Séries

NOTRE RECETTE EXCLUSIVE DES SÉRIES DE NOËL

Décembre est le mois de toutes les fêtes. Que vous célébriez Noël, Hannukah, Kwaansa, Omisoka, ou les Saturnales païennes, les semaines qui précèdent et succèdent au solstice d’hiver sont l’occasion de célébrer une myriade de traditions différentes et de se retrouver en famille, ou entre amis, le plus souvent autour d’une table, et pourquoi pas, autour de la petite lucarne également. C’est l’occasion de revoir Le Père Noël est une Ordure bien sûr, ou encore Love Actually, Le Grinch et tous les classiques du genre, une flûte de champagne à la main et une assiette débordante sur les genoux. Mais pour ceux qui auraient envie de changer un peu cette année, on vous a concocté une petite sélection de séries, histoire de conclure 2018 en beauté. On a décidé de faire un modeste tour de France des spécialités régionales de Noël, et de les assortir aux séries qui en feraient le meilleur complément. Parce que, s’il faut associer le bon vin au bon plat pour enrichir l’expérience, autant compléter le tout avec la bonne série.

Les 13 desserts (Provence)
13 Reasons Why. Il faut avouer que, mathématiquement, ça passe bien : treize raisons, treize épisodes, treize desserts. La série-phare de Netflix se focalise sur un personnage à chaque épisode (quoique cette règle se soit quelque peu émoussée lors de la deuxième saison), et c’est la combinaison de tous ces points de vue qui fait la richesse de la série, tout comme l’association du nougat blanc et de figues séchées fait celle de la tradition provençale. La coutume veut que les desserts restent sur la table trois jours et tous les invités se doivent de goûter à chacun d’entre eux, un peu comme les cassettes d’Hannah, que chacun doit écouter en entier avant de les faire passer à la personne suivante.

Le pain d’épices (Alsace)
Elite. C’est une recette qui a fait ses preuves : un peu de miel, un peu de farine, un peu de sucre, trois jeunes gens brillants venant des quartiers pauvres, une école huppée réservée au fin du fin de la société espagnole, gingembre, muscade, sexe et assassinat. Les saveurs s’expriment dans les contrastes et les personnages s’affirment dans la nuance. C’est délicat et délassant, divertissant et délicieux, et si la série est encore loin du statut quasi-déifié de Gossip Girl, un peu engoncée dans le désir de Netflix de capitaliser sur le phénomène Casa de Papel, elle est tout à fait indiquée pour un binge-watching en bonne et due forme. Tout comme le pain d’épices, ça ne vous nourrira pas l’âme, mais ça vous fera chaud au cœur.

Les escargots persillés (Bourgogne)
Dark. Les deux ne sont pas forcément affriolants à première vue, ils peuvent même sembler rébarbatifs à certains, et pourtant, vous auriez tort de les laisser passer. La série allemande qui commence comme un énième thriller procédural se transforme en l’espace de deux épisodes en l’un des scripts les plus intelligemment structurés qui soient, une très agréable surprise pour ceux qui pensaient savoir où ils mettaient les pieds. Il faut savoir prendre des risques parfois, et si les escargots ne paient pas forcément de mine, bien beurrés, accompagnés d’un vin vif et d’un voyage à travers le temps vous réjouiront les papilles et les synapses.

L’assiette de charcuterie (Corse)
Bodyguard. Plus complexe qu’elle n’y paraît au premier abord, la série de Jed Mercurio s’est vite imposée comme l’un des plus gros succès de l’année et la série de la BBC la plus regardée de ces dix dernières années. Cette lente exploration de la corruption au sein du gouvernement britannique faite au travers du regard d’un ancien soldat souffrant de stress post-traumatique a séduit la moitié de la planète et se doit d’être ingérée progressivement si on veut en apprécier toute la délicatesse, tout comme un excellent figatellu piqué à la broche et rôti au-dessus des braises : ça cuit lentement, mais le résultat en vaut largement le coup.

Les gaufres (Champagne-Ardenne)
GLOW. L’avantage des gaufres, c’est qu’à partir d’une base commune, on peut les décliner à l’infini : à la confiture, au Nutella, au sucre, ou même si vous faites partie de ces extravagants de la cuisine du sud des États-Unis, avec du poulet frit. GLOW, c’est un peu la même chose : le principe de la série est une mise en abyme colorée : celle d’une série télé sur les coulisses d’une série télé, qui permet aux scénaristes d’aborder une multitude de sujets : le harcèlement sexuel, bien sûr, dans la lignée de la révolution Time’s Up, le rapport au corps, la tension entre le corps de la distribution et la star et surtout, un sens de la mise en scène absolument phénoménal. A dévorer le matin, avec une gaufre, un café et un verre de jus d’orange, et vous aurez de l’énergie à revendre pour le reste de la journée.

Le sirop de groseille-pays (Martinique)
Mr. Sunshine. Vous n’en avez sans doute même pas entendu parler, mais la série coréenne de tvN est le plus gros succès coréen de tous les temps pour une chaîne privée : c’est la série qui a finalement réussi à attirer l’attention de Netflix, et la raison pour laquelle de plus en plus de séries coréennes sont diffusées simultanément en Corée sur leur chaîne d’origine, et dans le reste de monde sur la plateforme de vidéo à la demande. Le sirop de groseille est lui aussi un incontournable dans son domaine, puisqu’il est indissociable du Noël antillais. Une bonne façon de se dépayser en douceur en tentant la combinaison des deux : regarder la résistance coréenne se mettre en place face à l’invasion japonaise et en sirotant un doux nectar venu tout droit de terres lointaines.

Les Huîtres (Charentes-Maritime)
Killing Eve. C’est LA série de l’année à bien des niveaux, nous entraînant de Londres à Paris en passant par le reste de l’Europe, Killing Eve ne manque ni de sel, ni d’attraits et regorgent de perles scénaristiques qui valent leur pesant d’or. Raffinée, fraîche, élégante, filmée avec un style qui dépoussière joyeusement les codes du thriller d’espionnage, la série de Phoebe Waller-Bridge est à consommer tout aussi allègrement que les traditionnelles huîtres de Noël pour se rafraîchir les papilles en même temps que les idées, et finir l’année sur une note savoureuse.

Et puis un peu partout…

La Dinde aux Marrons
Dear White People. C’est la série qui, comme le chantait Laurent Voulzy, vous tiendra encore au cœur et au corps. Une dinde parfaite nécessite plusieurs heures de cuisson, et si l’est une série qui a bien eu besoin de longs mois de gestations et de mijoter à feu doux pendant très longtemps, c’est bien celle de Justin Simien, à qui l’on doit cette petite merveille de philosophie télévisée. Tout comme la dinde traditionnelle, la série est truffée de merveilleuses observations décalées qui viennent adoucir le côté parfois un peu sec et abrupt du propos. Attention à ne pas trop en avaler d’un coup, ça aidera la digestion, et vous pourrez toujours garder les restes pour les jours qui suivent. Une des meilleures séries du moment, très certainement, qui va de pair avec l’un des plus grands classiques de la tradition de Noël.

La Bûche
Au Service de la France. La série qui dézingue les années De Gaulle avec le dessert le plus célébré du mois de Décembre. Ces deux-là ne vont pas forcément ensemble à première vue, et pourtant, il y a quelque chose d’exquis dans l’association de la crème glacée et des pantalonnades des agents très sérieux des services secrets français. Un certain parfum d’antan, peut-être revisité par la sensibilité d’aujourd’hui. Et puisque tous les pâtissiers de France et de Navarre s’acharnent depuis des années à actualiser la recette ancestrale, délaissant parfois le chocolat classique pour la mangue, la vanille ou la cerise, moins classiques, mais tout aussi délectables, autant embrasser le vent du changement et se délecter de complots internationaux mis à la sauce du jour en dégustant sa bûche innovatrice.

Le champagne
The Marvelous Mrs. Maisel. C’est la série la plus pétillante de ces dernières années, d’où jaillissent sans cesse répliques spirituelles et réparties étincelantes comme les fontaines de champagnes des fêtes de Gatsby le Magnifique. Délicatement enveloppée d’un tourbillon de couleurs, la série d’Amy Sherman-Palladino exulte littéralement la joie et la bonne humeur, mise en scène avec tout le savoir-faire des plus grands fans de comédie musicale américaine, et surfant sur une énergie à vous faire tourner la tête. A consommer sans modération, du moment que vous ne prenez pas le volant.

Bonnes fêtes de fin d’années à toutes et à tous !

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