Critiques Cinéma

J’IRAI OU TU IRAS (Critique)

j'irai ou tu iras affiche cliff and co

SYNOPSIS: Vali et Mina sont deux sœurs que tout oppose, éloignées par les épreuves de la vie. L’une est chanteuse, rêveuse et émotive. L’autre est thérapeute, distante et rationnelle. Leur père aimant finit par trouver l’occasion rêvée pour les rassembler le temps d’un week-end et tenter de les réconcilier : Vali a décroché une audition à Paris et c’est Mina qui va devoir l’y emmener malgré son mépris pour la passion de sa sœur. C’est une histoire de retrouvailles, une histoire d’amour entre deux sœurs, l’histoire d’une famille qui s’aime mais qui ne sait plus se le dire. 

Le capital sympathie dont bénéficie Géraldine Nakache a pris une réelle ampleur en 2010 lorsqu’elle a co-réalisé avec Hervé Mimram son premier film, Tout ce qui Brille où elle formait avec Leïla Bekhti  un duo parfaitement complémentaire dont on ne doutait pas un instant de la sincérité. En 2012, pour Nous York son deuxième essai derrière la caméra, toujours secondée par Hervé Mimram et toujours avec sa complice Leïla Bekhti, on avait été déçu malgré quelques jolies idées mais le sentiment d’avoir voulu prolonger une recette gagnante avait supplanté les quelques points positifs. Il aura fallu sept ans pour que Géraldine Nakache retourne derrière la caméra, seule cette fois, pour mettre en scène ses retrouvailles avec Leïla Bekhti dans un film qui semble à nouveau emprunter le même chemin, la trame sociétale et la chronique amicale en moins, le poids de l’héritage et de l’importance de la famille en plus. Pourtant avec J’irai où tu iras, Géraldine Nakache revient à ce qui faisait la force de Tout ce qui Brille, à ce qui en était le centre névralgique, à savoir son duo avec Leïla Bekhti, qui s’était dilué dans Nous York dans un portrait de groupe. Cette fois, les deux comédiennes passent la majeure partie du métrage à jouer une partie de ping-pong qui alterne entre rire et larmes, et si le film a de réelles qualités, on a malheureusement le sentiment qu’il pâtit d’une écriture trop déliée par moments, créant notamment un déséquilibre entre des scènes comiques pas toutes réussies et d’autres dramatiques qui font elles souvent mouche.

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C’est un versant plus intime et plus mature que Géraldine Nakache aborde pourtant dans J’irai où tu iras (avec la collaboration de Rebecca Zlotowski et Yoann Gromb) Les préoccupations ne sont plus les mêmes qu’à l’époque de Tout ce qui brille, les deux jeunes femmes ont atteint l’âge où l’on a conscience de la mortalité de ses proches et de la fragilité de l’existence, dessinant en creux une peinture de la famille et de l’héritage distillant ainsi en son sein une émotion universelle. C’est le point fort du film que de rassembler l’énergie et l’ADN de ses deux comédiennes principales et de nous les donner à voir telles qu’on les imagine dans la vie, proches et bouillonnantes d’émotivité. Aussi, après un prologue qui nous présente leurs personnages respectifs et qui va les faire se rassembler à leur corps défendant par la maladie qui touche leur père, on retrouve assez vite les deux comédiennes dans un one-to-one d’où il ne ressort au départ qu’une mise en place où les deux sœurs tentent maladroitement de se réapprivoiser. La relation entre les deux comédiennes, leur complicité, leur alchimie, est d’entrée de jeu toujours aussi patente, quand bien même elles sont comme chien et chat à l’écran.

Là où le bât blesse, c’est dès que les personnages se retrouvent bloquées à Paris, d’abord pour passer les auditions des choristes de Céline Dion puis dans un airbnb en compagnie d’une douzaine d’autres personnes, certaines scènes plus ou moins longues semblent ralentir la progression narrative, d’autres s’avèrent nettement moins drôles qu’attendues tandis que certains personnages secondaires apparaissent vraiment sous-écrits. Tout ceci fait que le film avance tant bien que mal, comme en digression du cœur de son sujet et avouons-le cette partie-là nous a laissés quelque peu dubitatifs. Heureusement la merveilleuse Pascale Arbillot apporte de l’émotion et de la fantaisie à la propriétaire du airbnb et son personnage tout comme celui du papa des deux jeunes femmes interprété par Patrick Timsit sont pétris d’humanité et nous touchent par la tendresse et la douceur qu’ils véhiculent.

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Si, on l’a dit, le film nous semble parfois manquer de nerf et de mordant question rire (même si on sourit malgré tout), il se rattrape et pas qu’un peu, niveau émotion. Deux scènes notamment, permettent à Leïla Bekhti de nous choper littéralement par une puissance émotive à nulle autre pareille. La comédienne y déploie des nuances et une faculté à nous laisser bouche bée réellement prodigieuse, et c’est dans ces moments là, lorsque la complicité avec Géraldine Nakache atteint son firmament que le pouvoir d’identification fonctionne à plein et que l’on se retrouve des larmes dans les yeux et la gorge nouée. Géraldine Nakache a peut-être moins en elle la puissance d’une tragédienne mais dans ces scènes là, elle se hisse au niveau de sa comédienne permettant à leur relation de traverser l’écran comme par miracle. Avec J’irai où tu iras, Géraldine Nakache réalise un film où l’émotion l’emporte souvent sur le rire mais son tandem magique avec Leïla Bekhti balaye tout sur son passage. L’humanité qui imprègne leurs personnages nous renvoie à nos propres vies dont elles reflètent la fragilité.

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Titre Original: J’IRAI OU TU IRAS

Réalisé par: Géraldine Nakache

Casting : Géraldine Nakache, Leïla Bekhti, Patrick Timsit 

Genre: Comédie

Sortie le: 02 octobre 2019

Distribué par: Mars Films

BIEN

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