Critiques

EUPHORIA (Critique Saison 1) Un quasi sans-fautes…

SYNOPSIS: A 17 ans, Rue Bennett, fraîchement sortie de désintox, cherche à donner un sens à son existence. Elle se lie très vite à Jules Vaughn, une fille trans récemment arrivée en ville après le divorce de ses parents. Dans leur sillage gravitent Nate Jacobs, un sportif dont les problèmes de colère masquent des complexes sexuels ; Maddy Perez, la petite amie de Nate ; Chris McKay, star de l’équipe de football qui peine à suivre les cours ; Cassie Howard, dont le passif sexuel continue de la poursuivre ; Lexi Howard, jeune sœur de Cassie et amie d’enfance de Rue ; et Kat Hernandez, en pleine exploration de sa sexualité.

Les temps changent, mais le genre du teen drama à la télévision reste le même. Genre précurseur puisqu’il aborde régulièrement des thématiques parfois lourdes : avortement, drogue, viol, mort… en même temps qu’il se doit aussi de rester à la portée de son public. Récemment, des séries comme Skam, Riverdale (et oui…) ou 13 Reasons Why ont tenté de s’emparer du genre pour en livrer des versions complètement différentes, dans la tonalité, la mise en scène et les choix d’écriture. Pour autant, le résultat était à chaque fois mature, n’hésitant pas à aller au bout des choses, qu’on aime ou non le résultat final. Car peu importe où et comment le public adolescent consommera sa série, il la consommera quand même, et il en parlera. Alors, aussi étrange que cela puisse paraître pour une telle chaîne, HBO n’avait jamais vraiment eu son drama adolescent. Sous l’impulsion du rappeur Drake, et derrière la caméra de Sam Levinson (Assasination Nation), c’est désormais chose faite avec Euphoria.

Euphoria, c’est l’adaptation d’une série israélienne du même nom. S’inscrivant dans la lignée de la britannique Skins pour son côté ostentatoire et sa structure focalisée sur un personnage par épisode, les deux séries n’ont finalement pas grand-chose en commun. Là où Skins se permettait des envolées de comédie pure, Euphoria crie au monde que rien ne va, et que même l’humour ne peut apaiser cela. La série se révèle profondément sombre, sans espoir. Les relations toxiques sont plus légion que n’importe quoi d’autre, les héritages familiaux y sont lourds à porter et ont des conséquences néfastes, et les addictions sont courantes. La violence est une composante comme une autre, et chaque épisode fait planer un destin pessimiste au-dessus de beaucoup de personnages. Piochant dans le passé d’ancien addict de Sam Levinson, la série ne prend pas de gants pour parler de drogue, de la manière dont elle altère l’humanité de Rue, notre héroïne et narratrice. Sans tomber dans le misérabilisme ni même la moralisation dont elle aurait pu faire preuve, Euphoria montre à quel point il est difficile de s’extirper d’une addiction et à quel point il est tentant de la remplacer par une autre pour s’en sevrer.

La série est somme toute une grande histoire d’addiction : celle qu’on a pour des gens ou des substances qui nous font du mal, physiquement et moralement, et celle aussi qu’on se crée pour se réapproprier son image de soi. Derrière les réseaux sociaux parfois injustement pointés du doigt par la société, il y a surtout des questions d’estime et de la manière dont on veut être perçu(e) aux yeux du monde dans une société où tout se remet en question. Tous ces jeunes, si imparfaits et parfois monstrueux soient-ils, recherchent au fond une validation qui ne vient que par des formes insatisfaisantes et cruelles.

Cette frustration contenue tout du long est magistralement jouée par un casting stratosphérique sans fausses notes : Zendaya, mais aussi Jacob Elordi et Eric Dane dans un duo père-fils destructeur, Alexa Demie, Barbie Ferreira, Hunter Schaffer... Une pléthore de nouvelles têtes talentueuses et prometteuses, qui plus est servies par une mise en scène efficace, qui même si elle met parfois trop l’emphase sur de grands travellings, parvient à capter le tourment intérieur de cette bande d’ados. Cette emphase se caractérise notamment par ce numéro musical dans le final, parfaite illustration de la psychologie de Rue en même temps qu’elle galvanise son parcours et qu’elle permet à Zendaya de montrer l’étendue de ses talents de chanteuse et danseuse. Mais loin de son image Disney sans aspérité, Zendaya incarne cette jeunesse sombre et violente. A ce titre, tant que dans la consommation de drogue que la violence subie par certains protagonistes, il est conseillé d’être préparé car la série se révèle être sans compromis quand il s’agit de dépeindre les coups et abus reçus.

Avec une bande-originale inspirée et pop, son esthétique aussi pailletée qu’elle cache les bleus à l’âme de ses protagonistes, Euphoria est un quasi sans-fautes pour HBO qui a déjà commandé une saison 2 à la série. On espère juste que les thématiques seront aussi fraîches et bien traitées que durant cette première salve de huit épisodes aussi dévastatrice que provocatrice.

Crédits: HBO/OCS

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