Critiques

ELITE (Critique Saison 1) Mystères, relations amoureuses et clashes entre classes sociales…

SYNOPSIS: Ce qui se passe à Las Encinas, reste à Las Encinas. Mais lorsque l’un des lycéens est retrouvé mort, l’innocence de chacun est remise en question. Bienvenue dans ELITE.

C’est avec l’énorme succès de séries comme Las Chicas del Cable et La Casa de Papel en 2017 que Netflix s’est rendu compte qu’il y avait peut-être un filon à creuser du côté de la télévision espagnole. Álex Pina, le créateur du mastodonte d’Antena 3, est d’ailleurs l’un des très rares scénaristes ne venant pas d’un pays anglophone à avoir signé un deal avec la plateforme de streaming américaine, et cette dernière, toujours à l’affût du prochain raz-de-marée pop culturel, étend sa zone d’influence dans le reste du monde, et investit de plus en plus sur les séries internationales. Après Les Filles du Téléphone, leur première production Made in Spain, voilà donc Elite, produite et diffusée par Netflix, et créée par Darío Madrona (Vive Cantando) et Carlos Montero (Cuéntame Un Cuento), qui espère bien séduire la jeune génération avec son intrigue plein de mystères, de relations amoureuses, et de clashes entre classes sociales.

Elite, comme son nom l’indique, se déroule au sein d’une école extrêmement huppée, créée pour offrir la meilleure éducation au fin du fin de la haute société espagnole. Samuel (Itzan Escamilla), Christian (Miguel Herrán) et Nadia (Mina El Hammani) trois étudiants venus d’un milieu modeste y font leur entrée en tant que boursiers et sont accueillis plutôt froidement par Guzmán (Miguel Bernardeau), l’alpha auto-proclamé de l’école et sa copine Lucrecia ou “Lu” (Danna Paola). L’arrivée des nouveaux froissent leur ego et ils n’apprécient pas du tout le challenge sous-jacent, qui semble indiquer que ce n’est pas parce qu’on est le plus riche qu’on est forcément le meilleur, Et puis il y a aussi ceux qui voient les nouveaux d’un bon œil, parmi lesquels Carla (Ester Expósito) et son amoureux, Polo (Álvaro Rico), ou encore Marina (María Pedraza), l’électron libre du groupe et accessoirement, la petite sœur de Guzmán. Samuel fait figure de protagoniste, puisque c’est à travers ses yeux que l’on voit la nouvelle vie de notre trio central, mais la série est vraiment construite comme une pièce pour orchestre, où chacun a un rôle très précis à jouer. Ces jeunes vont donc se rencontrer, s’aimer, se haïr, se trahir, et se faire l’amour et la guerre pendant huit épisodes remarquablement bien conçus. Un travail impressionnant de la part des scénaristes qui dosent parfaitement la tension, qu’elle soit sexuelle ou meurtrière dans cette grande tapisserie en hommage à Eros et Thanatos. Parce qu’il est là, le nerf de la série, dans les rapports qu’entretiennent ses adolescents les uns avec les autres, à mi-chemin entre la cruauté enfantine et les responsabilités de l’âge adulte.

On vous prévient tout de suite, les deux premiers épisodes peinent un peu à trouver leur registre: nos personnages existent dans une espèce de matrice indistincte, qui emprunte beaucoup de codes à Gossip Girl (vous remarquerez le serre-tête sur la magnifique chevelure de Danna Paola qui ne manquera pas de rappeler celui de Blair Waldorf), à How To Get Away With Murder (avec tous les flash-forwards qui nous permettent d’entrevoir les conséquences du meurtre), et même aux Liaisons Dangereuses, ou plus précisément, à l’adaptation qu’en a fait Roger Krumble avec Cruel Intentions en 1999 (c’est un passe-temps des lycéens que de planifier de séduire et détruire leurs camarades de classe). Rassurez-vous, les choses s’arrangent à partir du troisième épisode, une fois que les lignes narratives sont plantées et commencent à donner des fruits. La distribution est au top et cette troupe de jeunes acteurs, plus ou moins connus (certains reconnaîtront María Pedraza et Jaime Lorente, le petit agneau et Denver dans La Casa de Papel) se lance dans une exploration des diverses facettes de la sexualité qui donne à réfléchir. Mention spéciale à Miguel Herrán et Mina El Hammani qui s’imposent très vite comme deux acteurs à suivre de très près. L’un est incroyablement volubile, un vrai papillon qui volète d’un groupe à l’autre, et sur qui les insultes glissent sans effet aucun, et l’autre peint un portrait très délicat d’une jeune musulmane confrontée au choc des cultures, aux préjugés des autres et au racisme ordinaire. Les triangles amoureux sont l’un des piliers des séries pour jeunes adultes, mais Elite repousse les limites et multiplie les approches pour examiner ce qui fait tiquer les personnages. Ah oui, et puis il y a un meurtre aussi, un fait que la série établit très rapidement, mais qui prend toute sa signification à partir du moment où l’identité de la victime est révélée au spectateur. Une série qui démarre un peu cahin-caha, mais qui, une fois la machine lancée, devient complètement addictive. A consommer sans modération.

Crédits: Netflix

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