Critiques Cinéma

DIRTY JOHN (Critique Saison 1 Épisodes 1×01 – 1×03) A voir pour Connie Britton et Eric Bana…

SYNOPSIS: Connaissez-vous vraiment la personne que vous aimez ? Conquise par John, Debra finit par l’épouser. Leur bonheur est-il réel ? Le charmant docteur ne jouerait-il pas un double jeu ? Terra et Veronica, inquiètes pour leur mère, vont chercher à démasquer cet étranger qui s’est immiscé dans leur famille. 

Le podcast serait-il le nouveau puits d’inspiration du tout-Hollywood ? Alors que ces messieurs et dames en costumes coûteux parcourent les couloirs des grands studios de Los Angeles en se demandant où diable ils vont pouvoir dénicher la nouvelle série-sensation, il semblerait que le format audio, de plus en plus en vogue ces derniers temps, prennent des airs de mine d’or pleine de filons à exploiter. Il y avait bien sûr eu le pionnier Marc Maron (que vous connaissez sans doute grâce à son rôle dans G.L.O.W) qui avait opéré la transition de iTunes au petit écran avec sa série éponyme en 2013, quoiqu’on ne puisse pas vraiment parler d’adaptation puisque Maron produisait la série et le podcast en tandem, mais depuis quelque temps, les podcasts se multiplient sur les écrans. 2 Dope Queens a opéré la transition pour atterrir sur HBO, Homecoming est passé sur Amazon avec Julia Roberts, et voilà maintenant que Dirty John, arrivé en novembre 2018 sur Bravo aux US est sur le point de faire son entrée en France, via Netflix. Développée pour la télévision par Alexandra Cunningham, la série se concentre sur John Meehan, un escroc passé maître dans l’art de la manipulation, le genre d’antagoniste tellement diabolique qu’on aimerait croire qu’il sort tout droit de l’imagination des scénaristes et qui pourtant, se trouve être une personne bien réelle.

C’est d’ailleurs le plus gros problème de la série : la transition de la réalité à la fiction, passant par un makeover hollywoodien dans les règles de l’art. S’il est vrai que l’image, ultra-glamour et ensoleillée donne à l’emballage une qualité médiatique indéniable, elle arrondit également les angles de l’histoire au point de faire perdre à cette dernière, toute la force son impact. Debra Newell (la fabuleuse Connie Britton) est à la tête de sa propre boîte de décoration intérieure et vit sur la côte Californienne avec ses deux filles Terra (Julie Garner) et Veronica (Juno Temple). Si côté professionnel, tout se passe plutôt bien pour Debra, il n’est est pas de même question romance : quatre mariages soldés par autant de divorces et une longue liste de rendez-vous galants plus décevants les uns que les autres auraient de quoi décourager la plus optimiste des romantiques. Jusqu’au jour où elle tombe sur John Meehan (Eric Bana), anesthésiologiste de son état, parti faire plusieurs missions avec Médecins Sans Frontières, qui la fait rire et qui, ô miracle, l’écoute quand elle parle. Veronica et Terra n’ont aucune sympathie pour cet étranger qui s’incruste dans leur vie, et au fur et à mesure des épisodes, le spectateur en vient à se demander si les deux filles de Debra n’auraient pas raison de s’inquiéter pour leur mère. John a beau être charmant, patient, et tout à fait “normal”, il a des réactions parfois surprenantes, voire extrêmes, qui signalent un danger latent. Connie Britton est incroyable dans le rôle principal, réussissant l’exploit de faire de Debra une femme comme tout le monde, vulnérable et intelligente, que l’on croit à chaque seconde, alors qu’il aurait été tellement facile de la transformer en parfaite idiote, en godiche inepte qui se laisse embobiner par un beau parleur. Mais le travail de Britton, qui lui a d’ailleurs valu une nomination aux Golden Globes cette année, est tel qu’on ne peut s’empêcher de vouloir la voir triompher. A ses côtés, Eric Bana offre une performance très nuancée, parfait équilibre de bonhomie joviale et de menace subtile. Messieurs, si vous vous demandez pourquoi les femmes hésitent à accepter vos invitations, vous n’aurez qu`à regarder quelques épisodes de cette série pour y trouver vos réponses.

Adapter une histoire vraie à l’écran est toujours compliqué : on ne peut éviter la comparaison entre réalité et fiction, et le résultat est toujours un peu trop verni, un peu trop enjolivé et un peu trop chorégraphié pour être vraiment, profondément, viscéralement, efficace. Dirty John ne fait malheureusement pas exception à la règle, et ce, en dépit d’une distribution en or, qui fait tout son possible pour porter l’histoire vers l’avant. La faute sans doute à une réalisation trop conventionnelle, trop proche des soap operas américains regardés par nos grand-mères pour se distinguer, et à un script trop timide, qui n’ose pas prendre de virages avec l’intrigue, restant proche du podcast original dans les trois premiers épisodes pour s’en éloigner dans les suivants, mais sans avoir vraiment le courage de s’en détacher franchement. A voir pour Connie Britton et Eric Bana, pour Juno Temple et Julia Garner, et pour les très jolis plans de la mer et des palmiers. A oublier pour tout le reste.

Crédits: Netflix

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