Critiques

GHOSTED (Critique Saison 1 Épisodes 1×01 & 1×05) La mayonnaise ne prend pas…

SYNOPSIS: Recrutés par une agence secrète du gouvernement spécialisée dans le paranormal, Leroy Wright, un ancien flic cynique, et Max Jennifer, un astrophysicien aux thèses décriées, sont contraints de faire équipe pour mettre à jour activités extraterrestres et événements paranormaux peu rassurants sur Los Angeles. 

La chaîne américaine FOX a un talent particulier, celui de dénicher des séries au potentiel énorme et de les annuler quelques années plus tard, au grand dam des fans qui lancent des pétitions à tour de bras pour sauver leurs séries préférées. C’est arrivé, de manière assez spectaculaire en 2002 avec Firefly, puis en 2015 avec The Mindy Project qui a atterri chez Hulu, et cette année de nouveau, avec le quasi-culte Brooklyn Nine-Nine qui verra sa sixième saison diffusée sur NBC. C’est peut-être à cause de cela que FOX a attendu la fin des upfronts pour annoncer qu’ils annulaient Ghosted, leur buddy-cop comédie qui semblaient être faite sur mesure pour les deux têtes d’affiches. Créée par Tom Gormican (That Awkward Moment) et Kevin Etten (Workaholics), Ghosted est une espèce d’hommage dérivatif comique de X-files, qui mets malheureusement trop de temps à trouver son rythme ; un fait peu surprenant quand on sait que la série ne compte pas moins de quinze scénaristes pour une première (et ultime) saison de seize épisodes. Sur le papier, la série avait tout pour réussir : une équipe de bras-cassés interprétés par de solides comédiens, un sujet qui pouvait se décliner à l’infini, et un tempo plutôt bien géré dans l’ensemble. Le seul problème, c’est qu’étant diffusée sur l’une des grandes chaînes au rythme d’un épisode par semaine, et ne bénéficiant pas du modèle Netflix qui veut qu’on lâche tous les épisodes d’un coup, Ghosted ne pouvait pas se permettre d’hésiter cinq épisodes avant de vraiment mettre le pied à l’étrier. C’est bien dommage d’ailleurs, car on aurait volontiers suivi les aventures de Craig Robinson et Adam Scott dans le multiverse.

La prémisse est simple et a fait ses preuves par le passé : deux hommes aux personnalités diamétralement opposées font équipe pour résoudre les énigmes de ce monde. D’un côté, il y a Max (Adam Scott), l’ancien professeur viré de la prestigieuse université de Stanford pour ses élucubrations sur le paranormal, les fantômes et les petits hommes verts. De l’autre, il y a l’ex-policier Leroy (Craig Robinson), qui, à la suite de la tragique perte de son partenaire, a rendu son arme et travaille désormais comme agent de sécurité dans une grande surface. Ces deux-là sont recrutés par le Bureau Underground, une organisation gouvernementale qui fait face aux menaces super-naturelles qui pèsent sur notre existence. Leur nouveau patron est Ava Lafrey (Ally Walker), une professionnelle qui n’a jamais de temps à perdre, et qui gère efficacement son équipe, provoquant l’admiration d’Annie (Amber Stevens West), sa spécialiste en armement et de Barry (Adeel Akhtar), le scientifique de service, qui s’y connaît aussi bien en biologie moléculaire qu’en physique quantique. Ces trois-là se regroupent autour de Max et Leroy (qui ne devaient rester au bureau que quarante-huit heures, mais qui décident, à la fin du pilote, de continuer à bosser dans le paranormal), et affrontent allègrement monstres en tous genres et phénomènes inexpliqués, rendus par ordinateurs et témoignant du budget assez modeste accordé à la série. On est loin du niveau visuel de Guillermo del Toro, c’est sûr, mais Ghosted compense en refusant formellement de se prendre au sérieux.

Il est parfois difficile de définir ce qui fait qu’une série fonctionne, ou pas. En l’occurrence, Ghosted avait tous les ingrédients nécessaires pour faire, peut-être pas un carton, mais du moins un joli succès de télévision, et pourtant, la mayonnaise ne prend pas. Adam Scott est parfait dans son rôle d’hurluberlu sans aucune grâce sociale, et Robinson fait brillamment contrepoids à son collègue. Certaines répliques font carrément mouche et on sent, au fil des épisodes, une certaine alchimie qui s’immisce dans les scènes d’ensemble. Mais en dépit de ces qualités, Ghosted manque trop d’assurance, chancelant entre l’horreur, la science-fiction, l’absurde, l’hommage et la parodie, sans jamais vraiment arriver à trouver un équilibre qui marche à cent pour cent. La série va en s’améliorant, ce qui laisse supposer que peut-être, avec une saison de plus, elle aurait pu trouver son chemin et atteindre son potentiel, mais hélas, la compétition est rude et plus personne n’a le temps d’attendre cinq semaines pour qu’une série démarre. C’est bien dommage pour la distribution qui méritait mieux, même si on ne doute pas une seule seconde que tous ces acteurs sauront retomber sur leurs pieds.

Crédits:  Fox

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