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Journal de bord Cannes 2019 : Jour 1

Journal de bord Cannes 2019 : Jour 1

Et voilà, Cannes c’est parti ! A peine sorti du train et déjà l’effervescence du plus grand Festival de cinéma du monde se fait sentir : le beau temps, des affiches partout et la population cannoise qui s’accumule. Cette année, j’ai le grand plaisir de couvrir le festival pour Les Chroniques de Cliffhanger & Co, suite aux cinq années consécutives formidablement chroniquées par Robin Fender. Beaucoup d’attentes évidemment pour cette 72ème édition, avec une compétition excitante notamment composée d’un grand nombre de cinéastes bien connus de la Croisette (Pedro Almodovar, Xavier Dolan, les frères Dardenne, et même Quentin Tarantino qui s’est rajouté à la dernière minute !), des invités d’honneur de qualité (Nicolas Winding Refn, John Carpenter, Alain Delon ou encore Claude Lelouch) et des projections qui s’annoncent extraordinaires (Shining en copie restaurée présenté par Alfonso Cuaron, rien que ça). Et puis au-delà de la Compétition, j’attends aussi beaucoup The Lighthouse de Robert Eggers, Le Daim de l’incorrigible Quentin Dupieux ou Zombi Child de Bertrand Bonello.

Un peu avant la cérémonie d’ouverture du festival a eu lieu la conférence de presse du jury particulièrement éclectique de cette année. Je n’ai malheureusement pas pu entrer dans la salle de conférence, mais j’ai tout de même pu suivre sur un écran en salle de presse. Au-delà de la présentation des membres du jury, les engagements de parité de la part de Thierry Frémaux et Pierre Lescure, la présence intéressante de la jeune Elle Fanning et celle du dessinateur Enki Bilal semblent augurer des jugements cinématographiques de qualité. D’ailleurs, le président du jury Alejandro González Iñárritu a rappelé qu’il ne s’agissait pour eux pas tant de juger les films, que de s’en imprégner pour en tirer les éléments les plus intéressants. Avant de préciser qu’il fallait prendre le film pour lui-même sans être influencé par le nom du réalisateur ou de la réalisatrice derrière, soit une manière saine de rassurer les compétiteurs moins connus de la Croisette. Évidemment, la question Netflix n’a pas manqué de revenir, et Iñárritu a intelligemment vanté les mérites de l’expérience collective en salle tout en nuançant que tous les formats devaient exister et qu’il était parfois difficile de rendre disponible dans les salles la pluralité des cinématographies existantes. En tout cas, par son jury comme ses films en Compétition, le Festival de Cannes semble vouloir être un reflet du monde autant que possible.

Après un temps de repos où j’ai soigneusement commencé à organiser mes futures séances, je me suis donc rendu à la Cérémonie d’ouverture qui précédait la projection du film de Jim Jarmusch The dead don’t die. Cérémonie qui a logiquement commencé par un bel hommage à Agnès Varda en prenant pour extrait son film Varda par Agnès. Le génial Edouard Baer a d’ailleurs repris une phrase prononcée par Varda dans l’extrait pour entamer un très beau discours sur le cinéma et les spectateurs, avec toute la poésie teintée d’ironie qu’on lui connaît. A peine a-t-on le temps de soupirer face à une énième attaque éculée vers Netflix (seule erreur du discours de Baer, il faut être honnête), qu’Angèle vient chanter une superbe reprise de Sans toi, le magnifique morceau composé par le regretté Michel Legrand pour le film Cléo de 5 à 7. Le montage présentant rapidement les films en Compétition (et quelques autres) fut bien évidemment source d’excitation pour tout le monde, et j’ai hâte de découvrir tout cela les prochains jours. Bref, après toute une série de discours, Charlotte Gainsbourg et Javier Bardem sont venus déclarer officiellement le Festival de Cannes ouvert. Maintenant, place au film !

The dead don’t die a visiblement beaucoup amusé les spectateurs de ce soir, la salle où j’étais présent riant très fréquemment. En revanche, les retours sur Twitter sont beaucoup plus mitigés, invoquant notamment un mépris du film de genre ou un Jim Jarmusch fatigué. Pour ma part, vous en saurez plus dans ma critique ici, mais en deux mots j’ai trouvé le film intéressant dans la mesure où il est à la fois pleinement dans la continuité de style du réalisateur, présentant un quotidien tranquille où l’invasion de zombies sera prétexte à montrer l’absurdité de la vie, et en même temps avec un ton très ironique et méta qui tranche avec la plupart de ses films. A mon sens, le film est plaisant, un peu facile mais loin d’être vain.

Voilà, il est temps d’aller se coucher, car le festival ne fait que commencer !

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