Critiques Cinéma

ASTERIX – LE SECRET DE LA POTION MAGIQUE (Critique)

SYNOPSIS: À la suite d’une chute lors de la cueillette du gui, le druide Panoramix décide qu’il est temps d’assurer l’avenir du village. Accompagné d’Astérix et Obélix, il entreprend de parcourir le monde gaulois à la recherche d’un jeune druide talentueux à qui transmettre le Secret de la Potion Magique… 

Fermement ancrée dans l’univers créé par Albert Uderzo et René Goscinny, fidèle à leur héritage, c’est une aventure absolument inédite que nous livrent Louis Clichy et Alexandre Astier, après le succès public et critique du Domaine des Dieux en 2014. Inquiet à l’idée d’être le seul à connaître la recette de la potion magique délivrant une force surhumaine aux habitants de son village, le druide Panoramix s’est mis en tête de trouver un successeur auquel révéler son secret, au cas où… Mais sa décision est loin de faire l’unanimité, et pourrait même avoir des conséquences désastreuses pour nos gaulois préférés, en même temps qu’elle convoque un fantôme du passé de Panoramix à la rancœur tenace. C’est une histoire totalement originale, créée de toutes pièces par Alexandre Astier. Bourrée de références à l’œuvre colossale d’Uderzo et Goscinny, c’est la toute première fois qu’il est impossible de comparer l’objet cinématographique à une BD lue et relue. On va évidemment chercher des indices, des ressemblances, des détails « qui nous renvoient à… » Rien de comparable à Astérix et Cléopâtre par exemple, doté de deux adaptations très réussies : un animé avec un titre éponyme en 1968, et un film, l’excellent Mission Cléopâtre d’Alain Chabat en 2002, lesquelles se prêtent sans problème au jeu des comparaisons, avec le souci constant de transposer à l’écran. Même constat pour Le Domaine des Dieux qui, s’il prenait quelques libertés de langage bienvenues et très seyantes aux bons vivants gaulois d’Armorique, restait visuellement extrêmement fidèle à la BD. Avec Le Secret de la Potion Magique, c’est un peu comme si on arrivait à un genre de passation de pouvoir, le point de jonction entre la tradition – tout le bagage d’Uderzo et Goscinny – et l’avenir. Fort heureusement, on constate rapidement que les gus aux commandes de cette pérennisation connaissent leur sujet sur le bout des doigts (bien que Louis Clichy ait avoué lors de l’avant-première ne pas vraiment connaître la recette de la potion magique). Loin du saut dans l’inconnu, on n’est en réalité absolument pas dépaysés, à aucun moment largués par la direction prise par Astier et Clichy. En fait, c’est tellement raccord avec tout ce qui fait Astérix qu’on a la sensation de mater l’adaptation d’un album qu’on aurait omis de lire, ou pas lu depuis un bail. Dès les premières images, on retrouve avec allégresse la même animation brillante et fluide que l’on a tant appréciée dans Le Domaine des Dieux, le ton, les personnages bien connus et chéris. Dès les premières images, on est à la maison.


Un peu comme dans le chaudron de Panoramix, les réalisateurs ont mélangé patiemment les ingrédients essentiels à une bonne aventure d’Astérix et Obélix, en empruntant ici et là dans les placards de Goscinny et Uderzo. On passe de la légendaire forêt des Carnutes aux coins les plus reculés de la Gaule, jusque chez les Helvètes, dans un périple drolatique qui évoque un pastiche de La France A Un Incroyable Talent… ou pas. On fait un inévitable crochet par Rome, on prend des nouvelles de notre garnison préférée, et on offre son heure de gloire au barde le plus célèbre de tout le monde celte (à peu de choses près). On notera avec affection l’arrivée d’un petit bout de personnage essentiel, métaphore de l’inévitable renouveau, humble face à la tradition, et avec satisfaction la place plus large laissée aux femmes du village. On s’extasiera devant l’adorable marcassin adopté par Sulfurix, véritable mascotte du film venue concurrencer Idéfix et qui, à n’en pas douter, fera une peluche à croquer. Mais, sans surprise, c’est Panoramix (Bernard Alane) qui concentre l’essentiel de l’attention, tout comme son sombre corollaire Sulfurix (Daniel Mesguich). Un druide amer qui n’est pas sans évoquer le charlatan Prolix qui fait son apparition dans l’album Le Devin (1972). Mais, à la différence de celui-ci, Sulfurix a de réels pouvoirs, et une rancune tenace à l’encontre de Panoramix, dont il dédaigne la ligne de conduite. Une rivalité qui remonte à leurs débuts dans le druidisme, et qui va avoir des répercussions apocalyptiques pour le petit village gaulois…


Foisonnant d’idées, Le Secret de la Potion Magique synthétise l’héritage des aventures d’Astérix et Obélix, au point de permettre l’émergence presque naturelle d’une quête inédite. En parvenant à faire cohabiter croquis classiques et séquences empruntées à l’animation japonaise notamment, Louis Clichy et Alexandre Astier livrent un animé au rendu visuel ébouriffant, peut-être plus réussi encore que pour le précédent volet, qui n’a rien à envier aux géants Pixar (chez qui Clichy a été animateur) et Dreamworks, et dont l’animation vocale, elle, est bien de chez nous ! On regrettera juste la voix de Roger Carel, à la retraite désormais, remplacé par une autre voix bien connue d’Astérix : Christian Clavier (Obélix quant à lui est une nouvelle fois interprété par Guillaume Briat). C’est beau, c’est drôle, c’est enlevé, et c’est LE film d’animation à ne manquer sous aucun prétexte en cette fin d’année. Le Père Noël est passé avant l’heure, on dirait…

Titre Original: ASTERIX – LE SECRET DE LA POTION MAGIQUE

Réalisé par: LOUIS CLICHY & ALEXANDRE ASTIER

Casting: Christian Clavier, Guillaume Briat, Bernard Alane…

Genre: Animation, Famille

Sortie le: 05 décembre 2018

Distribué par: SND

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