Critiques

THE CROWN (Critique Saison 3) Une réelle réussite…

SYNOPSIS: La troisième saison de The Crown, voit l’arrivée d’un nouveau premier ministre, alors que la reine Elizabeth (interprétée par Olivia Colman) et sa famille sont confrontées à une Grande-Bretagne qui change rapidement. De la paranoïa de la guerre froide en passant par la conquête de l’espace, les années 1960 sont caractérisées par l’exubérance de sa jet-set et par l’émergence des crises en 1970.  La reine Elizabeth et la cour royale devront s’adapter à ce nouveau monde, plus libéré, mais aussi plus turbulent

Elle était attendue depuis deux ans, une longue période pour ses fans. The Crown, saison 3, arrive enfin sur Netflix le 17 novembre, jour de la saint-Elisabeth (on ne se refait pas). Casting renouvelé pour éviter à Claire Foy et Matt Smith de crouler sous les prothèses, mais équipe créative identique, avec Peter Morgan toujours au scénario. La série bascule dans sa deuxième ère et attaque la décennie-clé des 60’s. Décennie-clé pour plusieurs raisons : les enfants de la couronne grandissent et tombent amoureux, quand les plus anciens meurent, petit à petit. Côté politique, le gouvernement de Wilson est bien à la peine, le conflit avec les mineurs commence à se faire entendre, et quand ce n’est pas la politique qui pose problème, c’est tout simplement la nature qui s’en mêle, provoquant son lot de catastrophes… Bref, à Buckingham Palace, le temps n’est pas à swinguer, mais plutôt à déguster.

Autant le dire tout de suite : cette saison 3 de The Crown est une réelle réussite. Le nouveau casting mené par Olivia Colman et Tobias Menzies est impeccable, reprenant le travail de leurs prédécesseurs tout en y ajoutant le physique plus âgé et l’expérience plus amère. Le coup de cœur va à Helena Bonham Carter, impériale en princesse Margaret et vraie star du premier tiers de la saison. Dommage qu’elle disparaisse ensuite de l’histoire, car elle apporte un vent de légèreté et de rébellion des plus plaisants. Et si Tobias Menzies est discret pendant les premiers épisodes, son prince Philip prend rapidement une épaisseur inattendue mais passionnante, entre sombres secrets sur le point d’être dévoilés, et introspection de sa foi dans le superbe Moondust, épisode 7 qui le voit être confronté aux premiers pas de l’homme sur la Lune en 1969.

La saison se divise en deux parties : l’avant-Charles, et l’après-Charles. Si la première partie se focalise davantage sur Elisabeth II et ses rapports conflictuels avec le gouvernement Wilson, la deuxième se focalise sur la jeunesse du prince Charles, et notamment sa formation au Pays de Galles dont il est devenu le prince. Sans oublier, évidemment, les débuts tumultueux de sa vie amoureuse. Interprété par Josh O’Connor, « visage changeant d’une époque changeante » comme il l’écrit lui-même à son grand-père dans l’épisode 8, il est la vraie révélation de la saison. Il est impossible de ne pas voir en lui ce qui frustrait déjà son père quand il avait son âge. La série continue méticuleusement, loin des à-prioris que l’on a d’eux, à comprendre le fonctionnement de la famille royale et leur ressenti nous les fait redécouvrir sous un nouveau jour, pas forcément agréable, mais très bien écrit.

Visuellement, The Crown reste un vrai régal à regarder avec sa mise en scène précise, soignée mais délicatement plus sombre, comme pour montrer le crépuscule d’une ère. Mention spéciale à l’épisode 3, où une catastrophe minière est retranscrite avec minutie, et qui justifie complètement la longueur de la production de cette saison. Une certaine mélancolie émane de l’ensemble. Tout ce que le spectateur a connu pendant les deux premières saisons disparaît, lentement, accentué par la dignité funèbre de la mise en scène. Cela arrive à émouvoir car malgré ce que l’on ressent pour eux, ce sont des parts essentielles de la série qui disparaissent. Un cycle doux-amer à regarder, mais absolument passionnant à dévorer.

Avec cette troisième mouture de The Crown, Netflix confirme que son cheval gagnant reste cette tapisserie élégante et mélodramatique à souhait. Avec un nouveau casting où brille Olivia Colman, décidément la reine de l’année 2019 entre la série et The Favorite, un scénario qui tape toujours autant là où il faut et une reconstitution de la décennie 1960 absolument somptueuse, il va être difficile d’attendre patiemment la suite… Surtout quand on sait que Margaret Thatcher (déjà annoncée sous les traits de Gillian Anderson) et le drama autour de Diana vont occuper Buckingham Palace en saison 4.

Crédits: Netflix

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