Critiques Cinéma

L’AMOUR A TOUT PRIX (Critique)

SYNOPSIS: Lucy se sent seule et ne sait comment aborder l’élégant avocat Peter Callaghan, qu’elle voit passer chaque jour devant son guichet de métro. Mais l’occasion lui est donnée de lui sauver la vie. A la suite d’un quiproquo, la voilà adoptée par la famille de Peter. Elle y découvrira que son Prince Charmant n’était peut-être pas le bon…

Avec ce synopsis un peu tiré par les cheveux, on pouvait s’attendre au pire de la comédie romantique nunuche mais tout de suite on est surpris par le ton mélancolique du film. Chicago, il fait froid, c’est la période des fêtes de fin d’année et Lucy rêve du bel usager qu’elle voit passer tous les matins, elle qui travaille pour le métro de la ville. Lucy est terriblement ordinaire (timide, seule), ce qui en fait un personnage vraiment attachant. En effet, elle s’habille en jean et gros pull, ne se coiffe pas toujours, vit seule dans un petit appartement avec son chat, se fait discrète donc parle peu (de toute façon personne ne la remarque vraiment), et a tendance à la rêverie, isolée du reste du monde derrière sa vitre. Le titre français est trompeur : L’Amour à tout prix fait penser à une comédie un peu lourdingue alors que le ton doux du film se rapproche beaucoup plus de son titre anglais : While you were sleeping (« pendant que tu dormais »). Il nous parait donc bien plus approprié car c’est l’histoire d’un éveil (Lucy étant plus ou moins ‘endormie’, c’est-à-dire coincée dans sa routine solitaire). Certes, il y a des situations de comédie, car toute l’histoire repose sur le quiproquo et l’imposture de Lucy, avec un mensonge qui finit par prendre des proportions insoupçonnées. Néanmoins, c’est avant tout un conte de fées avec des gens ordinaires : l’homme que Lucy aime est-il vraiment le bon ? Comme le dit l’accroche de l’affiche américaine « A story about love at second sigh », soit un film qui ne parle pas du coup de foudre mais d’un amour qui prend son temps. Et c’est suffisamment rare au cinéma, et plus particulièrement au sein du genre de la comédie romantique pour être noté. L’Amour à tout prix explore les apparences, le fantasme et l’idéalisation, et a contrario le fait de prendre un risque en donnant une chance à quelqu’un. Il parle également des classes sociales en mettant en scène des personnages provenant ou ayant atteint des classes sociales différentes (agente de métro, vendeur, avocat), tout en mettant en avant le travail des artisans. Encore une fois, c’est rarement décrit sur grand écran et c’en est d’autant plus appréciable ici. Enfin, c’est un long-métrage qui célèbre la famille (sans être lourd), que ce soit la famille qu’on a déjà, et celle qu’on se crée, celle qui vous adopte. Liens du sang et liens du cœur. A travers des événements simples (pour une histoire qui ne l’est pas), comme un dîner ou une balade dans la ville, c’est un film véritablement chaleureux qui célèbre la générosité et le vivre ensemble. Ce petit rappel, bien qu’idéalisé, fait du bien en ces temps difficiles.

La réalisation classique de Jon Turteltaub (qu’on connaît pour Rasta Rockett et les deux volets de Benjamin Gates) fait la part belle à ses personnages (notamment via des scènes de groupe) mais surtout à Sandra Bullock. L’actrice, qui sortait tout juste du succès de Speed l’année précédente, trouve l’un de ses meilleurs rôles en girl next door triste et pourtant adorable et lumineuse. Son partenaire à l’écran, Bill Pullman (Lost Highway, Casper, Independence Day), est parfait en homme un peu rustre de prime abord. Leur alchimie est surprenante. Le reste du casting est impeccable, que ce soit Peter Gallagher (déjà vu plusieurs fois chez Steven Soderbergh, et dans la série Newport Beach), Peter Boyle (connu pour la série Tout le monde aime Raymond) ou le grand Jack Warden (l’un des 12 hommes en colère de Sidney Lumet) ainsi que certains seconds rôles cocasses (notamment le voisin Joe Jr., campé par Michael Rispoli, qu’on verra ensuite chez Les Sopranos).

Certain.e.s verront Lucy comme une « stalkeuse » (harceleuse), mais nous ne partageons pas vraiment cet avis car, en termes de personnage obsédé par une personne, on est loin de la récente série You ou du premier film de Clint Eastwood en tant que réalisateur, Un frisson dans la nuit (1971). Pour Sandra Bullock, le succès surprise du long-métrage lui permit d’assoir sa renommée (le film rapporta 10 fois son budget au box-office) ainsi que de décrocher sa première nomination aux Golden Globes (avant de le remporter pour The Blind Side en 2010). Charmant, tendre, drôle, et vraiment chaleureux, L’Amour à tout prix est un film parfait pour Noël mais pas que car on ne se lasse pas de le (re)voir et qu’on vous le recommande donc fortement!

Titre Original: WHILE YOU WERE SLEEPING

Réalisé par: Jon Turteltaub

Casting : Sandra Bullock, Bill Pullman, Peter Gallagher …

Genre: Romance, Comédie dramatique

Sortie le: 16 août 1995

Distribué par: Gaumont Buena Vista International

EXCELLENT

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