Critiques

HJØRDIS (Critique Mini-Série)

SYNOPSIS: Pour clore la semaine du travail sur le thème du harcèlement scolaire, Hjordis a prévu une pièce de théâtre, mais une invitée surprise la force à revoir ses plans. 

Dans le cadre d’une quinzaine de sensibilisation au harcèlement scolaire, une pétulante professeure des écoles tente de monter une représentation théâtrale avec une poignée d’élèves dits socialement inadaptés. Hjørdis est une mini-série (4×25 min) danoise de Christian Torpe. Spin-off de la série Rita (depuis 2012, toujours de Torpe, de laquelle découle d’ailleurs l’adaptation française de Sam sur TF1), le format très court répond parfaitement à la volonté évidente de ne faire de Hjørdis qu’une parenthèse, un parallèle ponctuel à la série-mère, dont la narration s’étend sur une quinzaine de jours. On s’attache à l’une des enseignantes emblématiques de Rita, Hjørdis (Lise Baastrup), pétillante professeure des écoles un rien complexée qui prône l’acceptation de soi et des autres avec une candeur et une bonne humeur communicatives. A travers son personnage positif, bien que cerné de doutes, on déambule au gré des épisodes dans une école qui répond à d’autres standards, environnée de verdure et baignée de soleil, dans une atmosphère résolument hygge (la recette danoise du bonheur, s’il-vous-plaît). De fait, les plans gorgés d’été soulèvent par intermittences le voile que l’on a jeté sur ces morceaux de notre enfance, insouciants, récréatifs, et des souvenirs olfactifs nous assaillent, comme le parfum du linoléum des couloirs, des craies sous le tableau et de la gouache, des livres de la bibliothèque… La recette hygge fonctionne déjà.

Mais l’atmosphère n’est pas là pour occulter le propos de la mini-série. Tout au contraire, elle tend à souligner l’universalité des turpitudes de la scolarité, qui se mue parfois en chemin de croix pour certains élèves. Peu importe les méthodes, l’environnement, ou la météo : un enfant obèse qui culpabilise d’aimer le chocolat, un garçonnet qui aime se travestir en princesse, une adolescente trop grande et trop efflanquée… tous souffrent de la même manière d’essuyer remarques dégradantes et regards moqueurs (quand ça n’est pas pire, évidemment). En s’attachant à monter un spectacle qui soit le plus inclusif possible, l’institutrice Hjørdis, secondée par un truculent Gert (Martin Brygmann) et bousculée par la directrice Helle (Ellen Hillingsø), milite pour plus de tolérance et de courage au quotidien, avec allant et créativité. Certes, cet attachant spin-off ne sera sûrement jamais rien d’autre qu’anecdotique, saturé de bonnes intentions et d’un optimisme qui nous devient, en France, de plus en plus étranger. Certes, l’ensemble de son propos s’inscrit dans un univers de Bisounours, dans lequel on évoque quelques perturbateurs (pas bien véhéments, mais déterminés), où l’on ne pense cependant pas un seul instant qu’un problème puisse y rester insoluble. Le combat contre le harcèlement scolaire y paraît plus facile qu’ailleurs, conférant moins de force à sa résolution. Mais son dénouement, attendu, n’en demeure pas moins d’une indéniable efficacité, faisant de ce petit programme insignifiant un baume feel-good qu’il serait dommage de ne pas s’appliquer. Hjørdis et Rita sont disponibles sur Netflix. Nous reviendrons très probablement sur cette dernière ultérieurement.

Crédits: Netflix

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