Critiques

THE TEAM (Critique Saison 1) Efficace mais manque de réalisme…

SYNOPSIS: Après le meurtre de trois prostituées, les polices allemande, belge et danoise coopèrent et se retrouvent aux prises avec une organisation criminelle tentaculaire. 

Sortie en 2015 sur la chaîne DR au Danemark, la première saison de The Team (Justice Sans Frontières) explore le fonctionnement interne d’Europol, l’Office Européen de Police dont le but est de lutter contre la criminalité au sein des pays de l’Union Européenne, au travers d’une série de meurtres, apparemment liés, ayant eu lieu dans trois pays différents. Les victimes semblent se connaître et ont été tuées suivant le même mode opératoire. Les services de police créent donc une ECE (une Équipe Commune d’Enquête): Harald Bjørn (Lars Mikkelsen) et son assistante Kit (Ida Engvoll) viennent de la police du Danemark, Jackie Müller (Jasmin Gerat) et Natasha Stark (Miriam Stein), d’Allemagne et Alicia Verbeek (Verlee Baetens) et Frank Aers (Koen de Bouw), de Belgique. Six personnes qui vont devoir travailler ensemble et trouver un moyen de gérer leurs problèmes personnels, comme la paternité qui approche pour Harald ou l’ambition frustrée d’Alice, pour résoudre l’affaire.

Vous aimerez:

Le montage. Il peut paraître étrange que de commencer une liste de points positifs par quelque chose d’aussi technique, mais chapeau bas à l’équipe de monteurs qui a assemblé ses épisodes, à coups de coupes, de collages et de combinaisons en tous genres. Le résultat est une vraie petite merveille de rythme, enlevé, dynamique et soutenu, qui permet à l’intrigue de se développer de façon très naturelle et à nos personnages d’entrer dans le vif du sujet sans tergiverser sur ce qu’ils sont. Un travail de ciselage qui vaut son pesant d’or.

Les acteurs. Jouer la comédie n’est déjà pas un boulot facile, mais jouer la comédie en plusieurs langues relève de l’émérite. Lars Mikkelsen est formidable, charismatique au possible, et se fait visiblement plaisir avec ce rôle de professionnel un peu dépassé par l’arrivée prochaine de son enfant. Jasmin Gerat fait un travail très juste et extrêmement nuancé également, mais la vraie révélation de la série, c’est Verlee Baetens. C’est assez équivoque que de parler de révélation à propos d’une actrice qui a fait ses preuves depuis des années (elle s’est notamment fait remarquer en 2012 avec le film de Felix Van Groeningen The Broken Circle Breakdown et on peut la voir dans la série de Starz The White Queen), mais pour ceux qui ne la connaîtraient pas, The Team est l’occasion de pallier ce manque. Elle est extraordinaire dans le rôle de cette jeune femme ambitieuse, impulsive et ultra-compétente à qui on mets des bâtons dans les roues parce qu’ « on » n’apprécie pas beaucoup qu’une femme soit mise à la tête d’une affaire de ce genre.

Vous n’aimerez peut-être pas:

L’affaire. Le genre du polar se confronte toujours à deux obstacles majeurs: le premier, c’est de faire du nouveau avec une formule qui a été vue, revue, retravaillée, et restructurée des centaines de fois et qui risque donc, toujours, de sentir le réchauffé. L’autre, c’est de ne pas succomber à la tentation de déshumaniser les victimes, en les utilisant davantage comme de banals facteurs mathématiques dans l’équation de l’Affaire avec un grand A. The Team ne s’en sort pas trop mal, mais c’est surtout parce que le point de mire est vraiment placé sur la collaboration entre pays, et beaucoup moins sur l’importance de trouver les coupables, ce qui dévalorise quelque peu l’importance des femmes mortes. L’intrigue se déroule sans beaucoup d’anicroches et nos personnages sont ravis de coopérer dans la joie et la bonne humeur relative. Il y avait sans doute matière à compliquer un peu le propos, mais les scénaristes ont choisi la voie de la simplicité.

L’idéalisme. On rejoint un peu le point précédent dans le sens où la série, pour aussi efficace qu’elle soit, manque un peu de conflit et de réalisme. On pourrait s’attendre à ce qu’ils ne soit pas d’accord, ces trois enquêteurs, sur la façon de procéder, sur la culpabilité du suspect, sur ce qui s’est passé, mais non, tout se passe bien dans le meilleur des mondes, bon si l’on oublie les cadavres et le tueur qui se balade dans la nature, ce qui a pour conséquence fâcheuse de diminuer la gratification qu’on attend de la résolution de l’histoire.

Crédits: Arte

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s