a visiblement pas été engagée pour son talent d’actrice (pourtant bien réel) mais pour sa désinhibition totale. Formaté uniquement dans le but de lui faire ôter ses vêtements dès que possible et de la filmer dans des positions suggestives que la morale réprouve, Feu de glace ne vaut que pour ses parties de jambes en l’air, assimilées plus d’une fois à tout un topo sur la perte d’oxygène en altitude ou chez le poisson extrait de son aquarium (on vous laisse décoder la symbolique…). Lesquelles atteignent ici des sommets lors d’une scène de baise hilarante où, au beau milieu d’un mobilier de Cocktail Scandinave déguisé en chalet de montagne, la donzelle se laisse pendre délicatement à une poutre, s’abandonnant ainsi au plaisir sulfureux du bondage et de la suffocation (au passage, merci à la voix off bien casse-couilles de paraphraser ce que l’on voit à l’écran !). Certes, c’est plutôt joli et excitant à regarder, mais on se retient surtout de pouffer de rire devant ce qui s’apparente à un cliché grotesque pour porno-soft des troisièmes parties de soirée de la TNT. C’est en tout cas le seul argument en faveur d’un statut de pêché mignon qui puisse permettre à ce film de trouver valeur aux yeux de ses spectateurs. Autant dire que vous tenez là un nanar grand luxe si vous êtes de ceux qui n’aiment pas dire tout haut ce à quoi ils pensent le plus souvent. Et si votre copine a le malheur de vous surprendre la main au fond du caleçon pendant le visionnage, pas de panique, dites-lui que c’est du cinéma d’auteur ! La conscience tranquille, il n’y a rien de tel…

Titre Original: KILLING ME SOFTLY

Réalisé par: Chen Kaige

Casting : Heather Graham, Joseph Fiennes, Ian Hart…

Genre: Thriller, Drame, Erotique

Sortie le: 05 juin 2002

Distribué par: Metropolitan FilmExport

ASSEZ MAUVAIS

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