Critiques Cinéma

APPRENTIS PARENTS (Critique)

SYNOPSIS: Pete et Ellie veulent devenir une famille. En adoptant 3 frères et sœurs, dont une adolescente rebelle de 15 ans Pete et Ellie réalisent très vite qu’ils n’étaient pas préparés à devenir parents du jour au lendemain ! Leur parentalité « instantanée » va les placer dans des situations inattendues, émouvantes et souvent hilarantes !

La famille est un des thèmes les plus récurrents et les plus importants de la comédie américaine actuelle. Thématique universelle et définitivement ancrée dans une solide culture hollywoodienne, elle est souvent traitée dans les productions tout public, de part son aspect « family friendly » et sa capacité à faire ressentir des émotions à n’importe qui poserait son regard sur le film. La comédie américaine de ce début 2019 (en tout cas pour nous, bons européens que nous sommes) s’appelle Apprentis Parents, et possède tous les arguments pour être le succès populaire typique. Dans Apprentis Parents, on fait la connaissance de Pete et Ellie Wagner, un couple qui décide un beau jour d’avoir un enfant. En se documentant, ils tombent sur une formation leur permettant au final d’adopter un enfant en situation difficile et de lui donner une seconde vie dans un nouveau foyer. D’abord peu à l’aise avec le concept de « je vais faire mon petit marché et choisir l’enfant qui me plaît le plus », ils se prennent finalement au jeu. C’est alors qu’ils rencontrent Lizzie, une jeune adolescente latino. Cette jeune fille au comportement rebelle et assuré, marque Ellie et Pete, qui décident de l’adopter. Ce qu’ils ignoraient, c’est que Lizzie a un petit frère, Juan, un enfant maladroit et émotionnellement instable, et une petite sœur, Lita, capricieuse au caractère bien trempé. Après certains doutes, le couple décide qu’ils doivent aider ces enfants, et enclenchent la procédure pour voir s’ils sont capables d’endosser le rôle de parents. Car, du jour au lendemain, eux qui vivaient tranquillement leur petite vie paisible se retrouvent à la tête d’une grande famille sans savoir s’ils sont capables d’encaisser une telle situation, radicalement opposée à ce à quoi ils pouvaient s’attendre.

Apprentis Parents est construit sur le traditionnel « effet boule de neige » inhérent aux comédies, en particulier aux États-Unis. Le film joue sur l’accumulation de gags en tout genre pour provoquer une montée comique progressive menant à l’explosion, qui vient délivrer tout le potentiel humoristique. A côté de ça, il se permet de nombreux moments « dramatiques », ou du moins des thématiques dramatiques. Pendant tout son premier tiers, Apprentis Parents peine à choisir entre le drame et la comédie. Il n’est même pas une comédie dramatique puisque des scènes des deux genres se succèdent sans (presque) aucune transition. Cependant, le film gère plutôt bien ce problème après son introduction. Il arrive à se poser, en déroulant son intrigue et ses scènes sans autant forcer sur tel ou tel genre. Le reste du film arrive à exister de façon uniforme. Il traite de manière légère des thématiques lourdes, sans jamais s’en servir de prétexte.

Comme pour sa forme narrative, les personnages manquent parfois de construction. Là où les enfants ont chacun leurs caractéristiques et leur personnalité distinctive respectives, les parents manquent à être approfondis. Si bien que certaines scènes paraissent survolées, car les décisions que prennent Ellie et Pete semblent étranges, et même parfois paradoxales avec leur caractérisation. En effet, faire de Mark Walhberg le bon père de famille américain typique, qui porte une chemise à carreau, une casquette, et joue au Base-Ball avec ses enfants, ça paraît légèrement cliché. Ce à quoi le film répond intelligemment par de nombreux détournements de clichés divers et variés, inhérents à ce genre de production. Dans Apprentis Parents, c’est la fille qui joue au Football américain. Le personnage de la mère biologique des enfants n’est pas présentée comme « la méchante », l’antagoniste du film, mais comme une personne qui -on cite les personnages du film- « paraît normale ». On évite ainsi les jugements de valeurs hâtifs, qui auraient été gênants.

Alors, Apprentis Parents adopte tout de même de nombreux codes du genre, cela va de soi. On est sur le typical feelgood movie américain, où les parents cherchent à correspondre à la petite famille parfaite des publicités et des téléfilms de Noël. Sans partir dans une satire politique et une déconstruction sociale, le long-métrage de Sean Anders traite à son échelle d’une Amérique qui se casse la figure, où les anciens archétypes de la « famille » tombent en morceaux. Ellie et Pete adoptant trois enfants latinos, on pourrait penser à une manœuvre pas très habile de scénaristes ne maîtrisant pas trop leur sujet, mais c’est faux. C’est d’ailleurs un des thèmes principaux du film, cette question de « que penseront les gens si un couple blanc adopte des enfants latinos ? ». Et jamais de tels questionnements ne sont soulevés à la légère. La force du film est ce rapport assez précis aux sujets qu’il traite. Ces nuances sont aussi soulignées par les comédiens et comédiennes qui apportent ce vent de fraîcheur et de justesse. Le couple Mark Walhberg/Rose Byrne fonctionne bien dans ce contexte comique et trouve une alchimie plutôt efficace. Du côté des enfants, on  (re)découvre la jeune Isabela Moner, qui retrouve Walhberg pour la deuxième fois, après le dernier Transformers en date : The Last Knight. Elle s’en sort très bien, et on sent malgré son rôle rebelle et « ado » une grande maturité, peut-être bien signe d’un futur prometteur… Accompagnée par Gustavo Quiroz et Julianna Gamiz, ils mènent la vie dure aux parents avec à la fois beaucoup d’humour et beaucoup d’émotions. Dans les rôles secondaires, on retrouve également avec grand plaisir Octavia Spencer et Tig Notaro en duo irrésistible, responsables de gags très réussis. Malgré un rythme global et un traitement comédie/drame un peu inégal dans l’ensemble,  Apprentis Parents est une réussite, le feelgood movie américain de ce début d’année, un film à l’humour décapant et aux personnages irrésistibles. On en redemanderait presque…

Titre Original: INSTANT FAMILY

Réalisé par: Sean Anders

Casting: Mark Wahlberg, Rose Byrne, Isabela Moner

Genre: Comédie, Drame

Sortie le : 27 février 2019

Distribué par: Paramount Pictures France

3,5 STARS TRES BIENTRÈS BIEN

 

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