Critiques

MOTHERFATHERSON (Critique Saison 1 Episode 1) Rien de surprenant mais de la qualité dans l’exécution…

SYNOPSIS: Max (Richard Gere) est un homme d’affaires américain et un magnat des médias internationaux. Son fils de 30 ans, Caden, habite à Londres et doit reprendre le flambeau. Mais lorsque son mode de vie autodestructeur devient incontrôlable, c’est tout l’empire familial qui se trouve menacé.

C’est très en vogue ces derniers temps d’offrir un rôle télévisé à une grande star du cinéma américain et avec MotherFatherSon, la BBC2 suit la tendance. Produite par BBC Production, MotherFatherSon, qui fait son grand début européen au Festival Séries Mania 2019, donne à Richard Gere l’occasion de faire son retour à la télévision. La superstar américaine y interprète Max, un mogul des médias installé à Londres d’où il mène sa multinationale d’une main de fer, et prépare son fils Caden (Billy Howle) à prendre la relève. Mais le fils en question est irresponsable, accro à la cocaïne, pathétiquement fragile dans sa masculinité, et menace de déstabiliser le business et la famille, déjà fragilisés par les supposées aventures de Kathryn (Helen McCrory), l’ex-femme de Max et mère de Caden, sans compter le futur incertain du pays. Créée par le scénariste Tom Rob Smith (American Crime Story, London Spy) et réalisée par James Kent et Charles Sturridge qui se sont partagés les huit épisodes de cette saison un, MotherFatherSon flirte élégamment avec la réalité, traçant quelques parallèles avec la fameuse famille Murdoch, si emblématique au Royaume-Uni, et les relations à la fois proches et conflictuelles que les médias entretiennent avec la sphère du pouvoir.

Vous aimerez :

Billy HowleJunior a un gros complexe concernant son intellect et se trouve être l’un des plus beaux exemples de masculinité fragile représentés à l’écran en ce moment. La performance de Howle est absolument remarquable, pathétique en tous points et plutôt courageuse. Pas suffisamment pour nous faire éprouver de la sympathie vis-à-vis de ce veule fils à papa (il y a Helen McCrory pour ça), mais la faiblesse du personnage établit, de façon peut-être paradoxale, toute la force du propos.

L’esthétique. C’est très joliment filmé tout ça. Les directeurs de la photographie, trois au total, se sont consacrés à créer une image polie, vernie, qui joue savamment avec les grandes fenêtres des buildings officiels et les camaïeux de gris et noirs de la City. Une élégante composition qui s’inscrit parfaitement dans la thématique des apparences, essentielle au déroulement de l’intrigue.

Le ton. Les personnages de la série ont des proportions Kardashian-esques en termes de fortune et d’influence, et leur dynamique se prêtent brillamment à des excès qui frisent parfois le ridicule, comme en témoigne cette conversation qui se tient au 10 Downing Street et qui porte sur les différents types de biscuits consommés par les Premiers Ministres que Max a connus.

Vous n’aimerez peut-être pas :

Le privilège. Au risque de paraître prolétaire, on ne peut s’empêcher de remarquer que MotherFatherSon est une série de gens riches, Blancs, ultra-privilégiés, assez peu concernés par le destin du monde qu’ils aident à façonner, et on ne peut pas dire qu’ils soient doués pour mettre les choses en perspective. C’est toujours un peu difficile de se sentir triste pour une galerie de personnages dont les comptes en banques contiennent plusieurs fois l’équivalent du PIB annuel de certains pays pauvres.

La portée Œdipienne du propos. Si vous voulez explorer l’un des piliers de la narration, qu’elle soit littéraire, télévisée ou théâtrale, on pourrait vous citer des centaines d’exemples autres de MotherFatherSon. La série ne se distingue pas par son originalité, mais d’un autre côté, les grands classiques sont devenus des classiques pour une raison. Rien de très surprenant, rien de très inspirant, mais beaucoup de qualité dans l’exécution. Certes, ça ne fait pas tout, mais c’est déjà pas mal.

Le sujet. On est en plein dans l’actualité, politique et médiatique, dans une ambiance incertaine à l’aube d’une élection générale qui pourrait mettre le siège du Premier Ministre en péril. Pour ceux qui voudraient trouver une échappatoire au casse-tête Brexit qui s’annonce lourd de conséquences pour tout le monde, vous ne la trouverez pas ici. La série garde le doigt sur le pouls de la vie quotidienne, et personne ne vous en voudra si vous atteignez assez vite le stade de saturation. A consommer avec modération !

Crédits: BBC Studios Production / BBC Two 

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