Critiques Cinéma

RAMBO : LAST BLOOD (Critique)

RAMBO LAST BLOOD AFFICHE CLIFF AND CO

SYNOPSIS : Cinquième épisode de la saga Rambo. Vétéran de la Guerre du Vietnam, John Rambo va affronter un cartel mexicain après l’enlèvement de la fille d’un ami. 

Il est rare qu’un acteur reste la tête d’affiche d’une saga pendant longtemps, en particulier en cette époque où le remake/reboot est un concept particulièrement prisé des studios, faisant la part belle aux multiples changements de casting et autres spin-off sur des personnages secondaires. Et c’est un beau symbole que les seules têtes d’affiche parvenant à suivre leur saga soient ceux qui ont pratiquement vu naître le principe de licence tel qu’on le connaît aujourd’hui : Bruce Willis pour Die Hard, Arnold Schwarzenegger pour Terminator et bien sûr Sylvester Stallone pour Rambo (et aussi Rocky, même s’il est passé au rang de second rôle au profit du jeune Adonis Creed dans les deux derniers opus éponymes). C’est ainsi que Stallone reprend du service dans le dernier volet de la saga du soldat vétéran du Vietnam, sous-titrée Last Blood en parallèle du titre original du premier opus, à savoir First Blood, désignant « le Premier Sang » que versait Rambo sur un cinéma américain peu habitué à ces escalades de violence pure. Dans ce nouvel épisode, John Rambo vit dans une ferme aux allures de ranch typique texan, élevant la jeune Gabriella pratiquement comme sa fille. Lorsque cette dernière part au Mexique retrouver son père biologique et disparaît, Rambo va être contraint de partir retrouver la jeune fille, avant d’être confronté à un puissant cartel mexicain, qu’il va évidemment se mettre à dos très vite…

Rambo last blood 2 cliff and co

Last Blood ne brille pas par la complexité de son scénario, c’est sûr. On sort même du film avec l’impression qu’il manque un morceau du métrage, conférant une frustration assez dommageable. Ce qu’on doit d’abord souligner dans ce film c’est l’investissement de Stallone, démontrant que malgré son âge avancé, il reste une figure majeure du cinéma d’action toujours crédible en toute circonstance. Rambo traverse des émotions diverses et variées, et l’acteur américain est la grande satisfaction d’un film, qui pêche malheureusement assez vite derrière. Même s’il a la saveur d’une série B sanglante et jouissive abusant de faux sang et de bruitages gores pour divertir un spectateur en mal d’hémoglobine, Last Blood est clairement inégal. On ira même jusqu’à dire maladroit. De part le message qu’il tente d’adresser au spectateur autant qu’au niveau de la continuité thématique de la saga. Car ce dernier opus semble ne pas emprunter les traces des volets précédents, et lorgne de ce fait vers un film d’action bien plus classique et formaté. En témoignera ce dernier tiers, redoutablement jouissif et explosif, où Rambo fait face au cartel à l’aide de pièges façon Maman j’ai raté l’avion Rated R. Les membres fusent, le sang gicle sur les murs et imbibe le sol, et les hurlements se mêlent aux explosions fatales. Et même si cette partie se révèle particulièrement efficace – on l’avouera- elle semble sortir du chapeau des scénaristes. Car ce climax semble même l’idée de base de ces derniers, qui ont donc dû trouver une histoire pour amener Rambo à faire face à cette situation. Cela crée donc d’innombrables incohérences dans l’histoire, ponctuant le film de ficelles plus ou moins évidentes.

rambo last blood 1 cliff and co

La mise en scène d’Adrian Grunberg ne fait pas briller l’ensemble non plus, le rapprochant plus d’un format précis collant au célèbre cahier des charges du film d’action. L’ensemble est plat, manque cruellement de relief tout comme ses thématiques. Le scénario sert juste de prétexte à l’action, et jamais l’inverse. Certes celle-ci fonctionne souvent bien, mais cela donne un film moyen qui se sert de ce qu’il a déjà sans penser à créer. Et c’est bien dommage. Ce manque de profondeur se manifeste surtout au niveau de l’histoire. Prenons les antagonistes. Que savons-nous d’eux ? C’est un cartel de mexicains trafiquants. C’est tout. De plus, la menace qu’ils représentent n’arrive jamais à la cheville de ce que le film nous montre des capacités de Rambo. Donc à aucun moment on n’a peur pour lui. Certes, c’est un concept qui sied bien à la saga, mais dans ce cas, on a un manque flagrant d’enjeu, reléguant le film au statut de défouloir, avec de vaines tentatives de tirer des larmes à certains moments. Des fois ça marche, souvent pas du tout.

rambo last blood 3 cliff and co

Entouré d’un cast plutôt discret qui coche les volontés du studio (on citera autour de Stallone Yvette Monreal, Sergio Peris-Mencheta, Adriana Barrazza, ou encore Óscar Jaenada), Last Blood frôle le statut d’opus de trop. Il semble presque être un spin-off de Rambo façon série B gore à la frontière du risible, peinant à piocher dans l’héritage des films précédents, et se contentant de l’efficacité (certes parfois atteinte) au lieu de chercher du relief. Cependant, s’il s’agit bel et bien de la fin de la saga, c’est une franche déception qui devrait atteindre les fans de la première heure. Mais si Last Blood nous a bel et bien confirmé quelque chose, c’est que Stallone en a encore sous le coude. Et ça, c’est une très bonne nouvelle.

Titre Original: RAMBO : LAST BLOOD

Réalisé par: Adrian Grunberg

Casting : Sylvester Stallone, Paz Vega, Sergio Peris-Mencheta 

Genre: Action

Sortie le: 25 septembre 2019

Distribué par: Metropolitan FilmExport

2,5 STARS MOYENMOYEN

1 réponse »

  1. Étrange. Moi, je n’aime pas le film mais pas du tout pour les mêmes raisons. D’abord je trouve la réalisation de Grunberg bien plus alerte que ce que l’on lui reproche. Les plans sont travaillé, le rythme est bon même s’il se trouve très embarrassé par des dialogues souvent consternants (Rambo n’est jamais si impressionnant que lorsqu’il se tait) et les ellipses narratives assez lourdement gérés. Mais très franchement, la mise scène dans les tunnels ou dans les bidonvilles mexicains est plutôt réussie à mes yeux.
    Le gros problème du film pour moi, c’est vraiment le discours derrière, qui prend en otage les bons sentiments pour servir la soupe à un discours de peur de l’étranger. La frontière est ici tellement poreuse qu’il ne faut pas moins de Rambo pour assurer la défense du pays. On se croirait revenu sous Reagan.

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