Critiques

NARCOS MEXICO (Critique Saison 4) Un sujet toujours aussi fascinant…

SYNOPSIS: Narcos : Mexico explorera les origines de la guerre moderne contre la drogue en remontant à ses débuts, une époque où le monde du trafic mexicain n’était qu’un regroupement désorganisé et peu structuré de producteurs et de dealers indépendants. Assistez à la naissance et l’ascension du Cartel de Guadalajara dans les années 1980, lorsque Félix Gallardo (Diego Luna) en prend la tête, rassemblant tous les trafiquants dans le but de construire un véritable empire. Quand l’agent de la DEA Kiki Camarena (Michael Peña) quitte la Californie pour Guadalajara avec sa femme et son fils pour prendre ses nouvelles fonctions, il se rend vite compte que sa tâche sera bien plus difficile qu’il ne l’avait imaginée. Alors que Kiki collecte des renseignements sur Félix et s’empêtre dans sa mission, une série d’événements tragiques se déroule, affectant le commerce de la drogue et la guerre contre celle-ci pour les années à venir.  

Carlos Bernard et Doug Miro ont tapé dans le mille avec leur série de 2015, Narcos, qui faisait la chronique de la lutte, puis de la chute, du mythique Pablo Escobar. Après trois ans passés à suivre les exploits et les méfaits du célèbre Patrón de la drogue, l’intrigue avait dû se conclure, mais le spectacle se devait de continuer, puisque Netflix n’avait pas du tout l’intention de laisser la série tirer sa révérence. Narcos devait à l’origine s’étendre sur quatre saisons, mais au fil de l’écriture du scénario et des discussions avec la production et les chefs de développement, décision fût prise de résoudre l’affaire Escobar au bout de trois saisons et de trouver un nouvel objectif pour les dix épisodes restants. Bernard, Miro et leur collaborateur de longue Chris Brancato se sont donc intéressés à un autre aspect du trafic de drogue, au Mexique cette fois-ci, pour créer non pas une suite ou un prequel, mais une sorte de série-sœur au projet qui les a rendus célèbres. Fait notable, on retrouve deux Mexicains dans la liste des réalisateurs engagés sur cette série : Amat Escalante (The Untamed, Lion d’Argent du Festival de Venise 2016) et Alonso Ruizpalacios (Museo, Ours d’Argent du Festival de Berlin 2018) ainsi qu’un casting un peu plus pointu que d’habitude, la production ayant fait l’effort d’engager davantage d’acteurs venant effectivement du Mexique, et pas de tous les pays hispanophones de la planète. Un bon point dès le départ, pour une série qui dans l’ensemble se révèle encore mieux écrite, et mieux jouée que son homologue colombien (ce dernier étant déjà de haute qualité, imaginez donc le niveau de la série).

Nous sommes en 1985. Aux États-Unis, la DEA (Drug Enforcement Administration) est une toute jeune agence du gouvernement fédéral, destinée à lutter contre le trafic de stupéfiants. Le problème, bien sûr, c’est que les US sont très friands de drogues (le pays est toujours le premier consommateur mondial) et que le commerce se révèle trop lucratif pour que les cartels sud-américains aient vraiment envie de l’abandonner. Narcos México suit la montée en puissance de Miguel Ángel Félix Gallardo (Diego Luna), ancien policier ayant pour ambition d’unifier tous les gros dealers du Mexique sous la coupe du cartel de Guadalajara pour construire un empire. De l’autre côté de la frontière, dans la ville de Fresno, l’agent Enrique Camarena, dit Kiki, a des envies de monter en grade, d’autant qu’il n’a pas son pareil pour s’infiltrer au sein des réseaux de trafiquants. Il déménage, avec femme et enfants, au Mexique, et va vite se rendre compte que ce nouveau poste comporte bien des difficultés : la corruption est partout, même au sein de la police et ses collègues de la DEA n’ont pas l’air particulièrement anxieux de faire avancer leurs enquêtes.

Si on décline le sujet sur une autre drogue, déplaçant la série de la Colombie au Mexique et délaissant le trafic de cocaïne pour celui de la marijuana, la différence principale entre Narcos México et son homologue colombien est dans la structure même de la série. Au lieu de se baser sur le mythe de David et Goliath, situant le spectateur du côté des agents de la DEA qui s’attaquent à un parrain tout-puissant et pratiquement invincible, cette saison-ci se construit en deux lignes parallèles, suivant les carrières respectives de Gallardo et Camarena, qui commencent tous les deux en bas de l’échelle et montent en grade au fur et à mesure des épisodes. On comprend très vite que les plans sont faits pour que ces deux personnages s’affrontent un jour dans un duel au sommet, violent, sanglant, et dont l’un des deux ne réchappera certainement pas. L’impact de ce face-à-face imminent est d’autant plus frappant que l’architecture même de la saison permet au spectateur de réaliser tout ce que ces deux hommes ont à perdre, aussi bien au niveau professionnel (avec toutes les conséquences mondiales que cela entraîne), que personnel. On les a vus partir de rien et arriver aussi haut que possible, et la chute inévitable n’en est que plus saisissante. Michael Peña et Diego Luna sont fantastiques dans leurs rôles respectifs, tout en bémols et pics d’émotions. Luna, en particulier, insuffle, avec son habituelle douceur, une bonne dose finesse au portrait de Gallardo, rendant le féroce parrain de la drogue éminemment sympathique. L’occasion de découvrir une autre facette de ce sujet, toujours si fascinant, qu’est la guerre contre la drogue.

Crédits: Netflix

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