Critiques

SECRET MÉDICAL (Critique Saison 1) Un portrait psychologique mis en scène sur fond de commentaire social…

SYNOPSIS: Cath, une infirmière idéaliste et appliquée, perd son emploi après avoir dénoncé les mauvaises conditions de soin de ses patients. Afin de subvenir aux besoins de sa fille, elle prend l’identité d’une amie, médecin urgentiste, et démarre une nouvelle vie à Édimbourg. Mais son passé la rattrape. Jusqu’où sera-t-elle prête à aller ?

L’Histoire se souviendra toujours de Jodie Whittaker comme de la première femme à incarner le cultissime Doctor Who (réalisant au passage l’une des meilleures parts d’audience de la série avec son premier épisode), mais avant de devenir le treizième docteur, l’actrice s’est construit une très belle carrière, se faisant notamment remarquer avec son rôle récurrent dans Broadchurch et interprétant le rôle principal de Secret Médical (Trust Me), série de la BBC sortie en 2017. Créée par Dan Sefton (The Good Karma Hospital, Delicious), Secret Médical est un mélodrame très réussi centré sur une héroïne fascinante dont la trajectoire, développée sur quatre épisodes de cinquante-deux minutes, ravira les fans de série médicale et de thriller psychologique. John Alexander et Amy Neil se partagent la réalisation, s’inscrivant dans le courant réaliste si cher, (et tellement bien exécuté) des séries Britanniques.

Cath Hardacre (Jodie Whittaker) est infirmière-en-chef dans un hôpital de Sheffield. Consciencieuse et professionnelle, elle perd son emploi après avoir signalé plusieurs cas de négligence à sa direction ainsi qu’à Sam Kelly (Nathan Welsh), un journaliste qui refuse de publier quoi que ce soit sans nommer Cath. Mère d’une petite fille nommée Molly (Summer Mason) et séparée de son conjoint Karl (Blake Harrison), un homme sans emploi rémunéré, cette dernière cède à la pression et usurpe l’identité de sa meilleure amie Ally Sutton (Andrea Lowe), médecin urgentiste partie refaire sa vie en Nouvelle-Zélande avec son futur mari. Cath se fait embaucher au service des urgences dans un hôpital écossais où elle rencontre Andy (Emun Elliott) et Brigitte (Sharon Small) qui décident de prendre “Ally” sous leurs ailes protectrices. Mais le passé de Cath ne va pas tarder à la rattraper, menaçant le fragile équilibre qu’elle est parvenue à trouver dans sa vie professionnelle et personnelle. Tournée en Ecosse, la série explore les thèmes du mensonge et de l’imposture avec brio, sans jamais lâcher son personnage principal d’une semelle, brossant le très beau portrait d’une femme droite et honnête, prise au piège de ses erreurs au sein d’un système mal agencé et plutôt injuste.

La prémisse de l’usurpation d’identité n’est certes pas des plus plausibles, mais à en croire le créateur, lui-même ancien médecin du service des urgences, ça n’est pas si invraisemblable qu’on pourrait le croire, mais la série manque un peu d’attention aux détails. Vous voulez nous faire croire qu’en ces temps d’omniprésence de réseaux sociaux, aucun des collègues de Cath/Ally n’est allé la chercher sur Facebook ? Que la vraie Ally Sutton n’a pas de compte Instagram bourré de photos de la Nouvelle-Zélande qui pourraient mettre à mal la “couverture” de Cath ? Que le fisc ne va pas se poser quelques questions quand une ancienne infirmière commence à gagner autant qu’un médecin ? Qu’importe, la performance de Whittaker est tellement touchante, criante de vérité et si magnifiquement nuancée, qu’on en oublierait presque les trous du scénario. L’actrice porte la série sur ses intègres épaules, provoquant la sympathie du spectateur qui ne pourra donc pas s’empêcher de vouloir savoir, à tout prix, comment cette femme ultra-compétente et si humaine va se sortir de l’embrouillamini dans lequel elle s’est plongée. Le script ne fait pas toujours dans la nuance, faisant écho à divers faits d’actualité tels que le haut taux de chômage, la crise du NHS (National Health Services) et les budgets insuffisants alloués au personnel hospitalier, mais Secret Médical est avant tout un portrait psychologique mis en scène sur fond de commentaire social. Le portrait est excellent, l’arrière-plan un peu moins, mais le tout fonctionne très bien, en grande partie grâce au travail impeccable de Jodie Whittaker. La tension monte au fur et à mesure des épisodes et si l’expression du temps qui passe prête parfois à confusion, le résultat final est plutôt réussi.

Crédits: BBC / Arte

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