Critiques

A.P. BIO (Critique Saison 1) Un pari honorable, mais qui tarde à se mettre en place…

SYNOPSIS: Jack Griffin perd son poste dans une université prestigieuse des Etats-Unis et doit retourner enseigner la biologie dans un lycée. Il impose alors sa pédagogie peu orthodoxe aux jeunes élèves qu’il manipule pour se venger de ses anciens employeurs, et récupérer le poste qui lui est dû. 

Lorne Michaels n’a pas fini de se faire entendre. Le producteur canadien à qui l’on doit l’énorme succès Saturday Night Live et son usine à talents, continue de soutenir la comédie sous toutes ses formes, notamment à travers sa boîte de production Broadway Video, une compagnie extrêmement prolifique avec onze projets à différents stades de développement, et un nombre records de séries sur les ondes. A.P. Bio est l’un des poulains de l’écurie Michaels, un poulain sitcom tout à fait classique (trois actes, une certaine unité de lieu, une volonté de satiriser gentiment l’Amérique moyenne) mais qui peut se vanter d’avoir deux têtes d’affiche de haut calibre. Certains reconnaîtront Glenn Howerton, aperçu dans The Mindy Project, et surtout connu pour son rôle central d’acteur-producteur-scénariste dans It’s Always Sunny in Philadelphia, et d’autres se réjouiront de voir la bouille de Patton Oswalt, LE comique geek par excellence, qui vient faire contrepoids à son collègue aux traits réguliers. Pour ceux qui se demanderaient ce que signifient les deux initiales du titre, AP, c’est pour Advanced Placement, c’est-à-dire, les mieux notés de l’école en SVT, puisqu’il est courant d’avoir des classes de niveau aux US. Oui, on n’est pas juste dans une classe normale, on est dans une classe d’élèves ambitieux qui veulent en savoir plus sur le sujet qu’ils étudient.

Jack Griffin (Glenn Howerton) est en proie à une amertume profonde. Ancien professeur de philosophie dans la très prestigieuse et très célèbre université de Harvard, le voilà forcé d’accepter un poste de professeur de biologie à Whitlock High School, le lycée d’une petite ville de l’Ohio, où le principal n’est autre que Ralph Durbin (Patton Oswalt), ancien camarade de classe de Griffin. Jack n’a pas du tout l’intention de se laisser enterrer en province et décide de recruter ses élèves pour se venger de Miles Leonard (Tom Bennett), son rival de toujours, qui lui a piqué sa place à Harvard. Manque de bol, il tombe sur la seule classe qui est là pour apprendre, et ils le lui font savoir. Sarika Sarkar (Aparna Brielle), l’Hermione Granger de la classe et le président du conseil des élèves Marcus Kasperak (Nick Peine) vont s’opposer à leur professeur paresseux, et ce dernier va, bien malgré lui, être contraint d’accepter le dialogue avec les jeunes. Pas pour leur apprendre le fonctionnement du système respiratoire, non, mais pour leur parler de philosophie, de vie sociale et d’évolution de la pensée. Il va même se lier d’amitié avec Stef (Lyric Lewis), Mary (Mary Sohn) et Michelle (Jean Villepique), trois autres professeurs du lycée, et se découvrir une passion pour le complot. Au-delà des élucubrations et du narcissisme de Griffin, tempéré par la bienveillance de Durbin et le caractère terre-à-terre de ses collègues, il y a aussi un bel ensemble de jeunes comédiens qui, s’ils ont rarement l’occasion de voler la vedette à la star de la série, se font quand même remarquer par leur originalité et leur impeccable sens du timing. Mention spéciale à Eddie Leavy et Alissyn Ashley Arm qui interprètent Anthony et Heather, à qui l’on prédit de très belles carrières.

Malgré sa distribution en or, la série peine un peu à décoller. Le créateur Michael Patrick O’Brien n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’il a écrit pour des mastodontes comme Saturday Night Live et Late Night With Seth Meyers, mais on sent que la pâte a du mal à prendre. On comprend le besoin de mettre les stars en valeur, mais A.P. Bio fonctionne mieux quand on se concentre davantage sur l’ensemble de la distribution. Il y a une telle richesse de conflits, d’ambitions et de personnalités en tous genre dans ce lycée, qu’on en vient à regretter l’inlassable ressassement des malheurs de Jack, de son égocentrisme, de son narcissisme et de son manque total d’intérêt pour autrui, et il faudra attendre que le protagoniste sorte du cercle vicieux de son égoïsme pour que la série passe enfin la première vitesse et commence à aller de l’avant. Du point de vue de la structure, la série ne met en place aucun mécanisme qui lui permettrait de se démarquer des autres sitcoms du genre, et mise donc entièrement sur les acteurs pour faire marcher la machine. Un pari honorable, mais qui tarde à se mettre en place, ce qui risque de décourager les plus impatients. Quoiqu’en pensent les créateurs, les scènes d’exposition ne sont pas toujours absolument obligatoires, et même quand elles le sont, il faut savoir doser : cinq minutes c’est bien, mais cinq épisodes, c’est trop.

Crédits: NBC

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