Critiques Cinéma

LE REPTILE (Critique)

SYNOPSIS: Paris Pitman Jr., prisonnier à la forte personnalité, se sert de l’humanisme du nouveau directeur pour préparer son évasion. Il manipule ses co-détenus pour obtenir leur aide.

Avant-dernier film du légendaire Joseph L. Mankiewicz (All About Eve, L’affaire Cicéron, Cléopâtre…), Le Reptile (There was a crooked man en anglais) sera le seul western du réalisateur alors que le genre a tendance à s’essouffler à cette époque. Il réalisera Le Limier deux ans plus tard avec Michael Caine et Laurence Olivier et se retirera définitivement de la vie hollywoodienne. Il faut toujours revenir au film qui a dynamité le western un an plus tôt : La Horde Sauvage de Sam Peckinpah. La figure du héros a été fortement malmenée sous la caméra du metteur en scène américain et Mankiewicz prolonge ce travail  dans ce Reptile. Il donne d’ailleurs le rôle principal à une figure héroïque bien connu du cinéma américain : Kirk Douglas. L’acteur qui vient tout juste de disparaitre joue donc un bandit, un vrai malfrat qui vole l’argent caché d’une famille puis le cache à son tour dans le désert pour en profiter ultérieurement. Arrêté alors qu’il se trouve dans un bordel, il se retrouve dans une prison en plein désert de l’Arizona. Malheureusement, malgré un certain attrait pour ce postulat de départ, on sent le metteur en scène ainsi que le casting en totale roue libre. Il faut dire d’emblée que le ton du film est très sarcastique : Mankiewicz veut avant tout faire passer certaines de ses idées sur le ton du divertissement et du cynisme sans une grande implication en terme de mise en scène. Pour déconstruire encore un peu plus le mythe, Douglas est confronté à un autre acteur phare de sa génération : Henry Fonda. Ce dernier interprète le directeur de prison qui n’a pas une once de la figure mythologique du cowboy de l’ouest imaginée par John Ford.

Dès sa première apparition, on sent ce personnage à la fois lâche et naïf et la suite ne peut que nous donner raison, surtout sur sa crédulité. Il pense qu’il sera l’homme qui réussira à fédérer les prisonniers autour de lui. Dans un premier temps, on peut penser, même méfiant, que le metteur en scène fait souffler un certain vent d’humanisme sur son récit, l’idée étant que chaque homme a le droit de se racheter de ses pêchés.

Le spectateur peut commencer à se reposer sur le personnage de Kirk Douglas, qui, bien qu’immoral, devient au fur et à mesure attachant en prônant le collectif avec notamment le partage de sa future richesse entre tous ses camarades de cellule. Le quotidien des prisonniers commencent à s’améliorer avec l’introduction de bains réguliers et de la construction d’une salle de repas beaucoup plus confortable. En effet, avant l’arrivée du nouveau directeur, le quotidien carcéral est au départ assez inhumain avec des travaux physiques titanesques. L’amitié naissante entre Fonda et Douglas laisse également penser que l’histoire prend un tournant philanthrope.

C’était sans compter sur une dernière demi-heure à l’opposée de ce que le metteur en scène a introduit pendant la deuxième partie du film. Chaque personnage revient à sa petitesse, à sa lâcheté. Fonda voit tous ses efforts réduits à néant par ses prisonniers auxquels il s’était attachés. Douglas, beau parleur et rassembleur, redevient ce salaud obsédé par l’argent qui était à deux doigts de passer pour sympathique. Est-ce que Mankiewicz veut nous parler d’Hollywood où aucun ne peut être racheté, où la nature nuisible de chacun revient au galop. Ce film, très imparfait, est donc plutôt fascinant quand on connait la carrière du réalisateur plutôt que par le film en lui-même. On voit un réalisateur assez peu impliqué sur l’histoire, sur ces personnages mais se concentre uniquement sur le message très désabusé et misanthrope.

Titre Original: THERE WAS A CROOKED MAN

Réalisé par: Joseph L. Mankiewicz

Casting : Kirk Douglas, Henry Fonda, John Randolph …

Genre: Aventure, Comédie, Western

Sortie le: 19 septembre 1970

Distribué par: –

BIEN

 

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