Critiques Cinéma

SERENITY (Critique)

SYNOPSIS: Capitaine d’un bateau de pêche, Baker Dill est recontacté par son ex-femme qui lui demande de la sauver elle et son fils de son nouveau mari, un homme violent. Elle le supplie de proposer à son mari une excursion en mer au cours de laquelle Dill le livrerait aux requins infestant l’enclave tropicale de Plymouth… 

Alors que les films originaux Netflix nous ont très peu convaincu hormis Roma, Okja et Annihilation, voici que débarque sur la plateforme américaine une vraie curiosité : Serenity de Steven Knight (à ne pas confondre avec Steven S. Deknight, réalisateur du très mauvais Pacific Rim 2). Le metteur en scène est avant tout un scénariste qui a travaillé avec Cronenberg sur Les Promesses de l’ombre, avec Robert Zemeckis sur Alliés ou sur le dernier Millenium de Fede Alvarez. Il participe également à l’écriture des séries comme Peaky Blinders et Taboo. Serenity est seulement son troisième film en tant que réalisateur après le nanar Crazy Joe et Locke avec Tom Hardy qui se passait entièrement dans une voiture où Tom Hardy devait régler ses soucis au cours d’une nuit interminable. Il choisit de se démarquer totalement avec ce nouveau long-métrage en choisissant les grands espaces d’une île paradisiaque. Pour quel résultat ?

Dans son exposition, Serenity nous convainc à condition de prendre ce récit un peu au second degré. Cette histoire vue et revue d’une femme fatale qui demande « un service » à son ex-compagnon, en l’occurrence tuer son mari est ici traitée de manière grossière mais ne dépasse pas le stade de la caricature ce qui permet d’y prendre un malin plaisir. En effet, les décors sont paradisiaques, les corps sont sculptés, McCo et son accent texan sont de sortis, les cigarettes s’allument à une vitesse record et le mari est un salaud violent et irrécupérable. A ce moment du film, on est plus dans le petit polar du samedi soir, une version cheap de La Fièvre au Corps, qui peut nous convenir à condition d’être bien luné. On a l’impression que chacun est venu prendre son petit chèque pour passer un bon moment sur un tournage à l’autre bout du monde. Ainsi, McConaughey nous fait la spéciale dépressif avec ses monologues assez vides de sens. Ces fameux monologues nous avaient impressionnés il y a maintenant 5 ans dans True Detective mais deviennent ici redondants. Avec son talent inné, Anne Hattaway aurait pu faire monter la température dans ce rôle de femme violentée et prête à tout pour parvenir à ses fins mais elle est trop mal dirigée pour avoir le commencement d’une tension lorsqu’elle apparait à l’écran.

Alors que l’on s’attend à son lot de coups tordus, de retournements de situation propre au genre, le metteur en scène choisit une direction totalement à l’opposée de ce que l’on pouvait attendre. Des indices nous sont donnés au fur et à mesure pour perturber l’équilibre du film, le premier étant cette espèce de running gag où tous les personnages de l’île connaissent le moindre faits et gestes des autres habitants. Certes, dans un endroit coupé du monde, chacun s’épie et alimente les ragots. Cependant, il est suspect de voir à quel point les habitants connaissent parfaitement l’histoire du héros dans les détails alors que ce dernier vient de les vivre. De même, le personnage louche de Jeremy Strong, petit commercial souhaitant absolument discuter avec le héros du film nous conduit à une certaine paranoïa et nous interroge sur un autre genre qui pourrait être développé par le réalisateur.

Effectivement, le réalisateur a choisi de mêler le polar classique à une forme de dystopie numérique. Malheureusement pour nous, la structure de base est trop faible pour rendre un tant soit peu ce retournement crédible. Le scénariste Knight s’est cru un peu trop malin mais il aurait fallu une première partie moins insipide et beaucoup mieux amenée pour pouvoir avaler cette rocambolesque cabriole. La fin du film est donc assez pénible avec le surjeu de tous les acteurs (mention à Jason Clarke) et on a hâte que tout ça se termine vite. Il faut de sacrées épaules pour affronter ce genre de thématique et visiblement Steven Knight ne les avait pas. Encore une petite déconvenue pour Netflix.

Titre Original: SERENITY

Réalisé par: Steven Knight

Casting :  Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Djimon Hounsou   …

Genre: Drame, Thriller

Sortie le : 08 mars 2019

Distribué par: Netflix

PAS GÉNIAL   

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2 réponses »

  1. (evilashymetrie) Effectivement, les retours lus ici et là sont particulièrement décourageants. J’ai même lu un rapprochement avec le film PASSE VIRTUEL de Josef Rusnak… ce qui éveille quand même ma curiosité…

  2. Ce ne sont plus des anguilles que cherche à nous faire avaler Knight, mais un gros cachalot. Quel retournement de chiottes… >.<

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