Critiques Cinéma

THE HIGHWAYMEN (Critique)

SYNOPSIS: La traque de Bonnie Parker et Clyde Barrow par les deux enquêteurs légendaires Frank Hamer et Maney Gault. Devant l’impuissance des techniques d’enquête de l’époque et du FBI, les deux Texas Rangers sortent de leur retraite et s’en remettent à leur instinct et leurs méthodes traditionnelles pour arrêter les criminels les plus recherchés d’Amérique. Si les hors-la-loi ont fait les gros titres, les hommes de loi sont entrés dans l’Histoire.

Il va désormais falloir vivre avec l’idée que chaque semaine charrie son lot de sorties de films évènements sur les plateformes SVOD. Si Netflix a une bonne longueur d’avance en la matière, il va convenir de ne plus découvrir les nouvelles oeuvres mises en ligne à l’aune des précédentes mais se dire que, comme l’exploitation en salles, les réussites passent à la postérité tandis que les échecs rejoignent le cimetière des espoirs déçus. Après l’excellent Triple Frontière de JC Chandor, Netflix met en ligne un nouveau projet extrêmement alléchant sur le papier. Réunissant derrière la caméra John Lee Hancock (Le Fondateur), ancrant son récit dans un mythe du grand banditisme américain (la cavale meurtrière de Bonnie Parker et Clyde Barrow brillamment racontée dans le Bonnie and Clyde d’Arthur Penn) et mettant en vedette le duo Kevin Costner – Woody Harrelson, on se disait que ce serait vraiment le diable de ne pas transformer l’essai avec une telle matière à disposition. En choisissant de raconter ce récit par le prisme des rangers qui les traquèrent après être sortis de leurs retraites et alors que leur corporation avait été dissoute, The Highwaymen se positionne comme une révision de l’histoire racontée dans le film de Penn mais également comme un drame où la confrontation entre deux systèmes policiers diamétralement opposés, – l’un qui fait appel aux instincts primaires de chasseur quand l’autre fait la part belle aux nouvelles technologies balbutiantes – s’inscrit en filigrane.

 

En iconisant les figures des deux Texas Rangers Frank Hamer et Maney Gault, le film rend justice aux représentants de la loi souvent décrits comme des mains armées qui assassinèrent sans vergogne Bonnie et Clyde. Ce parti pris remet en perspective la violence des crimes du couple meurtrier et leur traitement seulement esquissé démontre clairement qu’ils ne sont pas pour John Lee Hancock et son scénariste le sujet du film. C’est plutôt l’enquête qui est au coeur de l’entreprise, l’action se résumant à quelques fusillades spectaculaires mais le film pâtit du coup d’un rythme atone et lancinant et de personnages secondaires trop peu fouillés et manquant de profondeur. A nos yeux, la mise en scène paresseuse et d’un autre temps de John Lee Hancock n’emballe jamais le récit et le film, long, très long de 2h12, nous plonge à plusieurs reprises dans un ennui pesant et semble avancer au dessus du vide alors qu’on aurait dû être scotché et pris aux tripes par cette traque.

 

Écrit par John Fusco (Young Guns, Coeur de Tonnerre…) The Highwaymen manque donc avant tout de densité narrative et semble dépourvu singulièrement de nerf. Seuls quelques éclairs épars nous semblent aller dans la direction que le film aurait dû emprunter mais pour le reste on est dans du cinéma de papa pas désagréable mais un brin vieillot et très voire trop classique. Ce cinéma suranné, si il conserve son charme intact sur du cinéma de patrimoine, semble ici totalement à côté de la plaque et prête même le flanc à une Amérique contemporaine en proie à des démons pas si éloignés du coeur du récit. Heureusement, The Highwaymen est aussi et surtout un film d’acteurs et seuls Costner et Harrelson (et Kathy Bathes) sortent du lot amenant à leurs personnages de la moelle et de la personnalité. Ils n’ont pas à forcer leur charisme, il éclate au grand jour dans la plupart de leurs scènes. L’entente entre les deux têtes d’affiche fonctionne, leur alchimie est probante. Costner est impeccable en vieux flic bourru rompu aux traques longues et complexes tandis qu’Harrelson lui renvoie la balle avec dextérité. Quand bien même les deux acteurs proposent une partition sans fausse note et que le film se laisse suivre sans déplaisir, on ne peut s’empêcher de trouver tout cela quelque peu hors du temps, moyen et sans saveur, le souffle épique qui aurait dû accompagner cette histoire et de tels personnages iconiques ne prenant jamais l’ampleur attendue. Dans la catégorie des espoirs déçus, The Highwaymen est finalement assez haut dans la hiérarchie.

Titre Original: THE HIGHWAYMEN

Réalisé par: John Lee Hancock

Casting : Kevin Costner, Woody Harrelson, Kathy Bates…

Genre: Drame

Sortie le: 29 mars 2019

Distribué par: NETFLIX

PAS GÉNIAL

 

 

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