Critiques

LA METHODE KOMINSKY (Critique Saison 1) manque de souffle…

SYNOPSIS: L’histoire n’est pas encore finie pour l’ancienne star Sandy Kominsky et son agent de longue date Norman Newlander. Michael Douglas (Kominsky) et Alan Arkin (Newlander), tous deux primés aux Oscars, jouent deux amis de longue date qui doivent affronter les inévitables coups durs de la vie à Los Angeles, ville où jeunesse et beauté sont reines. 

Chuck Lorre est l’un des scénaristes les plus puissants de Hollywood : son mastodonte, The Big Bang Theory, en est à sa douzième saison et ne cesse de brasser les millions malgré, ou peut-être grâce aux salaires astronomiques de ses acteurs, et son produit dérivé Young Sheldon se porte également comme un charme. La chaîne CBS vient d’ailleurs de renouveler la série pour une deuxième saison. Puis bien sûr, il y a aussi Mom, la sitcom avec Anna Faris et Allison Janney (récemment récompensée aux Oscars pour son rôle dans I, Tonya) qui fait toujours de solides parts d’audience, même si on est loin des chiffres de Big Bang. C’est cette suite de succès indéniables qui a convaincu les studios Warner Brothers d’offrir un deal, dit, “de développement” au créateur, en partenariat avec Netflix, une association de talents et de moyens, qui, au premier abord, avait tout pour réussir, mais qui avait pris un sacré coup avec Disjointed, la série s’étant révélée être un échec artistique cuisant. Qu’à cela ne tienne, les compagnies ont investi beaucoup d’argent sur Lorre et ont bien l’intention de toucher les retours ; voici donc La Méthode Kominksy, nouvelle série qui se range davantage du côté des dramédies que de celui des sitcoms. Chuck Lorre est aux commandes bien sûr, auteur unique des huit épisodes de la première saison et producteur-en-chef, aux côtés de Michael Douglas, qui produit et joue également le rôle principal.

Sandy Kominksy (Michael Douglas) est professeur de théâtre à Los Angeles, une ville bondée de jeunes acteurs venus des quatre coins de la planète qui rêvent de finir un jour à Hollywood. Sandy partage son temps entre ses cours, sa fille Mindy (Sarah Baker), les déjeuners avec son agent et ami Norman (Alan Arkin) et les rendez-vous galants. Bah oui, ce n’est pas parce qu’on a soixante-quinze ans qu’on doit renoncer à coucher avec des filles de vingt-cinq, qui sont clairement incapable de résister aux attraits gériatriques de Monsieur Douglas. Jusqu’au jour où Sandy rencontre Lisa (Nancy Travis), une quinquagénaire récemment divorcée ayant décidé de reprendre les cours de théâtre, avec qui le courant passe bien. L’intrigue est assez simple, donc, tellement qu’on se demande même comment Chuck Lorre a l’intention de développer tout ça sur plusieurs saisons. C’est bien connu, le protagoniste satisfait est l’ennemi de la bonne télévision, et le conflit, les épreuves et l’inassouvissement des désirs du ou des personnage(s) principal(aux) est le fuel qui fait fonctionner la machine sur une, deux, trois, quatre saisons. La Méthode Kominsky ne manque pas de points positifs : l’image est très soignée grâce au travail de la directrice de la photographie Anette Haellmigk, la distribution est, dans l’ensemble, excellente, et au cas où l’on aurait oublié que Netflix a des sous, les caméos de grandes stars américaines se succèdent à vitesse grand V. Le cœur de l’histoire réside au sein de la relation entre Sandy et son agent, mais la relation avec ses élèves, qu’elle soit romantique ou professionnelle, permet à l’intrigue de rebondir à chaque fois qu’elle manque de souffle, ce qui malheureusement, arrive un peu trop souvent. La série s’adresse d’abord à un public plus âgé, faisant figure de pendule masculin à Grace and Frankie, mais elle s’enlise fréquemment dans des ellipses assez mornes qui, heureusement, se raréfient dans la deuxième moitié de la saison.

Michael Douglas fait preuve d’une énergie contagieuse et plutôt plaisante à regarder, mais le personnage de Sandy manque d’envies : on aimerait savoir ce qu’il veut, ce qu’il recherche, ce qui le fait rêver, histoire de s’impliquer vraiment dans son évolution, mais le protagoniste reste un sujet sur lequel la série semble ne pas vraiment vouloir trop s’attarder. On le voit, bien sûr, faire, s’affairer, s’énerver, mais toujours en réaction à ce que l’autre personne de la scène essaye d’accomplir, et rarement parce que Sandy a des choses à réaliser, faisant du personnage quelqu’un d’intrinsèquement réactif quand on aimerait le voir proactif. D’autant que Sandy et Norman sont les deux seuls personnages dotés d’un tout petit peu de profondeur, laissant les femmes qui les entourent avec peu de choses à dire. Les actrices sont fantastiques, Sarah Baker et Lisa Edelstein en tête, mais les personnages qu’elles interprètent ont davantage l’air d’esquisses que d’individus en chair et en os. On restera donc prudemment optimiste, en attendant de voir, si deuxième saison il y a, comment évoluera l’écriture.

Crédits: Netflix

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