Critiques Cinéma

RETOUR VERS LE FUTUR 2 (Critique)

SYNOPSIS: Lors de son premier voyage en 1985, Marty a commis quelques erreurs. L’avenir qu’il s’était tracé n’est pas si rose, et son rejeton est tombé sous la coupe du voyou Griff Tannen, qui veut régner sur la ville. En compagnie de son ami Emmett « Doc » Brown et de sa fiancée Jennifer, Marty va devoir entreprendre un voyage vers le futur, pour tenter de donner un peu plus de moralité à son héritier. Un voyage aux conséquences dramatiques…

1985, Hill Valley. Le jeune Marty McFly, 17 ans, ouvre le garage de sa maison pour y trouver le 4×4 dont il rêvait. C’est alors qu’arrive sa petite amie, Jennifer (il y a quelque chose d’étrange à propos d’elle, mais impossible de mettre le doigt dessus…). Puis, dans une puis deux explosions sonores, voilà que débarque la DeLorean transformée en machine à voyager dans le temps qui avait permis à Marty de remettre en ordre sa vie en explorant 1955. Affublée de légères modifications dues à l’apport de gadgets en tout genre, tous plus extravagants les uns que les autres, le véhicule marque son apparition en heurtant les poubelles sur le trottoir, sous les yeux ébahis des deux protagonistes. La porte papillon s’ouvre, et voilà le Docteur Emmett Brown prévenant Marty et Jennifer que leurs enfants ont un problème en 2015. Il embarque les deux adolescents, et passe en marche arrière sur la route avant de s’arrêter. « Eh Doc, reculez un peu, la route est bien trop courte pour atteindre 88 miles à l’heure !  » s’écrie Marty. Et la réplique suivante, vous la connaissez tous. « La route ? Là où on va, on n’a pas besoin… De route. ». Cette ligne de dialogue terminait le premier volet de Retour vers le Futur, sorti en 1985. Un tel cliffhanger induit directement que l’histoire n’est pas finie, mais avait-on besoin d’avoir la suite ? La fin du film n’est finalement qu’un clin d’œil au spectateur, qui prend presque la forme d’une blague exagérée sur une vision utopiste d’un futur à la Blade Runner, non ? Malgré ça, Robert Zemeckis lance évidemment la production de la suite de la saga aux vues du succès de Retour vers le Futur qui prendra la forme d’une trilogie. On en vient donc à la question principale : est-ce qu’il y a un ingrédient secret pour réussir sa suite ? Plus que ça, est-ce qu’une suite peut être réussie ? Quelle question centrale, surtout dans l’industrie américaine, pas seulement actuelle : la saga est un concept vieux comme le cinéma. Si recette il existe, voici ce qu’elle serait, en quelques mots clés : plus de budget, plus d’effets spéciaux, plus d’intrigues, plus d’émotions, plus sombre… Bref, plus de tout, finalement. Qu’en est-il de Retour vers le Futur 2 ?


Quand la thématique principale et le concept de ton film est le voyage dans le temps, commencer le second film en refaisant la scène de fin du premier volet est plutôt bien vu. Mis à part le changement de comédienne pour le rôle de Jennifer, la séquence fait parfaitement illusion. Nous voici, en seulement 5 minutes, raccrochés à l’endroit où Robert Zemeckis et Bob Gale nous ont laissés, Marty, Doc et nous au précédent épisode. Et comme il le dit mieux que nous : « Marty ! Il faut que tu repartes avec moi ! Vers le futur ! ». Ainsi, Doc met le cap sur le 21 octobre 2015, en nous embarquant dans le coffre de sa DeLorean volante. Alors, autant aborder le sujet tout de suite : non, on n’a pas eu de voitures volantes ni de tenues tenant plus du sac poubelle fluorescent que du vêtement en 2015. Et, croyez-nous, c’est bien dommage… Alors que les autoroutes sont bondées dans le ciel de Hill Valley et que les requins en 3D moquent gentiment Les Dents de la Mer de l’ami Spielberg, nous voici plongés en plein fantasme. Qui dit voyage dans le temps dit évidemment voyage dans le futur. La réaction de Jennifer est donc compréhensible : Notre mariage fut-il beau ? Dans quelle maison habite-t-on ? Combien d’enfants ? D’autant plus qu’on a cette nature curieuse qui nous pousse continuellement à nous demander de quoi le futur sera fait. Retour vers le Futur 2 bouillonne de bonnes intentions et de thématiques qui, encore une fois, frappent en plein cœur. Ce film représente la suite modèle, celle qui prend ses bases sur le premier volet en allant jusqu’à le disséquer (via des séquences à l’intérieur du premier film, en 1955) pour développer son univers grouillant de détails tous plus géniaux les uns que les autres. C’est là la force de Retour vers le Futur : c’est une saga honnête et sincère. Et le deuxième volet ne vient à aucun moment trahir l’univers installé dans le premier. C’est très probablement grâce au fait que ce soit la même équipe qui ait œuvré sur l’ensemble de la trilogie, et qui permet d’avoir une histoire, des thèmes et une ambiance uniforme, comme si chaque film apportait quelque chose de logique. Comme si ils étaient censés exister.

Alors oui, à en faire trop par moment sur ces prédictions d’un futur proche qui ressemble plus à la vision d’un enfant de 8 ans à qui on a demandé de dessiner 2015 qu’à une vision crédible de notre futur, Retour vers le Futur 2 arrive moins à être concis que son grand frère, et a tendance à partir dans trop d’intrigues qui risquent parfois de nous perdre. En même temps, c’est le risque quand on parle de paradoxe temporel. Mais si on peut saluer quelque chose de plus, ce film a placé sa propre vision scientifico-cinématographique du paradoxe temporel, si bien que pour l’expliquer simplement aujourd’hui, il suffit de reprendre la scène où Doc explique à Marty comment ils se sont retrouvés dans ce 1985 parallèle. En plus d’avoir inspiré des scientifiques et ingénieurs avec ses fantasques prédictions (le hoverboard, les baskets auto-laçantes, les voitures volantes, et même Skype), Retour vers le Futur 2 marque par ses thématiques sociétales toujours traitées de façon à ce que le propos soit compréhensible par le plus grand nombre. Peut-être même qu’il a réussi à faire plus qu’en parler. Il suffit juste de voir de qui est inspiré le personnage de Biff Tannen dans le 1985 parallèle où il est devenu riche. Cela fait encore plus écho aujourd’hui que Donald Trump est à la présidence des États-Unis.

Alors, on va se répéter, mais vous savez, le temps est une chose complexe… Retour vers le Futur est intemporel. Et nous ne disons pas ça dans le vent. Les diffusions télévisées sont toujours aussi fréquentes, alors même qu’on sait pertinemment aujourd’hui que le 2015 de la saga n’est qu’une illusion. Pourquoi ? Car on peut transposer l’époque à n’importe quelle date. Pensez juste au futur que vous imaginez dans 30 ans. Levez la tête. Voyez-vous des voitures volantes, des hologrammes en 3D pour promouvoir des films ou de la nourriture prête en 5 secondes seulement ? Alors peut-être ne seront nous pas devenus des « vieux cons » comme le dit si bien Marty, mais il y a fort à parier que ce futur aura du mal à voir le jour sous peu. Peut-être qu’en fin de compte, nous sommes toujours en 1985, à espérer un 2015 qui ne vient pas. Alors, au final, est-ce que c’est une bonne suite ? Pour nous, la réponse est évidente. Mais la réponse est moins évidente lorsqu’on nous demande pourquoi. Peut-être grâce à Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Thomas F. Wilson et Lea Thompson ? Évidemment. On ne peut nier que leurs performances sont sincères, crédibles et épiques et apportent énormément à l’œuvre. Mais le scénario arrive aussi parfaitement à poursuivre l’histoire initiée par le premier opus, faisant de ce film à la fois un épisode de transition et la suite logique par excellence. En développant l’univers de la sorte, Zemeckis a créé (peut-être sans le vouloir, c’est très souvent le cas) une œuvre possédant une aura brillant si fort dans l’imaginaire actuel que revoir une DeLorean dans le récent Ready Player One, ou les références à sa propre œuvre dans son dernier film en date (Bienvenue à Marwen) ne peut que faire chaud au cœur des fans. Et nous terminerons par une réplique de Doc Brown : « Ça semble assez incroyable que le vieux Biff ait choisi précisément cette date. Cela pourrait signifier que ce segment du temps contient une spécificité cosmique intrinsèque, un peu comme si c’était le point d’intersection de l’ensemble du continuum espace-temps. À moins que ça ne soit qu’une vulgaire coïncidence. » En effet, pourquoi se casser la tête ? A-t-on vraiment besoin de tout expliquer en détails pour apprécier ? Et bien, nous croirons sur parole cette réplique expliquant avec sagesse que certains détails du scénario n’ont pas à être expliqués, si c’est au service d’un récit divertissant, c’est le principal. Nous le croirons sur parole, car après tout, « c’est vous le Doc, Doc ».

Titre Original: BACK TO THE FUTURE PART II

Réalisé par: Robert Zemeckis

Casting : Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Lea Thompson …

Genre: Science Fiction, Aventure, Comédie

Date de sortie: 20 décembre 1989

Distribué par: United International Pictures (UIP)

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