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LES NOUVELLES AVENTURES DE SABRINA (Critique Saison 1 Episodes 1×01 & 02) Une héroïne des plus modernes…

SYNOPSIS: La série Les nouvelles aventures de Sabrina imagine l’histoire avant Sabrina, l’apprentie sorcière dans une tonalité plus sombre, avec un récit de passage à l’âge adulte mêlé d’horreur, d’occultisme et, bien sûr de sorcellerie. Dans la même veine que Rosemary’s Baby et L’Exorciste, cette adaptation montre une jeune Sabrina luttant pour réconcilier sa double nature (mi-sorcière, mi-mortelle) tout en s’opposant aux forces du mal qui la menacent, elle, sa famille et le monde du jour, où vivent les humains.

En bonne sorcière, Sabrina Spellman est passée par plusieurs incarnations. Le personnage apparaît pour la première fois en 1962, dans un numéro de la série de bandes dessinées d’Archie Comics, la maison d’édition à qui l’on doit la série éponyme Archie. Sabrina pointe le bout de son nez dans différents numéros pendant quelques années avant de devenir la star de sa propre série en 1971. Elle passe ensuite de la page à la télévision avec Sabrina l’Apprentie Sorcière (Sabrina, the Teenage Witch), d’abord un téléfilm diffusé sur la chaîne américaine Showtime, puis une série en bonne et due forme dans les années 90 sur ABC, avec Melissa Joan Hart dans le rôle principal. Au vu de l’énorme succès de Riverdale sur la chaîne CW (qui suit aventures d’Archie Andrews, le vieux copain de Sabrina dans la bande-dessinée), Netflix a sauté sur l’occasion de ramener la jeune sorcière sur nos écrans, recrutant au passage Roberto Aguirre-Sacasa, le cerveau derrière Riverdale, pour écrire le scénario. Loin des couleurs pastel et des tours de magie scintillants de la série d’ABC, cette nouvelle version de Sabrina est plus sombre, plus adulte, et pose des questions plus profondes sur la sorcellerie, la misogynie, le poids de la tradition et le pouvoir du choix individuel.

Sabrina Spellman (Kiernan Shipka) va sur ses seize ans et vit dans une petite ville du Massachusetts avec ses tantes Hilda (Lucy Davis) et Zelda (Miranda Otto) et son cousin Ambrose (Chance Perdomo). Bien qu’elle ait été élevée parmi les mortels, Sabrina se doit, à l’aube de son passage à l’âge adulte, de rejoindre les rangs des sorcières et laisser sa vie de jeune fille normale derrière elle. Sauf que grandir avec les humains pose quelques problèmes : notre protagoniste est très proche de ses amies Roz (Jaz Sinclair) et Susie (Lachlan Watson), et elle n’a aucune envie d’arrêter de voir son petit-ami Harvey (Ross Lynch). D’un autre côté, elle a la sorcellerie dans le sang, et se voit mal renoncer à ses pouvoirs, ou même à la communauté des sorcières. La voilà donc à cheval entre deux mondes. La date de son seizième anniversaire approche et il va falloir choisir. Pour couronner le tout, de mystérieuses forces semblent s’intéresser de près à l’adolescente et Satan lui-même envoie des agents pour la persuader de rejoindre ce qu’ils appellent l’Église de la Nuit. La pression est forte, et alors que l’esthétique de la série tourne carrément le dos à la fantaisie Disney pour s’inspirer des codes du film d’horreur, les enjeux s’en trouvent décuplés. Sabrina ne s’en sortira pas avec une interdiction de sortir de sa chambre pour aller au bal de fin d’année dans cette version, non, elle y perdra du sang, des larmes, et peut-être même un membre ou deux. Avis aux âmes sensibles donc, Les Nouvelles Aventures de Sabrina, série dite “pour ados”, ne tient pas à se voiler la face sur la noirceur qui entoure leur héroïne, le tout avec une maîtrise remarquable.

La figure même de la sorcière est, sur plusieurs niveaux, une figure éminemment féministe, un fait que la série relève fièrement et que le scénario exploite autant que possible. Sabrina a beaucoup de questions, entre autres sur le fait qu’elle se doit d’être “pure” pour le Maître des Ténèbres, et sur le déséquilibre arbitraire de pouvoir entre celles qui servent et celui qui veut être servi. Kiernan Shipka, la Sally Draper de Mad Men est une parfaite Sabrina du haut de ses dix-neuf ans, fusion adorable de vulnérabilité et d’indomptabilité, faisant du personnage une héroïne des plus modernes. Le scénario ne prend pas énormément de risques du point de vue de l’intrigue, mais n’hésite pas à aborder des thèmes relativement peu communs dans les séries de genre, et on ne doute pas que nombre d’adolescentes se reconnaîtront dans Sabrina. Une série à voir, absolument, qu’on soit nostalgique de la gentille sorcière de notre enfance, ou qu’on ait juste envie de voir une gamine de seize ans s’attaquer à une institution millénaire profondément inégalitaire. De quoi alimenter les discussions post-Halloween.

Crédits: Netflix

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