Critiques

UMBRELLA ACADEMY (Critique Saison 1 Épisodes 1×01 – 1×03) Un résultat insolite qui tient remarquablement bien la route…

En 1989, le même jour, quarante-trois bébés sont inexplicablement nés de femmes qui n’étaient pas enceintes et que rien ne relie. Sept de ces enfants sont adoptés par un milliardaire qui crée l’Umbrella Academy pour les préparer à sauver le monde. Les six membres toujours en vie se retrouvent pour les funérailles de leur père et doivent travailler ensemble pour résoudre le mystère qui entoure sa mort. La famille désunie se sépare cependant de nouveau, incapable de gérer des personnalités et des pouvoirs trop différents, sans même parler de l’apocalypse qui les menace…

C’est sans doute l’une des séries les plus attendues de ce début d’année. Alors que Disney annule toutes les séries Marvel coproduites avec Netflix afin de pouvoir les diffuser sur leur propre plateforme de streaming, Disney +, Netflix se tourne vers d’autres comics qui pourraient être adaptés à l’écran. C’est ainsi que la série de bande-dessinées écrites par Gerard Way et illustrée par Gabriel Bá, publiée à l’origine par le mastodonte Dark Horse Comics, s’est transformée en série télévisée grâce aux plumes des scénaristes Steve Blackman (Altered Carbon, Legion) et Jeremy Slater (Death Note, The Exorcist). Ce nouveau projet est produit par Dark Horse Entertainment, la branche média du groupe DH et les créateurs de la BD, Gabriel Bá et Gerard Way, sont crédités en tant que producteurs co-exécutifs. Way, que certains connaissent peut-être grâce à son groupe de rock My Chemical Romance, a également apporté sa contribution à la musique de la série, une composante essentielle de l’univers alternatif et un peu barjo rendu à l’écran. Côté écriture, on retrouve également les scénaristes Sneha Koorse (Daredevil, Constantine), Robert De Laurentiis (Fargo) et Ben Nedivi (For All Mankind), autrement dit des vétérans des adaptations en tous genres et des mondes fantastiques en particulier. Il y a donc une cohésion certaine au sein de l’équipe créative, pour un résultat insolite, parfois franchement bizarre, mais qui tient remarquablement bien la route.

Le 1er octobre 1989, 43 femmes donnent naissance à un enfant, alors qu’aucune d’entre elle n’était enceinte le jour d’avant. Fasciné par ce curieux phénomène, l’excentrique milliardaire Sir Reginald Hargreeves (Colm Feore), l’homme qui ne sépare jamais de son monocle, décide de parcourir le monde et d’adopter tous les enfants nés sous ces si mystérieuses circonstances. N’ayant pas la fibre paternelle, il les baptise dans l’ordre dans lequel il les acquiert. C’est ainsi que l’on se retrouve avec une distribution à double patronyme, composée de Numéro 1, ou Luther (Tom Hopper), Numéro 2, dit Diego (David Castañeda), Numéro 3, Allison (Emmy Raver-Lampman), Numéro 4, Klaus (Robert Sheehan), Numéro 5 (Aidan Gallagher) et Numéro 7, Vanya (Ellen Page). Il y a un Numéro 6, bien sûr, mais on ne parle pas de Numéro 6. Tous ces “enfants” ont grandi avec un superpouvoir bien à eux, un peu dans la lignée des X-men, sauf la petite Vanya qui, au grand dam de Reginald, s’est révélée être atrocement ordinaire. Un état des choses qui l’isole du reste de la fratrie, au sein de laquelle règne très peu d’amour et encore moins de tendresse. Ces gens aux pouvoirs extraordinaires sont désormais adultes, mais les blessures de l’enfance ont du mal à cicatriser, et on ne peut pas dire que ces sept-là s’entendent bien. Enfin, ces six-là, parce qu’encore une fois, on ne parle pas de Numéro 6. Cela chagrine beaucoup Pogo (Adam Godley), leur majordome simien, ainsi que leur mère adoptive, un robot aux airs de femme au foyer des années 50, baptisée Grace, et interprétée avec beaucoup de délicatesse par Jordan Claire Robbins. La série se situe au point de rencontre de deux genres : celui du comic book avec ses super-héros, ses airs de fin du monde et ses créatures fantastiques, et celui du drame familial, avec toute la tension des erreurs passées qui flotte dans l’air à tout moment.

En dépit de son appartenance à un genre que l’on voit absolument partout, on aurait tort de comparer Umbrella Academy aux séries Marvel ou DC qui passent sur Netflix ou sur The CW. La série a un ton bien à elle, une allure unique, qui ne ressemble à aucune autre, à mi-chemin entre la folie douce et le pop-corn movie aux accents apocalyptiques. Vous n’aurez qu’à écouter la reprise du Fantôme de l’Opéra par Andrew Lloyd Webber, jouée au violon avec un accompagnement splendidement rock’n roll pour comprendre que non, on n’est pas vraiment dans le même monde que The Defenders. C’est une histoire à part, dans laquelle la musique tient une place suprêmement importante, puisqu’elle participe à établir l’atmosphère avec une assurance remarquable, s’immisçant entre les dialogues et l’action comme une nappe phréatique musicale, toujours prête à alimenter l’intrigue. La série a vraiment un pouls particulier, la distribution fait des étincelles (mention spéciale à Emmy Raver-Lampman et Robert Sheehan), et l’image est un parfait équilibre entre le ridicule des costumes et le réalisme des décors. C’est assez spectaculaire de voir comment cet amalgame d’éléments parvient à s’assembler en un tout harmonieux, rythmé, et extrêmement divertissant. A voir toutes affaires cessantes !

Crédits: Netflix

3 réponses »

  1. Il y a quelques lenteurs sur les derniers épisodes, mais je chipote. C’est une bonne série, bien adaptée et qui va sûrement ouvrir la voie pour d’autres adaptations de comic books plus pertinent et originaux que les séries Marvel/ Netflix, même si j’aime beaucoup Daredevil. Le cliffhanger de fin fait hurler de dépit, tellement on veut voir la suite, c’est donc qu’il est bien amené, j’attendais juste un peu plus de Ellen Paige, mais là encore je chipote, le casting est très bien, Robert Sheehan nous refait le coup du Misfits… Du moins c’est ce que l’on croit!
    D’autres projets passionnants : Watchmen sur HBO,the Boys, peut-être Transmetropolitan, Swamp thing sur la plateforme DC, et dans un registre fantasy/ post-apo, Hawkmoon! Le binge watching a encore de beaux jours devant lui.

  2. Personnellement j’ai trouvé que dans le premier épisode, qui commence très bien, ils ont trop voulu mélanger les effets « cools » qu’on retrouve dans toutes les séries … ça m’a légèrement déstabilise (genre la scène où ils dansent tous) c’est une scène que j’aurais vu plus tard, là on ne les connais pas assez et on voit une scène où leur lien est censé être évident. Puis après lenteurs, lenteurs…mais j’ai beaucoup aimé le personnage de n°5 et je vais continuer parce que il y’a de bons éléments mais vraiment un problèmes de rythme et d’enchainements. Pour le moment je dirais 2/5. J’ai reconnu SHEEHAN directement mais ouais le voir dans un rôle si proche que celui joué dans misfits c’est …intéressant pour ceux qui ne connaissent pas. lol enfin on le retrouve avec grand plaisir !

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