Critiques

UNE FAMILLE FORMIDABLE (Critique Saison 15) Comment se dire adieu?

SYNOPSIS:  Cette nouvelle saison est l’année de toutes les épreuves pour notre Famille Formidable. Après avoir fait le tour des enfants dispersés à Londres, Rome et Rio, Catherine revient en France annoncer à Jacques qu’elle divorce, pour de bon. Au bout de 40 ans de mariage, elle veut retrouver sa liberté à tout prix. Mais c’est entre les murs d’une prison qu’elle atterrit, accusée d’avoir détourné l’argent de la Fondation Reine-Grenier ! Le choc est double pour Jacques, qui bat le rappel des enfants. Ils vont défiler au parloir pour soutenir leur mère, mais aussi lui raconter leurs problèmes, comme toujours. Nicolas, en panne d’inspiration, n’arrive plus à répondre à une commande de tableaux, initiée par Lucas. Audrey jette sa boule de cristal aux orties et pousse Julien à « tuer le père », en créant un restaurant sans Jacques. Fred, accaparée par son nouveau travail à Londres, a tendance à oublier qu’elle a un bébé et un mari en France. Pendant ce temps, Jacques continue à faire des pieds et des mains pour reconquérir Catherine…

Avertissement: Seuls 4 épisodes sur 6 ont été présentés à la presse

Après une saison 13 réussie qui voyait Une Famille Formidable prendre des risques et redistribuer les cartes en se privant d’un pilier de la distribution puis une quatorzième saison coïncidant avec les 25 ans de la série, la saison 15 s’est présentée avec une annonce qui en occulte quasi totalement l’intérêt de l’intrigue. Quelques jours avant que la diffusion de ces nouveaux épisodes ne soit annoncée par TF1, une bande-annonce laconique précisant que cette saison 15 serait l’ultime saison de la série, suivie le lendemain de deux interviews concomitantes de Bernard Le Coq et Anny Duperey qui confirmaient l’information. Suite au décès de Joël Santoni, le créateur et l’âme de la série, c’est l’interprète de Jacques Beaumont qui a décidé d’arrêter les frais, ne se sentant plus la force de poursuivre la série sans le haut patronage de son grand ami. C’est donc le cœur lourd que l’on a visionné cette quinzième et dernière saison (et encore il nous reste deux épisodes pour faire nos adieux définitifs à cette famille que l’on a tant aimé), les larmes au bord des yeux mais avec la certitude qu’ils resteront pour toujours dans nos cœurs les Beaumont, même si il n’y a désormais pas d’autre solution que de devoir se résoudre à vivre sans eux. Si forcément, et quelle que soit la teneur des ultimes instants que l’on passera avec cette impayable tribu, on sera partagé entre l’émotion et la mélancolie, est-ce que ces derniers épisodes sont dignes de la série qui accompagne nos vies depuis 1992?

Après plusieurs années délicates en ce qui concerne l’équilibre entre humour et émotion et alors que c’est ce qui faisait la force de la série depuis ses débuts, et bien que depuis deux ans ces problèmes s’étaient très largement atténués, cette saison 15 débute de manière relativement surprenante avec une tonalité plutôt sombre. L’humour et la fantaisie sont moins présents qu’habituellement et on avouera que la décision de Catherine qui impulse la dynamique de ces épisodes nous a quelque peu décontenancée, notamment lors du premier épisode. Il n’empêche que l’ADN de la Famille Formidable y est respecté et qu’au détour d’une scène, on retrouve l’émotion diffuse qui parvient toujours à nous toucher et si on sourit plus qu’on ne rit, les acteurs connaissent leurs personnages sur  le bout des doigts et leur justesse ainsi que leur sincérité ne font aucun doute. On regrettera pourtant un sentiment de redite dans la trame narrative et cette répétitivité nous fait dire quelque part que mettre fin à la série est peut être un mal pour un bien.

La force de ces épisodes est pourtant de ne pas verser ni dans le drame total, ni dans le pathos, quand bien même c’est un état d’esprit nettement plus sérieux qui semble présider au récit. Les dialogues sont toujours efficaces mais les punchlines de Jacques se font plus rares et une certaine lassitude semble poindre autour de la série, même si chacun semble toujours investi dans ses partitions. Si la série est moins ancrée qu’à ses débuts dans le quotidien et les sujets de société, on retrouve l’appétence des scénaristes pour évoquer des thématiques qui font écho à l’actualité (le milieu carcéral, le harcèlement sexuel…) mais le mordant  est désormais moins prégnant dans ces versants-là et ces problématiques sont plus soulevées que réellement fouillées. Pourtant le phénomène d’identification qui fait la force d’Une Famille Formidable continue de lui conférer sa densité en même temps que sa part d’humanité présente dans chacun des personnages et qui dessine au final la cartographie de cette famille française pour  laquelle on éprouve une tendresse indéfinissable et un attachement sans commune mesure.

Tournée dans la foulée de la disparition de Joël Santoni, cette saison semble couverte de la mélancolie qui suit les décès de proches. Bernard Le Coq a notamment une partition dans laquelle le personnage de Jacques montre plus ses failles que sa fantaisie, qui revient malgré tout par à-coups tandis qu’Anny Duperey a quelques séquences d’émotion intense dont elle se sort avec la sobriété qui la caractérise. Pourtant on a la sensation que leur fonction de moteur de la série qui entrainait tout le monde derrière eux semble gripper ce qui n’empêche fort heureusement pas Jennifer Lauret, Alexandre Thibault, Kamel Belghazi, Cécile Caillaud ou Geoffrey Sauveaux d’être toujours aussi à l’aise avec leurs personnages quand bien même ce qu’ils ont à jouer ne les sort pas réellement de leur zone de confort. A nos personnages favoris, s’adjoint Alexandra Vandernoot toujours aussi talentueuse et qui fait très bien ce qu’elle a à faire, même si ses motivations semblent un peu floues au bout de 4 épisodes.

Il faudra bien entendu attendre de voir les deux ultimes épisodes de la série pour se faire une réelle idée de la qualité des adieux des Beaumont à la télévision française. On reste pour l’instant quelque peu circonspect sur la voie que les scénaristes ont choisis de faire prendre au  personnage de Catherine et par cette tonalité plus entre gris clair et gris foncé qu’à l’accoutumée. Il est possible aussi que de savoir que l’on ne reverra plus les Beaumont alors qu’on les adore biaise quelque peu notre objectivité sur la qualité intrinsèque de cette saison. Et parce que l’auteur de ces lignes aura toujours plus regarder cette série avec le cœur qu’avec les yeux, il continuera  sans doute d’entendre en boucle dans sa tête cette litanie:  Comment se dire adieu?

Crédits: Panama Productions / TF1

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