Critiques

THE MANDALORIAN (Critique Saison 1 Épisodes 1×01 – 1×02) Prendre son temps et progressivement gagner en profondeur….

SYNOPSIS: Après les aventures de Jango et Boba Fett, un nouveau héros émerge dans l’univers Star Wars. L’intrigue, située entre la chute de l’Empire et l’émergence du Premier Ordre, suit les voyages d’un chasseur de primes solitaire dans les contrées les plus éloignées de la Galaxie, loin de l’autorité de la Nouvelle République.

Le 12 novembre dernier en Amérique du Nord, la nouvelle plate-forme de streaming payante de Disney, sobrement baptisée Disney +, a été lancée . C’est un nouvel énorme joueur qui entre dans ce qu’on appelle depuis un moment maintenant les « Streaming Wars », soit la guerre que se livrent les plateformes historiques (Netflix, Amazon Prime, Hulu pour les plus connues) et les nouveaux players (Apple TV +, Disney + et, à venir, HBO Max ou encore Peacock). L’objectif de cette guerre? Se tailler la part du lion d’un marché de 22,6 milliards de dollars (on parle de 30 milliards horizon 2022), représentant des centaines de millions d’abonnés (on en est à 613 millions toutes plateformes confondues). L’arme atomique dans cet affrontement sans pitié? Des contenus (entendez films, séries, spectacles ou documentaires) que le public a très envie de voir. Ces contenus peuvent autant être des classiques (voire les liasses de dollars posées sur la table pour acquérir les droits des Friends, The Office ou The Big Bang Theory de ce monde), des nouvelles « marques » (Stranger Things, The Handmaid’s Tale ou The Marvelous Ms Maisel), ou d’anciennes franchises remises au goût du jour, avantageuses parce que le public les connait déjà et ira plus naturellement vers elles. Dans cette catégorie, c’est évidemment Disney qui tire son épingle du jeu, l’entreprise pouvant surfer sur son catalogue aussi profond que le sac à main de Mary Poppins. Au jour de son lancement, Disney + proposait environ 500 films et 7000 épisodes de série. Si on parle de 35 créations originales attendues la première année sur la plateforme, l’une des plus prestigieuses était déjà disponible Day 1: la nouvelle série Star Wars, The Mandalorian.

Il y a deux façons de regarder The Mandalorian: comme une classique série SF, ou comme le dernier nouvel élément de la mythologie Star Wars. Ne nous mentons pas, 99% du public qui a déjà vu les deux premiers épisodes de la série (les deux seuls disponibles à l’heure où ces lignes sont écrites) l’ont fait parce que The Mandalorian est une série Star Wars. Et c’est bien légitime: tout ce qui est sorti ces dernières années dans l’univers des Jedi, hors trilogie, est vraiment intéressant. Loin de nous l’idée de lancer un débat sans fin, mais oui, Solo était un excellent divertissement, et oui, Rogue One apportait une bouffée d’oxygène revigorante à une saga écrasée par son propre héritage, et qui slalome entre remake et reboot depuis que Kathleen Kennedy en a repris les commandes.

Les attentes étaient donc hautes pour cette série, et la hype proportionnelle à l’escalade de noms prestigieux qui se retrouvaient associés au projet. Jon Favreau d’abord, le showrunner de The Mandalorian: il est l’un des pères fondateurs du Marvel Universe (il a réalisé le premier Iron Man), pionnier également des adaptations live des classiques de Disney, avec Le Livre de la Jungle (puis Le Roi Lion), et, accessoirement, producteur, scénariste et metteur en scène inspiré. Dans son pool de réalisateurs, de solides artisans: Deborah Show (Better Call Saul, American Gods, Mr. Robot), Dave Filoni (fidèle scénariste de l’univers Star Wars animé, pour Clone Wars, Resistance et Rebels) et Rick Famuyiwa (auteur-réalisateur de l’excellent Dope). Mais aussi deux prestigieuses guests: Bryce Dallas Howard d’abord, fille de Ron Howard, le réalisateur de Solo, et réalisatrice de plusieurs courts, de documentaires ou épisodes de série. Et surtout ce bon vieux Taika Waititi, qui a ravi le titre de Néo-Zélandais le plus connu du 7e Art à Peter Jackson depuis What we do in the Shadows et Thor: Ragnarok. Devant la caméra The Mandalorian se paie trois seconds rôles de luxe: la légende Nick Nolte (on vous met au défi de le reconnaître dans le premier épisode!), Carl-Apollo Creed-Weathers, vu dans les 4 premiers Rocky donc, ou encore dans Predator, et surtout le réalisateur Werner Herzog, parfaitement à sa place en inquiétant officier de l’Empire disparu. Enfin, le rôle-titre revient au trop rare Pedro Pascal, révélé au monde grâce à son rôle d’Oberyn Martell dans Game of Thrones, et qui depuis ne commet pas un faux pas.

Tout ce beau monde nous offre une série qui ne peut que ravir les fans de Star Wars. En effet, on se déplace de planète en planète, suivant un Mandalorien, race de Bobba et Jango Fett, les deux mercenaires de l’espace les plus connus après Han Solo. Une rumeur a d’ailleurs longtemps existé, celle d’un projet de film ou d’une série autour de l’un des deux bounty Hunter. Il semble que The Madalorian ait fini par remplacer ce projet. Les Mandaloriens ne sont pas les seules créatures qui réapparaissent dans la série: les Jawas, les Twi’leks, les Trandoshans, les Quarrens ou encore les Kpwajian (la petite bestiole poilues que possédait Jabba The Hutt) sont également présentes. Bref, des visages (et des noms) familiers aux fans de la saga, qui pourront d’autant plus se projeter dans la série que celle-ci se déroule juste 5 ans après les évènements du Retour du Jedi. (Cf la timeline ci-dessous pour les plus visuels d’entre vous). Bref, vous pouvez être surs de retrouver un peu partout des avis de fans de Star Wars, qui hurleront que la série est la meilleure production de la saga à ce jour, jusqu’à la sortie de The Rise of Skywalker, le 18 décembre, qui deviendra #1, etc..

Pourtant, si on retire les oeillères que Georges Lucas nous a posées devant les yeux un soir de mai 1977, et que l’on porte sur The Mandalorian un regard plus critique, se dévoile un relief intéressant. Les pas top d’abord, avec l’évidence qui saute immédiatement aux yeux: comment s’attacher à un personnage principal qui se dissimule derrière une armure dans tous les plans ou il apparait? Comment ressentir l’émotion d’une scène quand le héros porte constamment un casque totalement impénétrable? C’est vraiment le gros défaut de la série, celui qui, avec un recul suffisant, peut rendre presque ridicule certaines séquences. À cela s’ajoute un scénario qui tient en trois lignes par épisode, littéralement. Certes, ceux-ci sont courts (environ 30 minutes), mais un peu d’épaisseur n’aurait pas été de trop. Ces constats sont limpides à l’issue du pilote, dont on sort un peu déçu.

Pourtant le deuxième épisode vient relever le niveau. Le héros s’étoffe tout doucement, principalement dans les scènes d’action, très réussies. Ce qui passait pour un scénario (et un rythme) léger, commence tout doucement à ressembler à une histoire qui profite de son format, 4h au final, pour prendre son temps, et ainsi progressivement gagner en profondeur. Les images sont superbes (grand écran ou vidéo projecteur conseillé!) et la musique grandiose, collée à un Mandalorien presque de tous les plans. Et si l’on parle bien d’une oeuvre de science-fiction, The Mandalorian est, au fond, un western-spaghetti des plus classiques, promenant son chasseur de primes de missions en missions, dans des décors désertiques et un environnement hostile. Il y a du Sergio Leone dans la mise en scène, passant d’un décor en plan très large à des fusillades hyper-actives. Digne héritier de l’Homme Sans Nom (les personnages de Clint Eastwood dans la Trilogie du Dollar) le Mandalorian est homme de peu de mots, d’action efficace et de dextérité experte. Enfin, fan de Star Wars ou pas, vous ne pourrez qu’être conquis lorsque vous comprendrez ce qu’est l’objet de la mission du chasseur de prime, tant le twist est inattendu.

Si The Mandalorian avait été une mauvaise série, il y a de fortes chances que vous l’auriez regardé quand même, comme beaucoup de gens. Car le mythe Star Wars a ce pouvoir d’attraction qui dépasse l’entendement, et la qualité de ses oeuvres (coucou Jar-Jar). Heureusement, la série vaut vraiment le coup, pour qui se laisse plonger dans son rythme plus tranquille que les films de la trilogie. Ce qui n’est pas un mal, au contraire! S’il faudra attendre le printemps en France pour voir débarquer Disney +, soyez prêt à vous jeter sur The Mandalorian dès sa sortie. The Force is strong with this one.

Crédits: Disney +

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