Critiques

REL (Critique Saison 1 Episode 1×01) Frustrant…

SYNOPSIS: Rel, qui a toujours vécu sa vie sur la base du dicton « Crois en toi-même et de bonnes choses en découleront forcément », voit sa vision de la vie remise en question lorsqu’il découvre que sa femme a une aventure avec son barbier. Ses enfants vivant désormais à Cleveland avec leur mère, Rel est contraint de reconstruire sa vie, à la recherche de l’amour, du respect qu’on lui a volé, et… d’un nouveau barbier. 

Le nom de Lil Rel Howery ne vous dit peut-être rien, mais les amateurs de film d’horreur reconnaîtront le Rod Williams, le meilleur ami de Chris (Daniel Kaluuya) dans Get Out. Pourtant, malgré son visage si peu connu, le comédien n’en est pas à son premier coup d’essai : il sillonne les États-Unis depuis 2007, passant de comedy club à comedy club, et se taille vite une belle réputation dans le milieu de la comédie afro-américaine. Il lui aura fallu du temps pour décrocher, enfin sa sitcom à la télé, un passage plus ou moins obligé de tout comique US qui se respecte (même Gad Elmaleh y passe, d’ailleurs), et voilà donc que débarquait Rel sur la chaîne américaine FOX en septembre 2018. Créée, écrite et produite par Howery, qui joue également le rôle principal de Rel, la série suit la structure de la sitcom américaine telle qu’elle a été formatée dans les années cinquante : trois actes, une intro et une conclusion aux allures de sketch (ou cold open et tag pour les amateurs de termes techniques) qui durent moins d’une minute, trois ou quatre locations au maximum, et un flot sans fin de blagues, plus ou moins efficaces.

Tout n’est pas rose dans la vie de Rel (Lil Rel Howery). Sa femme vient de le quitter, elle a emmené les enfants avec elle, et par-dessus le marché, elle a eu une aventure avec le coiffeur de son mari. Pour couronner le tout, notre protagoniste vit dans une communauté assez restreinte, où tout le monde connaît tout le monde, et la rumeur de sa déconvenue matrimoniale fait vite le tour du quartier et Rel a du mal à supporter la honte : son père (Sinbad) ne veut plus s’asseoir près de lui à l’église, son frère Nat (Jordan L. Jones) trouve la situation extrêmement amusante et même un parfait inconnu rencontré dans un bus n’hésite pas à se payer sa tête. Il n’y a guère que Tiffany (Jessica “Jess Hilarious” Moore) pour essayer de lui remonter le moral et l’encourager à retrouver l’amour. On est dans une espèce de How I Met Your Mother afro-américain, mais post-divorce, post-idéalisme et post-paternité, porté par un acteur à la carrure et au charisme indiscutables. Chers directeurs de casting, songez à Lil Howery plus souvent, on aime beaucoup le voir sur nos écrans.

Le script de l’épisode pilote était l’un des plus prometteurs de la saison 2018. Écrit par Howery, avec l’aide des scénaristes Josh Rabinowitz (Broad City) et Kevin Bartnett (The Do-Over), Rel était, sur papier du moins, un petit bijou de timing et d’humour, où le sens de la répartie des personnages, qui répondaient toujours du tac-au-tac avait de quoi rivaliser avec les dialogues les plus spirituels. A l’écran cependant, le tout est beaucoup moins efficace, la faute à une direction d’acteurs trop “théâtrale”, qui met en scène les personnages comme s’ils étaient, effectivement, sur une scène, et pas devant une caméra : beaucoup de diagonales et de positionnements qui manquent de naturel, ajouté à de longs silences entre chaque répliques mis en place uniquement pour les rires enregistrés, et qui empêchent carrément la spontanéité de la performance. Le résultat sent le forcé, et une action qui se déroule dans la contrainte. C’est dommage, car la série regorge de potentiel, du côté des auteurs d’abord, bien sûr, mais également au sein de la distribution : Jessica Moore s’est faite connaître grâce à ses sketches court, postés sur Instagram, et si elle manque visiblement d’expérience dans le monde de la sitcom, elle possède en revanche un indéniable sens du timing qui frise l’impeccable. Howery est moins à l’aise dans le rôle du centre émotionnel de l’intrigue que dans celui du trublion gesticulant, mais son interprétation est sincère, honnête, et présage de très jolis moments à venir. C’est vraiment dommage que tant de possibilités soient si frustrées dans ce premier épisode, que le reste de la série ne parviendra malheureusement pas à faire remonter. Ils avaient le potentiel, le talent, le savoir-faire et les idées, restait à mettre en place le rythme, les rapports entre les personnages et à donner aux acteurs un peu plus de marge de manœuvre.

Crédits: Fox

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