Critiques Cinéma

PLAY (Critique)

SYNOPSIS: En 1993, Max a 13 ans quand on lui offre sa première caméra. Pendant 25 ans il ne s’arrêtera pas de filmer. La bande de potes, les amours, les succès, les échecs. Des années 90 aux années 2010, c’est le portrait de toute une génération qui se dessine à travers son objectif. 

Et si on jouait à recréer sa vie histoire de se souvenir des belles choses. Si, le temps d’un film, on pouvait revivre les petits riens qui font les grandes choses, ces moments volés au temps, qui deviennent des bulles de bonheur auxquelles se raccrocher quand tout part à vau-l’eau. Six ans après le savoureux Les Gamins et quatre ans après une gigantesque plantade (Robin des bois, la véritable histoire) Anthony Marciano et son comparse Max Boublil reviennent aux affaires dans une veine personnelle avec Play, un film au sujet à priori casse-gueule: raconter la vie d’un homme et de sa bande de copains, qui passe son temps à filmer les petits et grands évènements de son existence de son adolescence à l’âge adulte. Si raconter une tranche de vie s’avère déjà souvent une gageure, le faire sur la durée rend l’expérience extrêmement délicate, qui plus est ici, en choisissant le dispositif déjà très usité du found footage. Si tant est que vous ne sachiez pas à quoi vous attendre, vous serez peut-être décontenancés par ce parti pris narratif, bien que l’on finisse par s’y faire, mais ce choix tranché est assumé de bout en bout ce qui assoit considérablement sa crédibilité et s’avère un véritable choix d’auteur, droit dans ses bottes et ses convictions. La grande force de Play est de restituer ce sentiment de vécu et de trouver les bonnes références pour toucher tous les ex-enfants des années 90 et de parvenir, ô miracle, à dépasser ce cœur de cible et à se transformer en juke box mémoriel pour quiconque a eu une enfance et une adolescence.

Si Play parvient à toucher avec autant de justesse et d’acuité ses spectateurs, c’est qu’il se pose en parfait miroir pour y retrouver des sensations universelles et ce avec autant de force que les souvenirs personnels. Que ce soit les évènements collectifs majeurs de la société (la victoire de la Coupe du Monde en 1998, le passage au nouveau millénaire…), les moments de vie intimes, familiaux, amicaux, amoureux et ces instants perclus de chaleur humaine où l’émotion affleure par intermittences ainsi que les différentes périodes de la vie qui voit les parcours croisés de ce groupe d’amis avancer de manière sinusoïdale, Play se branche sur les pulsations réalistes de l’existence pour nous toucher d’une manière totalement inattendue. Difficile de rattacher le film de Marciano a une œuvre déjà existante même si l’on pense à une tripotée de teen-movies ou au sublime Boydhood pour cet « écho vibrant, honnête et juste d’une existence en devenir ».

En plus d’une vraie justesse d’écriture, d’une sensibilité et d’un humour mordant qui tape souvent juste, d’une bande son formidable et variée, Play bénéficie d’une distribution totalement à son avantage, des jeunes comédiens aux interprètes confirmés et c’est l’osmose entre tous qui concourent à la réussite d’un film singulier et sincère qui mixe les genres avec un vrai regard sur ceux qu’il aborde, que ce soit la teen comedy, la comédie romantique ou le film de potes. Si Play semble caler par moments sur des situations moins savoureuses et plus anecdotiques, il n’en reste pas moins qu’il parle avec cœur de tout ce qui fait le moteur de nos vies. Des parents interprétés par les géniaux Alain Chabat et Noémie Lvovsky aux jeunes copains de cette bande d’amis par laquelle on voudrait évidemment être adopté (joués notamment par Max Boublil, Alice Isaaz, Malik Zidi...), de l’écriture maitrisée en passant par la bonhomie qui transpire de ces images, Play nous fait rejouer des morceaux de nos vies dans lesquels on adore se lover. Si le found footage est parfois lassant, Anthony Marciano renvoie avec Play un reflet d’honnêteté et sincérité si touchant qu’on ne peut que s’identifier à ce kaléidoscope universel. Ce sont eux, vous, nous que l’on voit vivre sur l’écran et dont le cœur palpite.

Titre original: PLAY

Réalisé par: Anthony Marciano

Casting: Max Boublil, Alice Isaaz, Malik Zidi

Genre: Comédie

Sortie le: 1er janvier 2020

Distribué par : Gaumont Distribution

TRÈS BIEN

 

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